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Paolini | AFP

Luca Paolini avoue avoir été accro aux somnifères et avoir pris de la cocaïne

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Exclu du Tour de France au soir de la quatrième étape avoir un contrôle positif à la cocaïne, Luca Paolini est revenu, auprès de la Gazzetta dello Sport, sur les mois qui ont précédé le contrôle et qui l'ont poussé à prendre de la cocaïne, en juin. Le cycliste italien de 38 ans a aussi avoué avoir été dépendant aux somnifères. Une situation qui a conduit à son contrôle positif sur la Grande Boucle.

"Tout a commencé avec les somnifères, dont le principal atout est la benzodiazépine. Mais cela crée une sacrée dépendance. Il me fallait une bonne nuit de repos pour répondre à l'effort physique et mental du lendemain. J'ai commencé en 2004 quand mon frère est mort", a avoué Paolini vainqueur cette saison de Gand-Wevelgem. "Le vrai problème, c'est la vie de tous les jours. Il y a des gros problèmes et des plus petits, mais tout cela ajoute à ce sport très stressant. Mentalement, ça vous affecte beaucoup. C'est à ce moment là qu'on entre dans la consommation de substances, et c'est triste. Ces erreurs m'ont mené à la cocaïne. J'assume l'entière responsabilité et je dois pas chercher d'excuses. Mais je vous raconte cette histoire pour que les gens ne répètent pas les mêmes erreurs", a-t-il poursuivi.

"Le stress de ce sport"

Sans chercher d'excuses, Luca Paolini, qui se décrit comme "un mari, un père et un sportif de premier plan", explique son geste par un sport qui demande toujours plus à ses champions. "Je ne m'arrêtais jamais de courir. En selle dès les courses de janvier, les Classiques, le Giro, le Tour. Tout cela m'a finalement déstabilisé. Le stress de ce sport, du calendrier, des erreurs, des responsabilités. Je pensais qu'un médicament pouvait vous faire mieux dormir et bien repartir le lendemain".

Dans son récit, l'Italien explique les effets qu'il ressentait après avoir pris des somnifères: "Dans la matinée, je me réveillais et c'était super. [...] Cela altère l'humeur, le rythme du sommeil et de l'éveil, et quand vous arrêtez d'en prendre, c'est la dépression. C'est addictif". Paolini a tenté d'arrêter mais sans succès. "Et puis arrive la cocaïne. Pour moi, c'était inévitable. Je l'ai fait presque sans en avoir conscience. J'étais seul ce soir-là, je me trouvais seul pendant les deux semaines de stage dans les montagnes, à la mi-Juin, avant le Tour, quand j'ai pris de la cocaïne."

"J'étais un esclave"

Vainqueur de Gand-Wevelgem cette année mais aussi d'une étape du Giro et une de la Vuelta dans sa carrière, Luca Paolini regrette d'avoir "trahi une génération" et ne sait pas s'il aura "la chance de remettre un dossard sur le dos". Débarrassé de son addiction, le champion est sur la voie de la rédemption et espère que son exemple servira à d'autres. "J'ai pris un moment pour m'écouter, et cet épisode a été une belle parenthèse ma vie, ma victoire la plus importante. Je ne le pensais pas quand j'y suis allé. J'étais un esclave, mais j'ai été en mesure de me réconcilier avec moi-même".