L'UCI demande le retrait de la licence d'Astana

L'UCI demande le retrait de la licence d'Astana

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L'Union cycliste internationale (UCI) a demandé que la licence de l'équipe Astana lui soit retirée. Cette décision à l'encontre de la formation de Vincenzo Nibali, vainqueur du Tour de France 2014, intervient suite à plusieurs cas de dopage au sein de la structure kazakh, et à un audit qui avait été diligentée par l'UCI. En décembre dernier, Astana avait reçu "sous réserve" sa licence World Tour (qui ouvre les portes des grandes courses) pour participer à cette saison.

La décision va faire du bruit. En demandant à la Commission des licences de retirer à Astana sa licence World Tour, l'UCI a frappé fort. Voici deux jours, dans une interview dans L'Equipe, Brian Cookson, le président de l'UCI avait affirmé que "les équipes, les sponsors, les coureurs doivent comprendre qu'ils ont tous des responsabilités" concernant les affaires de dopage. "Après un examen minutieux de ce rapport détaillé, l'UCI est convaincue que  son contenu justifie amplement le fait de porter le cas devant la commission  des licences et de demander que la licence d'Astana lui soit retirée", a  indiqué l'UCI dans un communiqué. Voici un premier grand signe fort. En faisant cette demande, l'instance internationale s'en prend à l'équipe du vainqueur du Tour de France 2014, du Giro 2013 et de la Vuelta 2010, Vincenzo Nibali. Si la Commission des licences devait donner une réponse favorable à cette demande, Astana ne pourrait plus disputer les grandes épreuves cyclistes, dont le Tour de France.

La formation d'Alexandre Vinokourov payerait ainsi les nombreux cas de dopage de ces dernières années découverts dans ses troupes. En septembre dernier, Valentin Iglinskiy était contrôlé positif à l'EPO. Il a été suspendu quatre ans. En octobre, on apprend le contrôle positif de son frère Maxim, lors de la Clasica San Sebastian en août. Toujours en octobre, c'est Ilya Davidenok qui est pris aux stéroïdes anabolisants alors qu'il fait partie des stagiaires de l'équipe kazakhe. Egalement membre de l'équipe espoirs, Viktor Okishev tombe à son tour pour les stéroïdes anabolisants lors d'un contrôle fin mai. Et un troisième coureur espoirs est pris en août: Artur Fedoseyev, pour une officialisation en novembre. Du coup,à la fin de ce mois, Vinokourov annonce la suspension de l'équipe Espoirs.

Michele Ferrari en arrière plan ?

En plus, et pour ne rien arranger, l'affaire dite de "Padoue" pourrait aussi jouer en défaveur de cette équipe. Cette enquête, menée par la justice italienne autour du préparateur physique Michele Ferrari, suspendu à vie par l'Agence américaine antidopage pour avoir aidé Lance Arsmtrsong à se doper, pourrait faire état de liens entre des membres d'Astana et l'Italien. "Les autorités italiennes ont remis à l'UCI les parties du rapport de  l'enquête de Padoue qu'elles étaient autorisées à lui divulguer", a annoncé  l'UCI, qui attendait la transmission de ces éléments par la justice italienne  pour se saisir de l'affaire de Padoue. "Comme certains éléments concernent des membres d'Astana Pro Team, le  dossier a été transmis à la commission des licences", a ajouté l'UCI.

Il faut dire que le nouveau code mondial antidopage fait passer le cas de dopage d'une responsabilité individuelle à une responsabilité collective (sanction de l'équipe en cas de deux cas de dopage en douze mois). Avec ces nouvelles règles, Astana aurait donc été sanctionnée sans nul doute. C'est finalement grâce à un audit qu'elle pourrait subir la foudre des instances. Et cela pourrait rebattre les cartes du peloton mondial pour la saison puisque, outre Nibali, l'équipe possède les Néerlandais Lars Boom et Lieuwe Westra, le Danois Jakob Fuglsang, l'Estonien Rein Taaramae, l'Italien Scarponi ou encore l'Espagnol Luis Leon Sanchez. 

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze