Pervis embrasse piste Cali
François Pervis embrasse la piste de Cali | LUIS ROBAYO / AFP

Pervis : "Je suis en pleine confiance"

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François Pervis a conclu les Mondiaux de cyclisme sur piste à Cali par une troisième médaille d'or, cette fois dans la discipline-phare de la vitesse individuelle.

Racontez-nous vos Mondiaux...
François Pervis: "J'ai eu trois grosses épreuves. Le keirin, ce sont de très longs  sprints, le kilomètre c'est l'effort ultime, physiquement c'est ce qu'il y a de  plus dur. J'ai tout de suite enchaîné par le 200 m pour la vitesse individuelle  et j'ai fait un super temps. Du coup, ma journée a été relativement tranquille  car j'ai eu le tournoi le plus facile. Je ne vais pas dire que c'étaient des  sprints d'entraînement (samedi) mais ça m'a décrassé de mon kilomètre de la  veille, ça m'a drainé les jambes. Aujourd'hui (dimanche), je ne pensais  vraiment pas avoir d'aussi bonnes jambes. J'étais courbaturé quand je me suis  levé mais sur le home-trainer, mon muscle était chaud, je ne sentais plus mes  jambes. Après, c'est la tête qui prend le dessus."
   
Avez-vous eu un moment de doute ?
FP: "J'ai toujours été sûr de moi, je n'ai jamais douté. Dans la seconde  manche, Bötticher me paraissait moins frais qu'il aurait pu l'être puisqu'il  n'a fait que la vitesse individuelle. Il court très bien mais je savais comment  le battre tactiquement. Il fallait être patient, ne pas tout donner trop tôt.  Je me suis dit que s'il était à deux-trois vélos à la cloche (annonçant le  dernier tour) et si je courais comme pour un 200 m, il ne reviendrait jamais  dans la ligne opposée. J'avais fait un 10 sec 0 contre Dmitriev en demi-finale,  j'étais en pleine confiance.
   
Qu'avez-vous en tête pour les JO de Rio en 2016 ?
FP: "Aujourd'hui, je ne pense pas concrètement à Rio. Même si je place mes  billes à deux ans des JO. J'ai montré encore plus de quoi j'étais capable, être  performant au bout de quatre ou cinq jours de compétitions. Je prends  conscience de mes possibilités, je montre aux autres que je suis très fort et  que l'on peut compter sur moi dans l'optique des Jeux. Mais c'est dans deux  ans. Il peut se passer beaucoup de choses. Je ne fais pas de plans sur la  comète, vu ce que je me suis pris dans la gueule en 2012 (sa non-sélection pour  les JO de Londres)."
   
Comment s'explique votre progression ?
FP: "J'ai su me remettre en question. Quand je suis au Japon, je m'entraîne  vraiment tout seul, pour la route, la piste et la musculation. J'ai appris à me  connaître davantage. Mes entraîneurs pendant dix ans, Gérard Quintyn et Florian  Rousseau, m'ont donné les bases. Chaque année, je suis tout seul au Japon  pendant cinq mois. J'ai appris à savoir ce dont j'ai exactement besoin, je fais  beaucoup de (travail en) qualité. C'est un tout, les gros braquets, la remise  en cause et plein de petits trucs, mes chaussures moulées, la glycémie que je  prends avant les sprints pour savoir si je suis en hypo ou en hyper pour ne pas  faire de coups de fringale, mon échauffement... Et puis, je n'ai plus peur de  personne, j'ai démythifié. Je suis là pour faire du sport et me faire plaisir."
   
Que vous reste-t-il à conquérir ?
FP: "Il reste le titre de la vitesse par équipes. Et faire en sorte, avec  les collègues, que la France soit de nouveau championne du monde, qu'on gagne  aux JO, et la même chose en individuel. Rio, ça va arriver très vite !"

AFP