Peter Sagan
Peter Sagan. | DIRK WAEM / BELGA MAG / BELGA/AFP

Le rêve américain de Peter Sagan, nouveau champion du monde sur route

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Il faisait partie des favoris et n'a pas failli. Au terme d'une course spectaculaire, le Slovaque Peter Sagan est devenu champion du monde, en attaquant à 2.5 kilomètres de l'arrivée. Le premier Français, Tony Gallopin, termine septième.

Au terme d’un final plein de suspens et d'une ligne droite interminable, Peter Sagan s’impose devant Michael Matthews et Ramunas Navardauskas. Le coureur de la Tinkoff-Saxo remporte la plus belle victoire de sa carrière en devenant champion du monde. A l'arrivée, le maillot vert du dernier Tour de France a jeté son vélo, mais les nombreuses poignées de main de la part des autres coureurs  témoignent bien de la sympathie qu'il inspire au sein du peloton. Sur le podium, le Slovaque a à nouveau rendu hommage au film "Le Loup de Wall Street", en se tapant la poitrine. Fantasque, imprévisible, mais faisant toujours l'unanimité. 

Pour la plupart des sports, le championnat du monde est une finalité. L’objectif d’une saison, d’une carrière. Dans le cyclisme, un Mondial n’est qu’une étape dans une année, une parmi les classiques et les Grands Tours. Mais seul dans ce sport le champion du monde a le privilège et l’honneur de porter un maillot distinctif. L’arc-en-ciel, un graal dans une carrière, que courtisent chaque année les meilleurs coureurs mondiaux. Le circuit de Richmond n’était pas assez difficile pour permettre aux Valverde, Van Avermaet et compagnie d’opérer une réelle sélection. Néanmoins, le final de la course professionnelle a été spectaculaire. 

Une dernière heure de course haletante

Il y a d’abord eu cette échappée du héros local Taylor Phinney, Américain rescapé d’une terrible chute l’an dernier, et de retour au plus haut niveau. Puis cette tentative du champion du monde 2005, Tom Boonen, à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, accompagné du tenant du titre Michal Kwiatkowski, bien désireux de doubler la mise. Sans succès néanmoins. Qu'importe, Dumoulin, Nibali, Valverde pointent également le bout de leur nez, en tentant de secouer le peloton, et surtout d'éliminer les sprinteurs.

Comme pour les courses espoirs et dames, tout se joue dans les deux dernières difficultés. Stybar et Degenkolb lancent les hostilités, trop tôt néanmoins. Peter Sagan est dans les roues, et porte son attaque à 2.5 de l'arrivée. Il profite d'un faux-plat descendant pour creuser son avance, et se montre assez puissant pour résister au retour du peloton. Il est champion du monde. "Dans la course, j'ai attendu le plus possible. C'était dur dans les deux  derniers tours mais j'ai vu que la fatigue était générale. J'ai donné tout ce  que j'avais dans le final", a confié le Slovaque après sa course. Il remporte là son dixième succès de la saison, mais sans nul doute le plus beau.

Percuté par une moto le mois dernier

Sagan efface le mauvais souvenir d'une Vuelta qu'il avait dû quitter suite à une moto qui l'avait percuté à 60 km/h. Sagan, surnommé "Tourminator", sortait d'une année assez compliquée avec une campagne de classiques assez décevante et un Tour sans victoire d'étapes (mais avec un maillot vert). Son nombre de deuxième places (quinze au total) dans la saison était suffisamment grand pour qu'il soit raillé sur les réseaux sociaux à ce propos. Mais aidé par deux coéquipiers, Peter Sagan a su prendre ses responsabilités, et aller décrocher le maillot qui faisait tant rêver. L'arc-en-ciel est pour lui. "C'est ma plus grande victoire. J'ai fait beaucoup de sacrifices ces trois  dernières semaines, après mon abandon de la Vuelta. Je suis très heureux", a-t-il déclaré après la course, avouant également avoir une pensée pour les migrants actuellement en difficulté  en Europe. Le premier Français, Tony Gallopin, est septième. 

Pour revoir la victoire de Sagan