Christian Prudhomme
Christian Prudhomme, directeur du Tour. | AFP

Prudhomme: "Il faut qu'on aille au bout"

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Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, a demandé à aller au bout dans l'affaire Armstrong après les aveux de l'ex-septuple vainqueur de la Grande Boucle, déchu l'an passé pour dopage. Présent vendredi à York pour la présentation du Grand départ de l'édition 2014 dans le Yorkshire, le directeur du Tour a opposé devant la presse "les mensonges du passé" au cyclisme de l'avenir.

Armstrong vous a-t-il surpris ?
"On n'aurait pas imaginé voici quelques semaines qu'il fasse des aveux  publics. Mais, après les bruits, ce qu'il a dit ne surprend personne. C'est une  confirmation. Après des années de dénégations, il a d'une certaine manière  enfin dit oui. Mais on ne sait rien du système dénoncé par le rapport de  l'Agence antidopage américaine (Usada) qui parlait d'un système accablant. Il  faut qu'on en sache plus là-dessus, qu'on aille au bout des choses de telle  manière que cela ne puisse plus se reproduire."
   
Comment l'avez-vous trouvé ?
"C'est un visage qu'on a toujours vu, l'air peut-être un peu plus pincé  parfois, c'est tout. On aurait pu imaginer voir un visage différent. Le fait  que les aveux soient découpés, qu'il y ait eu un battage phénoménal qui marche  d'ailleurs remarquablement, c'est quelque chose qui est vraiment étudié à  l'évidence avec ses avocats. On a eu droit à un exercice de communication  millimétré avec des réponses à l'évidence étudiées. Il faut aujourd'hui qu'on  aille au bout. On ne peut pas se doper comme il l'a fait pendant des années  sans complicité. Le coureur ne doit pas être le seul à payer, nous le disons  depuis longtemps."
   
Le Tour va-t-il demander des dommages-intérêts ?
"S'il dit +Oui, je me suis dopé+, il devrait de lui-même rendre  l'argent, ça me semblerait assez naturel. Cet argent ne reviendra pas à  l'organisateur mais (sera) dévolu à des activités antidopage ou à la formation  des jeunes. Il y a eu préjudice sans aucun doute, mais il faut maintenant se  tourner vers l'avenir. Armstrong, c'est clairement du passé, il est rayé des  palmarès. Il faut se tourner vers l'avenir, mais il est nécessaire qu'on en  sache plus, qu'il en dise plus."
   
Ce cyclisme -là a-t-il disparu ?
"Aujourd'hui la situation a beaucoup changé. Ce n'est pas un monde  parfait, mais le monde parfait n'existe pas, ni dans le sport ni ailleurs. Les  changements ont été bien réels avec le passeport biologique, les contrôles  ciblés et récurrents. On a vu des coureurs d'importance tomber ces dernières  années, ça veut donc dire que ça marche. Aujourd'hui, les tricheurs doivent  savoir que, tôt ou tard, s'ils trichent, ils tomberont. Quand on voit les  mensonges du passé et le cyclisme  à venir, on peut être plein d'espoir."
   
Croyez-vous Armstrong quand il dit qu'il ne s'est pas dopé en 2009 et  2010 ?
"J'ai la conviction que les choses ont changé. En revanche, nous devons  faire attention à ce qu'il dit. Il a menti pendant des années. D'un seul coup,  il ne dit pas toute la vérité non plus. Je le répète, c'est une grande  opération de communication millimétrée."
   
Faites-vous toujours confiance à l'UCI (Union cycliste internationale)  dont les dirigeants de l'époque ont été mis en cause ?
"On ne sait pas encore ce qu'Armstrong a pu dire ou ne pas dire. On doit  en savoir plus. Qu'a fait l'entourage d'Armstrong ? Il y a d'autres procès qui  se préparen. J'aimerais bien savoir si le manager de Lance Armstrong (Johan  Bruyneel) était au courant ou pas. J'ai ma petite idée là-dessus."

AFP