Michele Scarponi
Michele Scarponi. | MAXPPP

Mort de Michele Scarponi : un nouveau drame qui rappelle le danger sur les routes

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Le cycliste d’Astana Michele Scarponi, vainqueur du Giro 2011, est mort ce samedi matin, après avoir été percuté par une camionnette à l’entraînement. Ce nouveau drame vient alourdir une série d’accidents qui ont touché les cyclistes ces derniers mois. Des accidents souvent meurtriers, qui rappellent le danger actuel de pratiquer cette discipline à l’entraînement.

L'annonce du décès de Michele Scarponi ce samedi matin a abasourdi l'ensemble de la planète cycliste. Un réveil brutal qu'on aimerait ne plus jamais avoir à vivre, mais qui a tendance à se répéter ces derniers mois. Hier encore, le coureur âgé de 37 ans participait à la dernière étape du Tour des Alpes, une course dont il a été le premier leader lundi. Ce matin, l'un des capitaines de route d'Astana pensait s'entraîner comme d'habitude, lui qui a débuté sa carrière professionnelle en 2002.

Mais c'était la dernière fois. Michele Scarponi ne rentrera jamais de cette sortie. La faute à une camionnette, qui d'après le journal italien Il Resto del Carlino, lui aurait refusé la priorité, et l'aurait par conséquent percuté. Une vie fauchée à Filottrano, non loin de chez lui, là où se trouvent encore ses deux enfants et sa femme Anna.

La nouvelle a touché l'ensemble du peloton, comme en témoignent les nombreux hommages diffusés sur les réseaux sociaux. Michele Scarponi était un homme très apprécié, qui alliait quelques soient les circonstances joie de vivre et humour. Ses sorties avec Frankje, son perroquet, faisaient le tour du web. Ses chansons pour raconter la course du jour, donnaient le sourire à l'ensemble des supporters de cyclisme. Sa bonne humeur rafraîchissait le peloton.

Un nouvel accident qui touche l'ensemble des pratiquants

Un peloton qui n'en finit pas d'être meurtri par ce genre d'accidents, qui lui rappellent constamment sa vulnérabilité. Le décès de Michele Scarponi ne touche pas seulement ses proches, ses coéquipiers, ou membres du peloton professionnel. Il touche l'ensemble des adeptes du deux-roues.

Parce qu'on a tous un frère, un parent ou un proche qui part rouler le dimanche matin, seulement protégé par son casque. Parce qu'à chaque sortie on craint que nos dernières paroles à leur encontre ne soient le « sois prudent » qu'on leur glisse avant qu'ils ne prennent la route. Parce qu'on a peur dès qu'ils ont un peu de retard sur l'horaire fixé, et qu'on n'ait aucune nouvelle.

Le 23 janvier 2016, John Degenkolb, Warren Barguil et quatre autres coureurs de Giant-Alpecin se faisaient percuter par une voiture qui roulait à contre-sens, en Espagne. Le 03 mars 2016, Romain Guyot, 23 ans et coureur de Vendée U, trouvait la mort à un carrefour, percuté par un camion alors qu'il rentrait de sa sortie d'entraînement. Le 28 juin 2012, le jeune Owen, 14 ans, voyait sa vie s'arrêter sur une ligne droite, renversé par une voiture tandis qu'il se rendait à sa séance d'athlétisme. Après chacun de ces drames, on pensait qu'une prise de conscience s'opérerait. En vain.

Des associations tentent de faire changer les consciences​

La route se partage, on l'apprend dès qu'on passe notre code, à l'âge de 16 ans. "Pour les dépasser, vous devez respecter au minimum 1 m en agglomération, et 1 m 50 hors agglomération", peut-on lire dans les règles. Les associations « La route se partage » et « 1m50 cycliste » tentent via les réseaux sociaux de sensibiliser les automobilistes à leur cause. 

Mais cela ne suffit pas. Les témoignages de coureurs qui se font alpaguer par les automobilistes se font de plus en plus nombreux, que ce soit au niveau amateur ou professionnel.

Après chaque drame, la tristesse se mêle rapidement à la colère, l'incompréhension. Il y a eu Antoine, il y a eu Romain... Il y a désormais Michele. Car derrière chaque nom de champion se trouve un homme, une famille, des proches. Romain Guyot, Antoine Demoitié, Michele Scarponi et bien d'autres encore, ont perdu la vie sur leur vélo, en accomplissant leur passion qui était devenu leur métier, leur gagne-pain. Ils sont morts parce qu'ils réalisaient leurs rêves, juchés sur leurs montures. Que leurs décès ne soient pas vains, et que la prise de conscience devienne enfin générale.

Mathilde L'Azou @MathildeLAzou