Sacré champion du monde à Imola, Julian Alaphilippe met fin à 23 années de disette française

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Julian Alaphilippe
Julian Alaphilippe exulte avant l'arc-en-ciel. | AFP

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Parti dans la dernière ascension après avoir agi dans l'ombre, Julian Alaphilippe a été sacré champion du monde de cyclisme sur route ce dimanche à Imola. Le Français de la Deceuninck-Quick Step succède à Laurent Brochard, dernier Tricolore à avoir réussi cet exploit, en 1997. Wout van Aert (Belgique) et Marc Hirschi (Suisse) complètent le podium.

"Non, je ne joue pas le classement général du Tour de France", avait-il insisté à maintes reprises. Julian Alaphilippe avait une autre idée en tête pour le mois de septembre. Et comme souvent, quand il annonce la couleur, le Français ne se manque pas. A 28 ans, le puncheur de la Deceuninck-Quick Step est devenu champion du monde de cyclisme sur route sur le tracé d'Imola ce dimanche après une attaque décisive dans la dernière ascension de la Cima Gallisterna (2,3km à 7,3%). 

A la hauteur de Hinault et Bobet

Maudit à Bergen en 2017, quand il avait été repris avant la flamme rouge, Alaphilippe a réussi à tenir à distance un groupe de cinq costauds dans les dix derniers kilomètres de la course. Ni Marc Hirschi (Suisse), ni Primoz Roglic (Slovénie), ni Wout van Aert (Belgique), ni Michal Kwiatkowski (Pologne), ni Jakob Fuglsang (Danemark) n'ont réussi à combler 15 secondes sur le circuit automobile Ferrari.

"C'était le rêve de ma carrière. Parfois, j'étais si proche mais je n'avais jamais réussi à monter sur le podium", a réagi le champion du monde 2020, trop ému pour s'épancher véritablement sur son exploit. Sûrement le plus bel accomplissement de sa carrière, lui qui avait déjà levé les bras sur Milan-San Remo, sur les Strade Bianche, sur la Flèche Wallonne et à 5 reprises sur le Tour de France. 

Romain Bardet était passé tout proche il y a deux ans, en terminant 2e derrière Alejandro Valverde à Innsbruck. Anthony Geslin, 3e en 2005, et Jean-Cyril Robin, 3e en 1999, avaient eux aussi goûté à la saveur d'un podium des championnats du monde sur route. Après 23 années de disette, débutée après le sacre de Laurent Brochard en 1997, la France tient le 9e champion du monde de son histoire.

Un sacre collectif et maîtrisé

Alors que la course devait initialement se tenir à Martigny en Suisse, sur un tracé plus montagneux, plus propice à des coureurs comme Thibaut Pinot ou Romain Bardet. Julian Alaphilippe a su saisir sa chance sans l'aide de ces deux derniers, blessés, mais avec celle d'équipiers dévoués, qui l'ont aidé à bâtir son titre. Quentin Pacher et Nans Peters ont notamment lancé la course à 71 km en augmentant le rythme pour mettre fin à l'échappée matinale.

Le Tricolore aura également pu compter sur le soutien de Valentin Madouas, Rudy Molard et surtout de Guillaume Martin dans le dernier tour. Le Normand de la formation Cofidis, meilleur français au classement général du Tour de France cette année (12e), a su contrôler les attaques des costauds dans la Mazzolano et dans la Cima Gallisterna, puis d'imprimer le rythme dans les temps de tergiversation.

De son côté, Alaphilippe a évité de fournir le moindre effort superflu, sachant le niveau et la densité de ses adversaires du jour. Il a par exemple été aperçu en dernière position du peloton au moment d'aborder le dernier tour, quand les Belges s'employaient depuis plusieurs dizaines de kilomètres pour revenir sur Tadej Pogacar (Slovénie). Et c'est avec le sang encore très froid que le Français a su attendre pour porter l'attaque décisive le plus tard possible dans la Cima Gallisterna.

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