Juliette Labous
Juliette Labous, vice-championne de France de contre-la-montre en 2018. | MaxPPP

Meilleure jeune du Giro, Juliette Labous confie être "dans la meilleure forme de sa carrière"

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Vice-championne de France sur route et en contre-la-montre l'an dernier, Juliette Labous a bouclé le Giro dimanche avec le maillot blanc sur les épaules. Au terme des dix étapes du Tour d'Italie, la coureuse de la Sunweb a terminé à la 11e place, à 9'51 de l'intouchable Annemiek van Vleuten. À 20 ans, celle qui a porté les couleurs du club de Morteau nourrit de belles promesses. Elle confie être dans la "meilleure forme de sa carrière".

Septième temps sur le chrono par équipes avec la Sunweb, Juliette Labous a débuté le Giro par une déception. Complètement désorganisé par la chaleur, le train de son équipe s'est rapidement retrouvé à quatre, avec une coureuse en souffrance en queue de groupe. Dix jours plus tard, un jour de fête nationale, l'ex-vice championne de France parade à Udine avec le maillot blanc sur les épaules.

Un maillot qu'elle est allée chercher dès la deuxième étape et qu'elle n'a jamais lâché, que ce soit sur le plat ou en montagne. Impressionnante sur le contre-la-montre individuel, qu'elle a bouclé à la 5e place, au milieu du gratin, elle a également joué le rôle de lieutenant pour Lucinda Brand, 6e du classement final. La coureuse de 20 ans revient pour France tv sport sur une performance qui figure parmi les plus grandes satisfactions de sa jeune carrière.

Que retenez-vous de ce Tour d'Italie ?

Juliette Labous : Une grosse satisfaction bien sûr. Si on m’avait dit que j'allais faire ça avant le départ du Giro, j’aurais signé de suite. Je suis vraiment très contente et probablement dans la meilleure forme de ma carrière jusque-là. C’était super et j’ai pu aider ma leader (Lucinda Brand) au maximum. Ça s’est vraiment bien passé sur les dix jours.

Quel était l'objectif initial ?

JL : J’avais vraiment fixé le maillot blanc comme objectif principal. La priorité de l’équipe c’était le classement général avec Lucinda Brand. J’ai essayé de ne pas trop me mettre d’objectifs personnels pour jouer mon rôle de lieutenant. 

Avez-vous le sentiment d’avoir franchi un cap ?

JL : Il ne faut pas brûler les étapes, mais c’est sûr que tout se passe vraiment bien. C’est toujours progressif au niveau de ma préparation et de mon calendrier. Les sensations que j’ai eues sont sûrement les meilleures de ma carrière jusqu’à aujourd’hui. Disons que j’ai franchi un cap mentalement. 

Dans la montagne surtout ?

JL : Je m’accroche plus facilement en montagne et j’ai bien récupéré. Tous les jours, je me suis rendue compte que je pouvais me battre avec les meilleures. Avant, il m’arrivait d’avoir du mal à surmonter les moments de faiblesse. Là, j’ai vu que même si j’avais un jour sans, j’étais capable de m’accrocher et de me dire que ce n’était pas grave. 

Pourtant sur les championnats de France, qui précédaient ce Giro, vous aviez fait moins bien que l’an passé.

JL : Sur le chrono j’étais déçue. Il faisait très chaud. C’était vraiment pas évident. Après analyse, je sortais d’une grosse préparation pour le Giro. Mon entraîneur ne me le disait pas, mais je pense que c’était ça passe ou ça casse. Ce n'est pas passé, mais c’est passé pour le Giro, donc je n’ai pas de regrets.

Votre performance est relativement restée dans l'ombre...

JL : C’est dommage parce que le Tour d'Italie est une course à prendre en exemple. On aimerait bien qu’il y ait ça en France aussi. Ce serait quelque chose de grand d’avoir un Tour de France chez les femmes, même s’il ne dure que trois ou quatre jours. 

Et maintenant quel est le programme, vous allez pouvoir vous octroyer des vacances ?

JL : Pas tout de suite. D’abord, il y a la "Course by le Tour" (le 19 juillet). L’année dernière, j’étais un peu fatiguée après le Giro (37e place). Là, je ne sais pas encore ce que l’équipe a décidé de faire. On n’a pas encore eu l’occasion de discuter des rôles. Mais normalement on cherchera à faire une course offensive. Le parcours nous convient mieux que les années précédentes.

Vous êtes partie très jeune à l’étranger chez la Sunweb, ce n’est pas un itinéraire commun...

JL : Oui, c’est sûr. On n’est pas beaucoup à l’avoir fait. On m’a toujours rassurée. J’avais déjà fait des stages avec eux quand j’étais en juniors. Je savais où j’allais, je n’allais pas dans l’inconnue totale. La mentalité étrangère m’a beaucoup apporté.

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Vous bénéficiez de la même structure que celle des Tom Dumoulin et Michael Matthews ?

JL : La structure mise en place est à peu près similaire à celle des garçons, avec un peu moins de moyens bien sûr. Mais, au niveau du staff, du matériel, la structure est la même. C’est vraiment quelque chose d’énorme et de plus en plus d’équipes commencent à le faire.

Et au niveau de la rémunération, comment ça se passe ?

JL : Je suis rémunérée avec un salaire fixe par l’équipe et je suis encore à l’armée de terre, ça me permet de bénéficier du statut de sportive de haut niveau. Je ne sais pas comment ça va se passer avec les nouveaux contrats UCI qui imposeront un salaire minimum l’année prochaine.


Juliette Labous est née le 4 novembre 1998 dans la région de Besançon. Après huit années au club de Morteau Montbenoit (2008-2016), elle a rejoint la Sunweb, une des équipes majeures au niveau UCI. Après des titres nationaux chez les juniors (sur route, chrono et cyclocross), elle a été double vice-championne de France (chrono, route) en 2018. Du haut de ses 20 ans, elle vient de boucler le Giro à la 11e place avec le maillot blanc.