Kragh Andersen levant les bras à l'arrivée de Paris-Tours 2018
Kragh Andersen levant les bras à l'arrivée de Paris-Tours 2018. | GUILLAUME SOUVANT / AFP

Paris-Tours : Kragh Andersen s'offre une victoire de prestige

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Soeren Kragh Andersen (Sunweb) remporte la 112e édition de Paris-Tours, après 214,5 km parcourus à toute allure. Une édition marquée par les chemins de vigne qui auront joué un rôle essentiel. Le Danois s’est défait de Niki Terpstra (Quick-Step) et de Benoit Cosnefroy (AG2R La Mondiale), ses deux compagnons d’échappée à 10km de la ligne d’arrivée. Les sprinteurs comme Arnaud Démare n’ont pas eu leur mot à dire avec ses nombreuses difficultés.

Ils ont bien marqué. Attendus avec impatience par les observateurs et avec craintes par les acteurs, les chemins de vigne ont bien joué un rôle décisif dans les 49,5 derniers kilomètres de ce Paris Tours. Ces difficultés ajoutées aux quelques côtes dont une avec un passage à 14% ont permis d’animer une course ayant plus l’habitude de se bouger lors du sprint massif final, sauf exploit d’un baroudeur.

Avant les rebondissements dans les vignes, la première partie de la course est classique avec une longue échappée. Pour sa dernière course, Sylvain Chavanel (Direct Energie) a passé la journée à l’avant dans un groupe composé de six hommes, puis de neuf. Une échappée qui connaît une avance maximale de 5’40’’. À l’approche du premier chemin de vigne, les équipes AG2R La Mondiale, Quick Step et Cofidis mènent la poursuite à vive allure. Mais juste avant le premier chemin de vigne, une chute piège plusieurs coureurs dont le Français Christophe Laporte (Cofidis).

Un peloton en grappes

Les deux premiers chemins de vigne font très mal aux jambes. Le peloton explose de toute part, isolant Arnaud Démare qui arrive à faire son retard avant la principale difficulté de la journée, le chemin de la Grosse Pierre, long de 2,5km. Juste avant l’entrée dans cette 3e portion des chemins de Vigne, Niki Terpstra  (Quick-Step) durcit la course emmenant dans sa roue six coureurs, dont son coéquipier Philippe Gilbert crevant à la sortie du chemin de terre.  

À 30 km de l’arrivée, ils ne sont plus que deux à l’avant Terpstra et Soeren Kragh Andersen (Sunweb). Vite rejoints par Benoit Cosnefroy (AG2R La Mondiale), champion du monde espoir en 2017, la  tête de course compte une trentaine de seconde d’avance sur un groupe de trois poursuivants composé d’Olivier Naesen (AG2R La Mondiale), Valentin Madouas (Groupama-FDJ) et Sep Vanmarcke (EF Education First-Drapac) et une minute sur le peloton où se trouve Philippe Gilbert et Arnaud Démare. 

Kragh Andersen décide de se faire la malle à 10km de l’arrivée et creuse rapidement l’écart avec ses deux compagnons d’échappée. Terpstra et Cosnefroy ne s'entendent pas pour se lancer à sa poursuite. Le Danois peut alors profiter des derniers hectomètres pour sa première victoire de prestige, un après avoir terminé deuxième derrière Matteo Trentin. C'est une saison réussie pour le jeune coureur de  24 ans qui a porté le maillot blanc de meilleur jeune pendant sept jours, lors du Tour de France 2018. Par ailleurs, c'est le 3e Danois à s'imposer dans cette classique. 

Réactions

Soeren Kragh Andersen (DEN/Sunweb), vainqueur: "Je voulais vraiment cette victoire mais je ne pensais pas que ce serait possible. Je suis surpris de battre des coureurs tels que Terpstra et Gilbert, les meilleurs des meilleurs dans les classiques. C'est ma première victoire dans une classique. Certains secteurs étaient un peu dangereux mais j'ai aimé." 

Benoît Cosnefroy (FRA/AG2R La Mondiale), 3e: "Je suis content. Je ne pouvais pas faire mieux que ça. Si déception il y a, c'est pour l'équipe, Oliver Naesen attendait beaucoup de cette course, il aurait pu jouer la gagne. Moi, je suis à ma place. J'étais à fond. Niki (Terpstra) s'est énervé sur moi dans le final, il n'a pas compris que je ne pouvais plus rien faire. Les deux premiers sont plus forts que moi." 

Guillaume Gorgeu @g_gorgeu