Johann Bruyneel
Johann Bruyneel | AFP- John Thys

RadioShack se sépare de Bruyneel

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L'équipe américano-luxembourgeoise RadioShack a indiqué qu'elle se séparait son manageur général Johann Bruyneel, mis en cause dans le rapport de l'Agence américaine antidopage (Usada) à charge contre Lance Armstrong. Le nom de l'ancien coureur belge, manageur de l'US.Postal entre 1999 et 2004 est cité plus de 120 fois dans ce rapport sur un système de dopage organisé.

Johann Bruyneel: "J'ai décidé de prendre du recul par rapport à mes activités officielles afin de me concentrer sur ma défense, et afin de protéger l'équipe RadioShack-Nissan-Trek de toute diversion...Je suis surpris et extrêmement déçu que l'Usada ait dévoilédes informations (...) sans que me sois donnée l'occasion de passer les preuves en revue ni de préparer ma défense en conséquence. Je continue à espérer que je serai en mesure de me défendre dans un débat sans partis pris, même si je crains que la procédure délibérée de l'Usada ait pu me porter préjudice de façon irréversible."Il est ennuyeux que l'Usada, dans sa façon de faire dans ce dossier, n'ait pas respecté des principes fondamentaux, comme le droit d'être entendu et la présomption d'innocence."

"D'un commun accord, Leopard SA et Johan Bruyneel ont décidé de mettre fin à leur collaboration", indique dans un communiqué  groupe auquel l'équipe RadioShack-Nissan-Trek. "A la lumière (des témoignages), les deux parties ont jugé nécessaire de prendre cette décision dans la mesure où Johan Bruyneel ne peut plus diriger l'équipe de manière tranquille et avec efficacité. Cette mesure était nécessaire pour assurer la sérénité et la cohésion de l'équipe".

Déjà sur la sellette du fait des relations très conflictuelles avec les leaders de l'équipe Andy et Franck Schleck, Bruynee devenait évidemment un peu plus contesté après ces révélations. Un autre coureur emblématique de RadioShack, le Suisse Fabian Cancellara s'était même ouvertement interrogé et se demandant s'il pourrait poursuivre dans cette équipe si le manageur ne s'en allait pas.  Pour l'heure RadioSchack n'a pas fait d'autres commentaires. Le groupe est resté dans le domaine de la communication et de la courtoisie, insistant sur le fait que les investigations de l'Usada ne concernait pas les activités de Bruyneel depuis son arrivée chez RadioShack, et le remerciant pour le travail effectué.    

Bruyneel impliqué dans le dopage d'Armstrong

Il semblait évident pour tous les protagonistes de ce dossier, que la mise en cause de façon très claire, nominative et circonstanciée, de Johan Bruyneel dans le programme de dopage qui avait cours au sein de l'US.Postal à l'époque Armstrong. Coureur souvent montré du doigt alors qu'il était à la ONCE, tristement célèbre également dans la page faits divers concernant le dopage, Bruyneel a semble-t-il institué et modélisé en quelque sorte un système visant non seulement à gagner, mais au-delà de l'aspect sportif, à créer un véritable réseau et du business autour du cyclisme. 

Johan Bruyneel a aidé Lance Armstrong à remporter ses sept Tours de France, entre 1999 et 2005, avant de proposer avec succès ses services à l'Espagnol Alberto Contador, vainqueur du Tour en 2007 et 2009.En tant que dirigeant d'équipe, il a également remporté deux fois le Tour d'Espagne, avec Roberto Heras en 2003 puis Alberto Contador en 2008, et deux fois deux fois le Giro d'Italie, avec Paolo Savoldelli et 2005 et Contador en 2008.

Millar demande la démission de Verbruggen
Le rapport de l'Usada n'a pas fini de faire des vagues. Le cycliste britannique David Millar a demandé à l'Union cycliste internationale (UCI) de se séparer de son ancien président Hein Verbruggen, qui y conserve d'importantes fonctions. Lequel est également cité dans ce rapport pour sa complaisance. "Verbruggen était à la tête de l'organisation confrontée au plus gros problème de dopage de l'histoire du sport. Il est toujours là. Il devrait simplement admettre que des erreurs ont été commises. Nous avons tous commis des erreurs", a estimé l'Ecossais, lui même ancien dopé repenti. "L'UCI avait toutes les données sanguines, les rapports médicaux, cela faisait partie de la culture du sport et dans les grandes courses la majorité des coureurs étaient dopés. Seule une petite minorité de coureurs obtenaient de bons résultats sans dopage"