Lars Boom
Lars Boom, l'un des leaders de Rabobank | AFP - DAVID STOCKMAN - BELGA MAG

Rabobank s'arrête à la fin de l'année

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Dans le peloton depuis 1996, la société néerlandaise Rabobank a annoncé qu'elle se retirait au 31 décembre. Elle compte cette saison dans ses rangs Lars Boom, Robert Gesink, Luis Leon Sanchez ou encore Mark Renshaw. Dans un communiqué, l'entreprise indique que sa décision est motivée par le rapport de l'USADA sur les pratiques dopantes autour de Lance Armstrong. Elle va créer une fondation qui va "honorer les contrats" des coureurs, sans que son logo n'apparaisse.

"Nous ne sommes plus convaincus que le cyclisme professionnel peut être un sport propre et sain. Nous ne sommes pas confiants sur le fait que cela s'améliore dans un avenir prévisible". Les mots de Bert Bruggink, membre du conseil d'administration de la banque néerlandaise, cité dans un communiqué sont durs et limpides. Et ce départ concerne aussi bien l'équipe masculine que féminine, mais ne concerne pas le cyclisme amateur, les catégories de jeunes et le cyclocross. "C'est douloureux", continue Bruggink au sujet de ce retrait. "Pas seulement pour Rabobank, mais surtout pour les amateurs et les cyclistes qui ne sont pas à blâmer dans ce domaine". C'est la première conséquence majeure dans le peloton de la divulgation du rapport de l'USADA sur les pratiques dopantes dans les équipes de Lance Armstrong.

Un poids lourd du peloton

C'est en effet l'un des poids lourds du peloton qui s'en va. Sponsor depuis 1996, Rabobank avait pourtant passé tous les cataclysmes liés au dopage, même celle concernant son coureur Michael Rasmussen, qui avait contraint la formation à le retirer du Tour 2007. Si Oscar Freire, champion du monde en 2004 et maillot Vert du Tour de France en 2008, n'est plus là, l'équipe pouvait compter sur de nombreux coureurs de talent, très performants dans les Classiques ou sur les étapes des grands tours, comme Luis Leon Sanchez (5 victoires d'étape cette année et la Classique San Sebastian), Robert Gesink (vainqueur du Tour de Californie en 2012), Lars Boom (vainqueur de l'Eneco Tour) ou Theo Bos.

L'UCI comprend
L'union cycliste internationale (UCI), dans un communiqué, a déclaré comprendre la décision de Rabobank: "A la lumière de cette période difficile, à savoir le fort intérêt du public pour les problèmes passés du dopage, et peut-être une action prise plus récemment par l'UCI à l'encontre d'un coureur de l'équipe, l'UCI comprend le contexte qui a présidé à cette décision", avant d'ajouter qu'elle remerciait l'entreprise "pour son important investissement et le soutien qu'elle a apporté au cyclisme féminin et masculin, pendant près de deux décennies, ainsi que pour sa décision de continuer à soutenir une équipe de cyclo-cross, le cyclisme amateur et la formation des jeunes, qui représente un point important pour le futur de notre sport".

Rabobank crée une fondation pour "honorer les contrats"

La décision devait certainement couver dans les entrailles de la banque néerlandaise, et l'annonce de l'UCI de l'ouverture d'une procédure disciplinaire à l'encontre de Carlos Barredo hier, pour des anomalies constatées dans son passeport sanguin, n'a pas dû arranger les choses. Mais Rabobank a annoncé qu'il ne lâchait pas totalement l'équipe: "Ce n'est pas possible pour les coureurs de passer maintenant dans une autre équipe", a déclaré Bert Bruggink, directeur financier de la banque. Pour "honorer les contrats" encore en cours, la banque va créer une fondation externe, qui reprendra toutes les obligations juridiques et financières liées aux contrats de l'équipe de cyclisme professionnelle, qui sera "en intégralité" sous l'autorité de cette fondation. Mais le nom de Rabobank n'apparaîtra plus sur les maillots. La banque va par ailleurs essayer de trouver une solution pour continuer à soutenir la néerlandaise médaillée d'or olympique Marianne Vos, au moins jusqu'aux jeux de 2016.

L'effectif de l'équipe Rabobank en 2012

Carlos Barredo (ESP, actuellement suspendu), Jetse Bol (NED), Lars Boom (NED), Theo Bos (NED), Matti Breschel (DEN), Graeme Brown (AUS), Stef Clement (NED), Rick Flens (NED), Juan Manuel Garate (ESP), Robert Gesink (NED), Wilco Kelderman (NED), Steven Kruijswijk (NED), Tom Leezer (NED), Paul Martens (GER), Michael Matthews (AUS), Bauke Mollema (NED), Grischa Niermann (GER), Mark Renshaw (AUS), Luis Leon Sanchez (ESP), Tom-Jelle Slagter (NED), Bram Tankink (NED), Laurens ten Dam (NED), Maarten Tjallingii (NED), Jos van Emden (NED), Dennis van Winden (NED), Coen Vermeltfoort (NED), Maarten Wynants (BEL).

Déclarations

Marcel Wintels (président de la Fédération néerlandaise): "L'arrêt de Rabobank comme sponsor des équipes cyclistes est un coup terrible. Il est terrible qu'un sponsor comme Rabobank, qui a été si longtemps attaché loyalement au sport, ait décidé d'arrêter. Mais ils étaient constamment sur le banc des accusés, et cela je ne le veux pas non plus."

Robert Gesink (leader de l'équipe): "Je pense que je suis le premier de la nouvelle génération. Nous étions justement sur le bon chemin ces dernières années. C'est un sentiment très amer de devoir payer la note pour ce qui s'est déroulé dans le passé. Tout ce que l'on fait maintenant, vient après coup. Nous étions précisément en train de faire en sorte que les choses bougent."

Thomas Dekker (ancien coureur de l'équipe, écarté ensuite pour dopage): "Je pense que nous étions sur le bon chemin mais l'effet boule de neige de ces  derniers jours a été de trop. C'est dommage pour tous ces jeunes coureurs qui sont les victimes de ce qui s'est passé."