Des espoirs ardennais au sacre mondial : l'ascension de Julian Alaphilippe en cinq dates clés

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Julian Alaphilippe

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Sacré champion du monde de cyclisme sur route à Imola ce dimanche, Julian Alaphilippe a avoué avoir réalisé “le rêve de sa carrière”. A 28 ans, le coureur français est sur le toit du monde, cinq ans après avoir noué ses premières promesses au plus haut niveau. Retour sur les caps franchis par le puncheur en 5 dates clés.

♦ 22 avril 2015 : la première flèche est décochée

Après une première saison en World Tour prometteuse sous les couleurs d’Omega Pharma, Julian Alaphilippe fait ses débuts sur les classiques ardennaises. Son profil de puncheur annonce de probables belles années, mais il est censé venir épauler le Polonais Michal Kwiatkowski, son coéquipier champion du monde en titre. Ce dernier remporte d’ailleurs l’Amstel Gold Race le 19 avril 2015, quand le Français termine à une très prometteuse 7e place pour sa première expérience sur ce terrain.

Trois jours plus tard, le 22 avril, il se montre plus fort que Kwiatkowski dans les dernières pentes de la Flèche Wallonne, où seul le terrible maître des lieux, Alejandro Valverde, réussit à le battre. Tout juste lancé à 23 ans au milieu des meilleurs puncheurs, Alaphilippe n’a pas peur. Au contraire, il ne veut pas attendre pour briller.

♦ 24 septembre 2017 : la rancœur de Bergen

Alors qu’il a multiplié les places d’honneur sur les classiques ardennaises et déjà commencé à montrer de belles dispositions en montagne sur les tours d’une semaine, Julian Alaphilippe n’a pas encore réussi à lever les bras sur les courses d’un jour. Il est pourtant passé tout près d’une médaille aux Jeux olympiques de Rio, qu’il termine à la 4e place, battu après une chute dans le final.

Le 24 septembre 2017, il est encore le chef de file des Bleus, mais cette fois aux championnats du monde sur route de Bergen, en Norvège. Au moment où la course s’emballe, le Français prend des longueurs d’avance avant que le signal télé reste figé. Lorsque l’image redémarre, personne ne sait où il se trouve. Victime d’une panne de jambes, il a en fait été repris dans un final qui s’est joué sans lui. De ce jour, Alaphilippe a nourri des regrets presque aussi forts que ceux de Rio.

♦ 18 avril 2018 : dans la cour des grands

Trois ans après avoir provoqué Alejandro Valverde sur son terrain, Alaphilippe n’a toujours pas réussi à vaincre l’Espagnol dans le Mur de Huy. Pire, il est tellement régulièrement battu que “Bala” commence à devenir une bête noire en Belgique que ce soit sur Liège-Bastogne-Liège ou sur la Flèche Wallonne. Mais le 18 avril 2018, le Français passe un cap.

Il terrasse Valverde dans les derniers mètres du Mur de Huy, là où l’Espagnol avait l’habitude de toiser tous ses adversaires, et a l’audace de lui coller 4 secondes sur la ligne d’arrivée. Le blocage est levé. Julian Alaphilippe n’est plus seulement un outsider, mais bien un cador dans les Ardennes. Maintenant qu’il les a conquises, pourquoi ne pas voir plus loin ?

♦ 23 mars 2019 : monumental

La Flèche Wallonne dans la poche, Alaphilippe a poursuivi sa moisson sur d’autres terrains en 2018, notamment sur la Clasica San Sebastian et sur le Tour de France. Et à l’heure de commencer 2019, il a frappé un grand coup sur les Strade Bianche. Le Français semble si fort qu’il est considéré parmi les grands favoris pour Milan-San Remo, une classique souvent désignée comme celle des sprinteurs.

Le 23 mars 2019, il fait parler son punch dans le Poggio pour mettre dans le rouge tous ses adversaires. Accompagné par quelques costauds dont Peter Sagan et Wout van Aert, Julian Alaphilippe ne fait preuve d’aucun complexe et règle le groupe au sprint pour s’offrir son premier monument : la plus belle victoire de sa carrière à ce moment.

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♦ 8 juillet 2019 : le jaune des jours heureux

Après des débuts en fanfare en 2019, ponctués par une place de n°1 mondial, Julian Alaphilippe participe à son troisième Tour de France. Déjà vainqueur de 2 étapes et du maillot à pois un an plus tôt, il ne compte pas s’arrêter là. Dès la troisième étape du Tour, le 8 juillet 2019, il s’impose en solitaire à Epernay et s’empare du maillot jaune. Un maillot qu’il gardera d’ailleurs pendant 14 jours, lui qui venait de mettre fin à 5 années de disette pour les Français.

Un peu plus d’an plus tard, c’est une autre malédiction qu’est venu rompre Alaphilippe, celle du maillot arc-en-ciel, en devant champion du monde à Imola, 23 ans après Laurent Brochard. De quoi enrichir un palmarès déjà très conséquent à seulement 28 ans.

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