victoire Jose Rujano (Androni) Tour d'Italie 05 2011
Le Vénézuélien Jose Rujano (Androni) | AFP - LUK BENIES

Rujano dompte le Grossglockner

Publié le , modifié le

Le Vénézuélien Jose Rujano (Androni) a remporté, vendredi, la 13e étape du Tour d'Italie courue sur 167 km entre Spolimbergo et Grossglockner. Il a devancé l'Espagnol Alberto Contador (Saxo Bank) et le Français John Gadret (AG2R-La Mondiale). Au classement général, Contador conserve le maillot rose de leader, devant l'Italien Vincenzo Nibali.

Classement de la 13e étape
1. Jose Rujano (VEN/Androni), les 167 km en 4 h 45:54.
2. Alberto Contador (ESP/SAX) m.t.
3. John Gadret (FRA/ALM) 1:27.
4. Hubert Dupont (FRA/ALM) 1:29.
5. Igor Anton (ESP/EUS) 1:29.
6. Roman Kreuziger (CZE/AST) 1:36.
7. Michele Scarponi (ITA/LAM) 1:36.
8. Vincenzo Nibali (ITA/LIQ) 1:36.
9. Vasili Kiryienka (BLR/MOV) 1:36.
10. Denis Menchov (RUS/GEO) 1:36.
...

Pour le première étape alpestre du Giro 2011, Jose Rujano, vainqueur d'une étape du Giro en 2005, a déjoué tous les pronostics en s'imposant devant Alberto Contador au sommet du mythique Grossglöckner (Autriche). Parti sans Cavendish, Petacchi et Ventoso, le peloton ne mettait pas beaucoup de temps à se disloquer. Ainsi, dès le 16e kilomètre, une quinzaine de coureurs prenait les devants. Dans ce groupe, on retrouvait notamment l'Italien Rinaldo Nocentini (AG2R-La Mondiale), les Espagnols Alberto Losada (Katusha) et Pablo Lastras (Movistar Team), le Croate Robert Kiserlovski (Astana), le Belge Kristof Vandewalle (Quick Step), l'Hollandais Johnny Hoogerland (Vacansoleil), le Biélorusse Branislau Samoilau (Movistar) ou encore l'Américain Craig Lewis (HTC).

Tout ce joli monde comptait jusqu'à 5 minutes d'avance mais, derrière, Euskaltel Euskadi et la Saxo Bank emmenaient le peloton bon train. Samoilau franchissait les deux premières difficultés de la journée en tête (Monte Croce Carnico et sellsbergpass). Kiserlovski décidait ensuite de partir en solitaire. Avec beaucoup de panache. Au pied du Grossglockner, il possédait un peu plus de 2 minutes d'avance tandis que ses autres compagnons d'échappée ne comptaient plus qu'une minute sur le peloton. Afin de compliquer encore un peu plus la donne, la pluie s'invita dans l'ultime ascension.

Dans ces conditions, les fuyards se faisaient reprendre les uns après les autres. Mais alors que Sarmiento était rattrapé par le peloton, José Rujano décidait de lancer une attaque. Il prenait ainsi rapidement quelques dizaines de mètres d'avance sur les autres favoris. Michele Scarponi (Lampre) et Francesco Masciarelli (Astana) se jetaient alors à ses trousses. Sans grand succès. C'était finalement Alberto Contador qui décidait de faire respecter son rang et se lançait dans la bataille avec Rujano. Derrière John Gadret, déjà vainqueur de la 11e étape, donnait un sérieux coup d'accélération mais la victoire finale se jouait entre Rujano et Contador. C'était le Vénézuélien qui franchissait la ligne d'arrivée en tête tandis que le coureur français d'AG2R-La Mondiale s'offrait une belle 3e place (+1'27). Son coéquipier Hubert Dupont terminait quatrième (+1'29).

"Je suis très content de cette victoire, s'est réjouit Rujano à l'arrivée. J'ai été le premier à tenter d'attaquer. Je savais qu'il pleuvait au sommet, et bien que je préfère le soleil, j'ai tout de même tenté. J'ai réussi à faire face à Alberto, j'ai travaillé avec lui et j'ai finalement remporté une étape majeure de ce Giro." Et d'ajouter grisé par son succès : "À partir de maintenant, j'aimerais monter sur le podium final et gagner une autre étape." Pour le moment, le classement général reste dominé par un Alberto Contador, satisfait de sa prestation du jour : "C'était très dur. Heureusement, les jambes répondaient bien. Je  suis très content des écarts qui sont faits. Même s'il reste des étapes dures d'ici la fin..."

Samedi, la 14e étape, qui part de Lienz (Autriche), reviendra en Italie pour une deuxième journée de haute montagne. Le parcours de 210 kilomètres franchira trois petits cols avant la montée inédite du Crostis, sa descente vertigineuse et l'ascension finale du Zoncolan, l'une des plus dures d'Europe.

Isabelle Trancoën