Romain Bardet
Romain Bardet, en stage à Vaujany. | JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Romain Bardet, l'hiver en pente douce

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Escrime, escalade, ski, randonnée... l'hiver venu, Romain Bardet change de pratique et casse la routine de la saison de vélo sur route dans le souci d'être un athlète avant de redevenir un coureur cycliste qui vise le Tour de France, plus que jamais l'objectif de sa carrière.

Dans la station de Vaujany (Isère), où l'équipe AG2R La Mondiale effectue cette semaine son premier stage d'intersaison, l'Auvergnat retrouve ses coéquipiers et découvre les nouvelles têtes. Trois coureurs (Tony Gallopin, Clément Venturini et le Suisse Silvan Dillier) ont intégré le groupe et tous, à l'exception du Belge Jan Bakelants qui se remet de sa grave chute du Tour de Lombardie, se livrent à des activités autres que le vélo sur route.

"On fait un peu de sport santé pour s'entretenir, on est tous ensemble en montagne sans pression ou stress de la compétition à venir, ce sont quatre jours sympa à vivre dans un beau cadre", résume Bardet qui dit avoir "beaucoup appris" durant la saison 2017, marquée par sa troisième place du Tour de France: "J'ai connu quelques très bonnes satisfactions mais aussi pas mal de désillusions, ça a été fondateur".

Dès la fin de la Vuelta, il s'est projeté vers 2018. "C'est la première fois qu'il termine aussi tôt sa saison", explique son entraîneur Jean-Baptiste Quiclet. "C'était l'occasion de faire un cycle d'entraînement sans compétition pour avoir une coupure en deux temps et permettre à son organisme de mieux récupérer des deux grands tours".

La découverte des chemins de terre

Pendant ses vacances, le dauphin de Chris Froome dans le Tour 2016 s'est marié. Il s'est remis à sa préparation hivernale divisée en trois temps avant de renouer avec la compétition à l'horizon de la mi-février, sans doute à la Ruta del Sol, ou au Tour d'Oman.

"D'abord un temps de muli-sports où l'on essaye de diversifier au maximum, puis une séance où l'on commence à intégrer le vélo en gardant des activités comme la musculation et la course à pied, enfin une activité vélo plus spécifique à partir de janvier", détaille son entraîneur.

"On dit du cycliste qu'il a des grosses cuisses et des petits bras, ajoute-t-il. Quand on fait 22 ou 25 heures de vélo par semaine, la polyvalence n'est plus là. L'un des deux objectifs de l'hiver est de rendre morphologiquement le coureur athlète avant d'être cycliste, au niveau de gainage et du renforcement musculaire, l'autre est de rompre avec la monotonie d'une pratique ultra-spécialisée".

Dès maintenant, l'objectif du Tour de France est omniprésent. "La dimension du challenge me plaît. Au-delà de la réussite, c'est tout ce que ça demande, la démarche qui me nourrit et m'emmène à être meilleur dans tout ce que je fais", estime le coureur de Brioude (Haute-Loire). "Avec Jean-Baptiste (Quiclet), on est en réflexion constante", dit-il. "Cet échange d'idées perpétuel me plaît. Je prends des éléments à droite à gauche, avec l'équipe, les directeurs sportifs, avec Vincent (Lavenu, responsable d'AG2R La Mondiale), on met tout ça en perspective et on dessine une trajectoire".

Entre autres, sa découverte en mars prochain des Strade Bianche, la course italienne qui emprunte des chemins de terre en Toscane, comme un prélude à l'étape des pavés du Tour de France 2018.