Grégory Baugé
Grégory Baugé | AFP

Cyclisme sur piste - Mondiaux 2019 : la vitesse par équipes, une tradition française à faire respecter

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Les championnats du monde de cyclisme sur piste débutent à Pruszkow en Pologne. Grégory Baugé, Sébastien Vigier, Michaël D'Almeida et Quentin Lafargue défendront les chances françaises en vitesse par équipes. Les Bleus restent sur deux médailles de bronze aux Mondiaux, alors que la compétition est de plus en plus élevée derrière la domination néerlandaise.

A un an et demi des Jeux olympiques de Tokyo, l'équipe de France de cyclisme sur piste débute ses championnats du monde à Pruszkow, en Pologne, avec la vitesse par équipe. Médaillés de bronze l'an dernier avec le trio François Pervis, Sébastien Vigier et Quentin Lafargue, avec Michaël D'Almeida sur le premier tour, les Bleus visent un nouveau podium cette année, malgré l'ultra-domination néerlandaise. Avec forcément les Jeux dans un coin de la tête.

Objectif podium

Ils n’ont pas peur de l’affirmer, comme Michaël D’Almeida : "On est l'équipe de France donc, en toute logique et sans prétention, on doit viser un podium en vitesse par équipes. Ce serait un manque d'ambition, en tout cas pour moi, de viser autre chose qu'une médaille." "C'est une tradition, ça fait longtemps que la France n'a pas eu de titre", souligne de son côté Sébastien Vigier. Le dernier succès tricolore remonte à 2015, lors des Mondiaux de Saint-Quentin-en-Yvelines, avec le trio Grégory Baugé, Michaël d’Almeida et Kevin Sireau. Depuis, une quatrième place en 2016 et deux médailles de bronze. "Je suis réaliste en disant que j'ambitionne un podium, parce que j'ai confiance en mes coéquipiers. On a très bien travaillé, la prépa s'est très bien déroulée, argumente Quentin Lafargue. On est quatre pour aller chercher une médaille."

Un plateau de plus en plus relevé

S’ils sont ambitieux, les Bleus ont aussi parfaitement conscience du niveau à atteindre. "La densité est vraiment impressionnante, souligne Sébastien Vigier. Je pense qu’il n’y a jamais eu ça dans ce sport auparavant donc il va falloir se battre, ne serait-ce que pour avoir une médaille. "Je ne sais pas où ça va s'arrêter, mais ça va très très vite, de plus en plus vite, abonde Grégory Baugé. Chaque année, j’ai l’impression que ça augmente.En 2015, les Bleus avaient été sacrés en 43 secondes et 136 millièmes, profitant d’un mauvais passage de relais des Néo-Zélandais, synonyme de disqualification. Pour leur titre précédent, en 2009, ils avaient devancé les Britanniques en 43 secondes et 510 millièmes. Un chrono plus élevé que celui leur ayant permis d'obtenir le bronze l’an dernier (43s 373).

Et les Pays-Bas sont descendus à 42 secondes et 727 millièmes, le record des Mondiaux, pour prendre l’or. "Pour être sur la boîte, il faudra descendre en-dessous de 43 secondes" pronostique Vigier. "Le chrono en soi, ce n'est pas quelque chose sur lequel je m’arrête, relativise D’Almeida. Ce qui est important, c’est d’être ce jour-là meilleur que ses adversaires." Les Néerlandais seront encore les grands favoris, devant les Néo-Zélandais, après leur razzia en Coupe du Monde. Quatre succès en quatre étapes disputées (sur six). Et en descendant à chaque fois sous les 43 secondes, et sous le record de France (42 secondes 991 lors des Jeux olympiques 2012). "Ce serait très beau" sourit Baugé, loin d’être intimidé par la barre à franchir.

Une équipe en partie remodelée

Les Tricolores n’ont pas fait mieux que 43 secondes 108 cette saison, lors du premier tour de l’étape de Saint-Quentin-en-Yvelines où ils ont décroché l’argent en octobre. La reconstruction partielle du relais l’été dernier a joué. La reconversion de François Pervis en démarreur n’a pas pris, malgré la médaille de bronze mondiale. Les chronos ont stagné, voire régressé et il a finalement été écarté du groupe France. Grégory Baugé a alors fait son retour en premier relais après une coupure post-Jeux de Rio. "J'ai toujours démarré pour l'équipe de France sur des championnats du monde, donc c'est un rôle que je connais, explique le trentenaire. On a changé quelques petites choses, sur la musculation, sur l'approche pour que je puisse être capable de démarrer au mieux."

Derrière lui, Sébastien Vigier et Michaël D’Almeida se partagent les deux derniers tours. "La hiérarchie se fait par des chronos, explique D’Almeida. Des chronos individuels mais aussi par des chronos collectifs. Je ramène toujours ma performance au résultat chronométrique de l'équipe. C’est ça le juge de paix. Faire un excellent chrono quand une équipe va un peu moins vite, il faut mesurer." Et ce dernier tient la corde pour le rôle de finisseur, après une plusieurs années compliquées. "L'année dernière c'était quand même assez exceptionnel que j'ai un niveau me permettant d'intégrer l'équipe de France sur les championnats du monde, souligne-t-il en référence à ses quatre petits mois de préparation avant le mondial à cause d'un conflit avec la fédération. Cette année, j'ai retrouvé mes repères en faisant une saison vraiment complète, en participant aux championnats d'Europe, de France puis à des manches de Coupe du monde. Je me retrouve enfin.

"De l'affinage, de l'affûtage"

Une nouvelle configuration avec des automatismes à trouver ou retrouver. "J'ai déjà fait pas mal de vitesse par équipes avec Greg, explique Vigier. Je commence à avoir l'habitude, à savoir comment utiliser ses qualités pour m'en servir pour mon deuxième tour. C’est complètement différent de Benjamin Edelin qu’on avait avant, donc il a fallu un temps d’adaptation." Pour D’Almeida, "les axes de travail sont déjà faits, ce n’est que de l’affinage, de l’affûtage aujourd’hui. Le travail accompli, au moins durant l'hiver, a été amplement fait et très bien mené." Des réglages qui peuvent s’avérer décisif dans la course au podium. "On peut toujours travailler, on apprend même lors d'une compétition, entre des manches, explique D’Almeida. "A Saint-Quentin entre la qualif’ et le premier tour, quand on est descendu du vélo avec Greg, Seb’ et les entraîneurs, on a regardé la vidéo, on a discuté. Ça a duré une minute, on s'est dit trois, quatre mots. On les a appliqués au tour suivant, le chrono est descendu immédiatement. Ce n’est pas nos jambes qui se sont améliorées, c'est juste de discuter sur quels points on peut améliorer, peut-être pas pour soi, mais pour celui qui est derrière."

Quentin Lafargue complète le quatuor vitesse par équipe en tant que 4e homme, lors des qualifications ou en cas de méforme. "On a la possibilité d'être quatre au départ d'un championnat du monde, donc autant en profiter, souligne-t-il. Mon objectif c'est d'apporter tout ce que je peux apporter à l'équipe et essayer d'être le meilleur possible." Ensemble, ils ont signé une troisième place à Cambridge (Nouvelle-Zélande) mi-janvier, lors de l'avant-dernière étape de Coupe du monde. Du côté des femmes, le duo Mathilde Gros et Sandie Clair tenteront d'accéder au dernier carré, même si les chances de médailles se trouvent sans doute plus du côté des courses individuelles. 

Le programme des Mondiaux de cyclisme sur piste (à partir de 18h sur france.tv sport)

  • Vitesse par équipes hommes (D'Almeida, Lafargue, Vigier, Baugé) et femmes (Gros, Clair) - premier tour et finale
  • Scratch féminin (Laurie Berthon) - finale
  • Poursuite par équipes hommes (Bryan Coquard, Aurélien Costeplane, Florian Maitre, Benjamin Thomas, Valentin Tabellion) - qualifications