JC Peraud Tour de France
Jean-Christophe Peraud, deuxième du dernier Tour de France. | LIONEL BONAVENTURE / AFP

Péraud a failli arrêter le vélo à 20 ans

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Jean-Christophe Péraud, le deuxième du Tour de France 2015 à la réputation de coureur probe, a été soupçonné de tricherie au tout début de sa carrière, une accusation qui lui a servi ensuite de moteur.

L'histoire est relatée dans le livre "Nouveau cycle, confidences de trois  coureurs modernes" (Direct Vélo Editions, 150 pages, 22 euros) consacré par  Pierre Carrey aux trois héros français du Tour 2014, "Jicé" Péraud et les deux  chefs de file de la nouvelle vague, Thibaut Pinot et Romain Bardet.

"A 20 ans, j'ai failli arrêter le vélo", raconte Péraud à propos d'un test  de la Fédération française de cyclisme (FFC) qui révèle un hématocrite  supérieur au plafond réglementaire à l'époque de 50 % avant les championnats de  France de VTT 1997 aux Menuires (Savoie). Le test n'étant pas encore suspensif,  le futur Lyonnais a le droit participer à l'épreuve mais choisit d'y renoncer,  quitte à sacrifier une possible sélection pour les championnats d'Europe et du  monde.

"Tu as triché, forcément triché", entend-il alors de la part d'un officiel  de la fédération française. Pour celui qui, issu d'une famille peu portée vers  le sport de compétition, vilipende les dopés, le coup est terrible. Mais, en se  soumettant ensuite à des analyses complémentaires, il prouve que son  hématocrite (volume des globules rouges dans le sang) est naturellement élevé.

Un électrochoc 

"J'étais régulièrement entre 48 et 50 % au repos. Et depuis que j'ai adapté  mon corps aux entraînements et aux compétitions de la route, je suis descendu  aux alentours de 45 - 47 %", raconte-t-il aujourd'hui.
Quand il évoque cet électrochoc subi bien avant de devenir l'un des  meilleurs spécialistes de VTT (2e aux JO 2008) et de la route, l'ingénieur  d'Areva estime: "C'est le déclencheur de ma carrière. Je me suis dit: 'Vous  pensez que je triche ? Vous allez voir ce que j'arrive à faire sans tricher !'  Je suis passé de 8 h à 12 h d'entraînement par semaine, j'ai perdu trois kilos.  Cette saison-là, j'ai terminé pour la première fois dans le top 10 du Roc  d'Azur."

A côté de Péraud, un coureur vrai "qui n'aime pas rêver ni faire rêver mais  inspire les autres", l'ouvrage dresse aussi un portrait très fouillé du  complexe Romain Bardet et souligne l'indépendance et le sens de la dérision de  Thibaut Pinot. "'Ordinaires' soi-disant, ils sont plutôt 'extra' à en croire leur  constitution morale", estime l'auteur, fondateur du site DirectVelo.com, qui  les oppose aux "coureur frelatés, lyophilisés" et leur rend hommage pour avoir  rapporté dans leur sport "le carburant des hommes qui marchent et des cyclistes  qui roulent: l'espoir".