Tom Boonen (Omega Pharma)
Tom Boonen (Omega Pharma) à l'assaut des pavés | KRISTOF VAN ACCOM / BELGA / AFP

Pourquoi Tom Boonen va gagner ?

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Il est au top de sa forme. Il a la meilleure équipe de classiques. Il a perdu son meilleur rival. Il peut rejoindre Roger de Vlaeminck dans la légende. Quatre bonnes raisons qui nous poussent à faire de Tom Boonen l'unique favori de Paris-Roubaix dimanche.

Il est revenu au top de sa forme

Miné par une suspension pour prise de cocaïne et des blessures récurrentes, Tom Boonen avait vite été classé en fin de cycle. C'est mal connaître l'orgueil du champion qui, en pleine possession de ses moyens, reste l'un des meilleurs rouleurs du peloton et un incroyable finisseur. Mis en confiance par ses succès exotiques au Qatar puis sur Paris-Nice, le Belge a retrouvé ses jambes de vingt ans. "J'ai retrouvé cette année la confiance dans mon sprint. Depuis le début de la saison, il ne m'a pas laissé tomber. J'ai gagné pas mal et la confiance est revenue." Boonen est sur une incroyable série qu'il espère prolonger au moins jusqu'à dimanche. "Paris-Roubaix ? Ce serait fantastique de gagner après avoir remporté le GP E3, Gand-Wevelgem et le Tour des Flandres. Je vais essayer." Sur le point de coincer dans la dernière ascension du Paterberg dimanche dernier, l'Anversois aborde un terrain plus favorable. "C'est une course qui me convient mieux que le Tour des Flandres." Ses adversaires sont prévenus.

Il est dans la meilleure équipe de classiques

Mais quel est le secret de Patrick Lefévère, le patron des Omega Pharma Quick Step et surnommé "l'autre Monsieur Paris-Roubaix" en référence à Roger de Vlaeminck, quadruple vainqueur de l'épreuve ? Dès le printemps revenu, ses garçons étendent leurs tiges et leurs piquants tels des plantes carnivores. Mauvaise herbe nichée au cœur des pavés pour le reste du peloton, les Omega Pharma dévorent tout sur leur passage. Plus de vingt succès en 2012, une colonisation qui en rappelle d'autres, notamment sur les classiques du nord, avec Tom Boonen en chef de file. Avec Niki Terpstra et Sylvain Chavanel en soutien, OPQS nous renvoie à la grande équipe Mapei des années 90. Celle des trois triplés à Roubaix (1996, 1998 et 1999) avec ses soldats Museeuw, Ballerini, Tafi, Bortolami et Peeters. Quand on arrive chez Lefévère, on apprend à souffrir puis à aimer les pavés. On n'a pas le choix. Ça tombe bien, Boonen est tombé dedans quand il était petit. 

Il a perdu son meilleur rival Fabian Cancellara

Le Tour des Flandres a perdu une grande part de son suspense lors du dernier ravitaillement. Un bidon bêtement jeté à terre. Fabian Cancellara glisse dessus et se fracture la clavicule en trois endroits. Favori du Ronde comme de Paris-Roubaix, le Suisse a manqué et va manquer. "C'est regrettable, on ne souhaite ça à personne. La course aurait certainement été différente avec lui", reconnaissait Boonen après l'arrivée dimanche. Sans Spartacus, capable sur ses seules accélérations de mettre le Belge à quelques mètres, on peine à trouver un coureur capable de créer le trouble sur les secteurs pavés. Même Filippo Pozzato, très en vue au Tour des Flandres (2e), ne s'accorde que peu de chances : "J'arriverai motivé et en forme. Même si je suis encore plus conscient qu'il est difficile de sortir Tom de la roue." Imbattable Boonen ? Si les pépins l'épargnent alors que la pluie pourrait pimenter l'Enfer, il sera dans le coup en arrivant au Vélodrome.

Il a Roger de Vlaeminck dans le viseur

Quand "Monsieur Paris-Roubaix" lance un pavé dans les roues de Tom Boonen, ça donne ça : "C’est une bonne personne et un meilleur coureur que l’était Museeuw, mais il ne m’arrive pas à la cheville." Recordman des victoires à Roubaix (1972, 1974, 1975, 1977), Roger de Vlaeminck aime tacler "Tommeke" comme on punit un fils qui préfère sacrifier une certaine idée de labeur pour la vie facile. Le "Gitan" trouve que Boonen et le peloton en général se cherchent des excuses, qu'ils oublient la valeur travail, qu'ils choisissent leur course quand leurs aînés enchaînaient les kilomètres sans rechigner. Plus classe que son illustre compatriote, Boonen n'a jamais répliqué ailleurs que sur la route. Dimanche, l'Anversois espère avoir le dernier mot pour mettre fin à cette comparaison inutile. Pas sûr car De Vlaeminck a déjà préparé l'attaque suivante :"Il devra quand même le gagner une cinquième fois pour devenir Monsieur Paris-Roubaix." On en reparle en 2013 ?