L'équipe de France de poursuite par équipes (Cali 2014)
L'équipe de France de poursuite par équipes aux Mondiaux de Cali en 2014 | LUIS ROBAYO / AFP

Mondiaux 2015 : L’art difficile de la poursuite par équipes

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Sur piste, il y a les épreuves courtes et les épreuves longues. A la frontière entre les deux se situe la poursuite par équipes. Symbole de la piste, cette discipline est réglée au millimètre près. Coup de projecteur à l'occasion des Mondiaux de cyclisme sur piste qui débutent aujourd'hui à Saint-Quentin en Yvelines.

Quand tout va bien, la poursuite par équipes est un moment de grâce. Quand tout va mal, elle peut se transformer en cauchemar pour ceux qui la disputent. Quatre kilomètres, et un train qui ne doit jamais dérailler et dévier le moins possible de sa trajectoire. Steven Henry, entraîneur de l'équipe de France de poursuite ne dit pas le contraire: "Le but dans la poursuite par équipes, c'est d'être précis" plante-t-il d'emblée devant le carré réservé aux Bleus.

La précision, maître-mot

Cette précision, c'est l'entraînement qui permet de l'obtenir. Des heures et des heures de travail pour se connaître sur le bout des doigts. Que les quatre coureurs ne forment plus qu'un. Et pour ce faire, nul besoin d'un leader qui écrase, ou emmène c'est selon, ses partenaires. "Il faut une équipe sensiblement du même niveau, des coureurs capables de rouler vite, longtemps, et à la même vitesse" raconte Steven Henry avant d'ajouter: "Ce n’est pas du tout utile d’avoir un coureur beaucoup plus fort que les autres". Car l'épreuve est avant tout, et c'est paradoxal pour un effort aussi violent, une histoire "d'économie" selon les propres termes de l'entraîneur.

Pas le droit à l'erreur

Longue de quatre kilomètres, la poursuite demande énormément aux muscles. En fin d'épreuve, ceux-ci brûlent mais il faut conserver la vitesse, entre 55 et 60 km/h. Comment s'économiser alors ? En étant précis, on y revient. "Le passage le plus délicat est la retombée dans la roue. Il faut le faire exactement à la bonne vitesse, sans quoi on va être en difficulté." analyse Steven Henry. Ce moment est sans doute aussi le plus impressionnant pour les non-initiés. Il est le plus important de la course: "Si on arrive en survitesse on va devoir ralentir avec les risques que cela comporte, si on n’arrive pas assez vite, on va devoir faire un effort supplémentaire" détaille l'entraîneur de l'équipe de France.

Cet effort-là, le coureur le paiera forcément. La poursuite par équipes au très haut niveau ne laisse pas de place à l'erreur. Les équipes de France, pas spécialistes de l'épreuve, tenteront de briller par leur précision et de faire briller, du même coup, leurs couleurs sur la magnifique piste de Saint-Quentin.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot

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