Tony Martin et Bradley Wiggins
Tony Martin face à Bradley Wiggins, deux des meilleurs spécialistes du contre-la-montre | AFP - ADRIAN DENNIS - LIONEL BONAVENTURE

Wiggins-Martin, duel pour l'arc-en-ciel

Publié le , modifié le

Invaincu depuis 2011 sur le contre-la-montre des Championnats du monde, Tony Martin est défié cette année par un rival de tout premier ordre: Bradley Wiggins. Dauphin de l'Allemand en 2011 et 2013, le Britannique, champion olympique de la spécialité en 2012, a pratiquement misé toute sa saison sur cette course. Les deux coureurs vont disputer, à distance, un combat acharné. Le vainqueur du Tour de France 2012 s'élance à 15h34, le triple tenant du titre deux minutes après. Fabian Cancellara, sacré à quatre reprises, a fait l'impasse pour se concentrer sur la course en ligne.

"Le parcours de cette année me convient sans doute un peu mieux que celui  de l'an dernier", estime Bradley Wiggins, champion olympique du contre-la-montre en  2012 après sa victoire dans le Tour. "Tony a dominé toute la saison mais je pense que je serai plus près de  lui", ajoute Wiggins qui pointe un écart moindre en faveur de l'Allemand lors  de sa dernière victoire dans un contre-la-montre (Vuelta). Le Britannique, dominé de 46 secondes l'an dernier à Florence, s'attaque  à forte partie tant l'Allemand affiche des statistiques rassurantes pour lui  et, partant de là, une sérénité contagieuse.

Hormis en trois occasions dans la première partie de saison (l'anecdotique  Tour de Dubaï, Tirreno-Adriatico, Tour de Romandie), Martin s'est toujours  imposé cette année dans les contre-la-montre. Principalement au Tour de France,  à Périgueux, où il a repoussé son suivant, le Néerlandais Tom Dumoulin, à 1 min  39 sec au bout des 54 kilomètres. "Je ne me lasse pas", dit l'Allemand dont la motivation reste visiblement  au zénith. En cas de succès, il égalerait le record de victoires du Suisse Fabian Cancellara (entre 2006 et 2009). "Je veux la médaille d'or. Tout autre résultat serait une déception",  poursuit Martin qui reconnait cependant avoir été surpris par la difficulté du  parcours, en raison des deux côtes dans le dernier tiers du circuit après un  début très rapide.

Dumoulin ou Dennis en outsiders

"On peut perdre facilement 20-30 secondes", relève-t-il sans paraître  autrement inquiet. Il est vrai que sa performance dans le contre-la-montre par  équipes de marque, dimanche dernier, l'a rassuré si besoin était: "Un bon test.  J'ai eu de bonnes sensations alors que je n'étais pas encore à cent pour cent  il y a quelque temps." Dans le camp allemand, la confiance est de mise. "Tony est fort comme un  boeuf", rigole Marcel Kittel, le sprinteur-roi du Tour (4 étapes). Martin désigne évidemment Wiggins comme son principal rival mais n'exclut  pas une surprise comme, dit-il, Tom Dumoulin ou l'Australien Rohan Dennis.

Derrière les deux favoris, des places sont à prendre. "C'est ouvert mais je  n'ai pas envie de m'enflammer", tempère le champion de France Sylvain Chavanel  qui rappelle avoir pour "meilleur résultat une dixième place (en 2008)". "Si je fais une belle place, si j'approche le top 5, je serais satisfait",  ajoute le Poitevin, deuxième de son dernier "chrono", le 14 septembre au Tour  de Grande-Bretagne, à 8 secondes de Wiggins (sur 8,8 km). L'autre représentant français, Jérôme Coppel, appelé à cotoyer Chavanel  dans la même équipe l'an prochain chez IAM ("mais le contrat n'est pas signé",  précise-t-il), a rebondi sur la récente Vuelta après sa non-sélection pour le  Tour. "Jérôme a toujours été un très bon rouleur (deux fois troisième en espoirs  aux Mondiaux)", rappelle le sélectionneur Bernard Bourreau. "Malgré ses pépins de santé, il a été présent dans les chronos".

AFP