Strade Bianche : Van Aert s'impose, Alaphilippe vite lâché

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Wout Van Aert
Wout Van Aert sur les fameuses Strade Bianche de Toscane. | AFP

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En cette semaine de reprise du cyclisme mondial, la quatorzième édition des Strade Bianche marquait le retour des classiques. Considérée comme l’un des courses les plus dures du circuit mondial, la classique toscane a été fidèle à sa réputation : spectaculaire et indécise. Tenant du titre, Julian Alaphilippe en a vite fait les frais, tout comme l’autre grand favori, Mathieu Van der Poel. Après une lutte acharnée à six, c’est finalement Wout Van Aert qui s’est imposé en solitaire dans les rues de Sienne.

Pour sa reprise, Julian Alaphilippe rêvait sûrement d’une autre après-midi. Certes, le Français, vainqueur sortant des Strade Bianche, avait répété à qui voulait l’entendre qu’il n’était pas dans son pic de forme, et qu’il aurait du mal à viser la victoire sur la classique toscane ce samedi, mais on n’a pas l'habitude de le voir aussi rapidement battu. Pourtant, vêtu du dossard numéro 1, c’est bien Alaphilippe qui a lancé les hostilités dès le septième secteur de route blanche, en accélérant aux côtés de l’autre grand favori : Mathieu Van der Poel. Un changement de rythme qui a fait de premiers dégâts dans le peloton, mais qui n’était rien par rapport à ce qui allait suivre.

Fuglsang dynamite la course

D’abord : un double coup de tonnerre. Après une chute, Julian Alaphilippe a eu du mal à retrouver le rythme. A une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, de multiples attaques ont dynamité la course. Surtout : elles ont distancé Alaphilippe et Van der Poel (victime d’une crevaison un peu plus tôt), sur qui tous les regards étaient braqués. Ensuite : le Danois Jacob Fuglsang est entré en scène. Deuxième l’an passé, il en a profité pour faire imploser ce qui restait du peloton et partir devant. Après plusieurs kilomètres seul en tête, et un léger moment de flottement, le coureur d’Astana a finalement levé le pied pour être rejoint par cinq hommes forts : Van Aert, Van Avermaet, Schachmann, Formolo et Bettiol.

Un groupe de tête cinq étoiles, qui a tenu éloigné le reste des cadors (Sagan, Stybar, Kwiatkowski, Gilbert, Pogacar, Alaphilippe, Van der Poel…) jusque l’arrivée, soit pendant 45 km. Après ces dix kilomètres très animés, le groupe de 6 a temporisé et collaboré jusqu’aux vingt derniers kilomètres. C’est le moment choisi par Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe) pour placer une attaque, la première d’une série d’accélérations des 6 hommes de tête. Suivi par Van Aert avant d’être repris par Fuglsang et les deux Italiens, Bettiol et Formolo, Schachmann a au moins le mérite d’avoir fait craquer Van Avermaet.
 

Van Aert sort du bois

Après une légère accalmie, c’est Wout Van Aert qui s’est échappé dans le dernier secteur à douze kilomètres de l’arrivée. Chassé par Bettiol, Formolo et Schachmann, le Belge a ainsi écarté Jacob Fuglsang qui semblait jusque-là le plus fort. Le Danois hors course, tous ont repris espoir mais il fallait avant cela rattraper Van Aert, quatorze secondes devant à 8km de l’arrivée. Sauf que le Belge de la Jumbo-Visma, spécialiste du cyclo-cross (ce qui est utile sur les routes poussiéreuses des Strade Bianche), n’a pas faibli. Au contraire : à 2 km de l’arrivée, Van Aert comptait 19 secondes d’avance sur ses deux poursuivants : Formolo et Schachmann. Trop, bien trop. 

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Au pied de la via Santa Caterina de Sienne, Van Aert était seul, trop seul. Il ne pouvait plus être rattrapé. Troisième des Strade Bianche en 2018 et en 2019, le jeune Belge tenait enfin sa première victoire de prestige. A 25 ans, Wout Wan Aert s’offre en effet sa première grande classique au terme d’une fin de course parfaitement gérée et devance Davide Formolo et Max Schachmann, qui complètent le podium. Il devient le troisième belge vainqueur des Strade Bianche, après Philippe Gilbert (2011) et Tisej Benoot (2018). Une consécration, pour l’ancien triple champion du monde de cyclo-cross, qui succède à Julian Alaphilippe qui finit loin, très loin derrière. Mais qui vise d'autres échéances cet été, et qu'on reverra vite devant.