Paris-Nice : "Nous ne pouvons pas ignorer la situation", des mesures inédites face au coronavirus

Publié le , modifié le

Auteur·e : Emilien Diaz
Thierry Gouvenou et Philippe Marien
Thierry Gouvenou et Philippe Marien | AFP

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Une 78e édition de Paris-Nice sous haute surveillance. Un temps menacée de report en raison de l’épidémie de Covid-19 qui progresse en France, la "Course au soleil" s’élancera bien des Yvelines ce dimanche, avec des mesures inédites que le directeur de course Thierry Gouvenou a détaillé pour france tv sport.

De la crainte d’une annulation à des mesures inédites. Les responsables d’ASO, organisateur de Paris-Nice, sont passés par toutes les émotions depuis samedi dernier, date à laquelle le gouvernement a décidé que le semi-marathon de Paris n’aurait pas lieu en raison de la propagation du virus Covid-19 en France. "On était en état d’urgence" avoue le directeur de course Thierry Gouvenou, "L’annulation du semi-marathon, aussi organisé par ASO, a été un vrai choc. Nous pensions que la course n’aurait pas lieu".

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Ce n’est que dans la journée de mardi que le verdict est finalement tombé, au terme d’une réunion au ministère des sports. Les organisateurs ont pu pousser un ouf de soulagement : "Nous avons eu la confirmation que les autorités permettaient le maintien des courses cyclistes. Dès lors, nous avons entamé des discussions avec les différentes équipes pour savoir dans quelles conditions l’événement allait se dérouler".

On garde un plateau exceptionnel malgré les circonstances

Il faut dire que la 78e édition de Paris-Nice est passée entre les mailles d’un filet déjà bien chargé. Du marathon de Paris aux finales mondiales de ski en passant par des matches du championnat de France de football ou de basket, nombre d’événements sportifs ont été reportés ou annulés, conséquences du passage rapide au stade 2 dans le plan de lutte contre l’épidémie. "On devait avoir un plateau exceptionnel cette année" poursuit Thierry Gouvenou, "Avec le coronavirus, nous avons perdu pas mal de leaders mais les reports des courses italiennes nous ont permis d’en récupérer un certain nombre. Donc on garde un excellent plateau malgré les circonstances". 

Il serait difficile de soutenir le contraire. Alors que pas moins de sept équipes (Ineos, Movistar, CCC, UAE Emirates, Astana, Mitchelton-Scott, Jumbo-Visma) ont annoncé dans la semaine leur retrait de la course, les organisateurs de Paris-Nice ont pu bénéficié du report des classiques Milan-San Remo et Tirreno-Adriatico pour sauver les meubles. Ils ont également choisi d’élargir la composition des équipes de sept à huit coureurs et d’inviter deux nouvelles formations : B&B Hotels Vital Concept et Wanty Gobert.

Thierry Gouvenou et Christian Prudhomme
Thierry Gouvenou et Christian Prudhomme © AFP

Des formations se sont un peu inventé des cas de force majeur

Ainsi, les absences de certains cadors qui devaient initialement prendre part à cette 78e édition - Primoz Roglic, Egan Bernal et Tadej Pogacar en pole - ont vite été compensées par les arrivées des Romain Bardet, Vincenzo Nibali, ou encore Peter Sagan. Il convient d’ajouter à ce joli gratin la présence de Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) et de Julian Alaphilippe (Deceuninck Quick-Step) qui avaient tous deux coché l’épreuve française sur leur calendrier en début de saison. 

"Pas mal d’équipes étaient réticentes, surtout après ce qu’il s’est passé sur le tour d’Abu Dhabi", a constaté Thierry Gouvenou, "UAE a encore 22 coureurs coincés aux Emirats Arabes Unis et Ineos a logiquement décidé de se retirer après le décès de son directeur sportif Nicolas Portal. Mais d’autres formations ont été plus frileuses et se sont un peu inventé des cas de force majeur si j’ose dire". Officiellement, l’équipe Movistar a par exemple mis en avant sa volonté de "préserver la santé de ses membrestandis que la Jumbo a dénoncé le "manque de garanties adéquates sur les procédures à suivre"

Des mesures inédites

Aux grands maux les grands remèdes, et des mesures inédites ont pourtant bien été prises. La course s’élancera bien des Yvelines ce dimanche, mais dans des conditions un peu particulières. "On ne peut pas ignorer que nous sommes dans une situation très spécifique, où l’épidémie progresse. Donc nous allons faire en sorte qu’il y ait le moins de contact possible entre les coureurs et le public, même si cela va un peu à l’encontre des valeurs du cyclisme" explique le directeur de course. 

Plusieurs mesures ont donc été prises afin d’empêcher toute contamination. L’accès au parking des coureurs sera extrêmement limité, des barrières sépareront les coureurs du public au départ et à l’arrivée de chaque étape. Il a également été demandé aux équipes d’éviter les selfies et les signatures d’autographe auprès des spectateurs. "On nous a dit que le risque de contamination est réel à moins d’un mètre, alors il faut vraiment se protéger de tout cela" rappelle Thierry Gouvenou, "Il n’y aura finalement pas plus de deux équipes par hôtel pour éviter les rassemblements, il n’y aura plus d’interviews sur le podium et les coureurs seront aussi dispensés de signer la feuille d’émargement avant les départs", poursuit-il. 

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Autant de restrictions qui peuvent sembler démesurées, mais qui demeurent nécessaires au maintien et au bon déroulement de l’épreuve. Soulagé de pouvoir organiser l’événement, ASO redoute évidemment une faible affluence sur le bord des routes cette semaine, mais compte sur l’attrait sportif de l’événement - boosté par un plateau de très bonne facture - pour réussir cette nouvelle édition. Les organisateurs ne sont par ailleurs pas inquiets quant à la tenue du Tour de France au mois de juillet. Espérons que la suite des événements leur donne raison.