Armée de Terre cyclisme
L'effectif 2016 de l'Armée de Terre. | MATHILDE L'AZOU

Les soldats de l’Armée de Terre retrouvent les pelotons pros

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Il est l’heure pour les coureurs de l’équipe cycliste de l’Armée de Terre de troquer parachutes et uniformes pour cuissards et vélos. Pour sa deuxième année dans les rangs professionnels, l’équipe de David Lima Da Costa s’apprête à prendre le départ de la Marseillaise, première course du calendrier français. La conclusion d’une semaine toujours importante pour ceux qui sont avant tout des militaires.

Jeudi midi, caserne de Saint-Germain en Laye. Les coureurs de l’Armée de Terre sont au réfectoire. Pas de cuissard ni de maillot, mais l’uniforme adéquat. Ça parle de l’état des chambres de la caserne. Du salut militaire qu’il faudra faire le soir même, à l’occasion de la présentation officielle de l’équipe… mais aussi, forcément, de ce début de saison qui approche à grands pas. A table, il y a Yanis Yssaad, tout nouveau dans l’équipe et dans l’Armée, qui a dû sacrifier sa coupe de cheveux. On retrouve également le champion de France amateur de chrono Thomas Rostollan, lui aussi nouvel arrivé au sein d’une formation qui existe depuis 2011. Romain Le Roux est lui aussi présent. Le jeune homme, parachutiste, avait été victime d’une terrible chute en août dernier lors du Tour d’Alsace. Tombé dans un ravin, ce Breton s’en était tiré avec treize fractures : quatre vertèbres, cinq du poignet droit, trois aux côtes et une de l’omoplate, sans oublier une luxation de la hanche. Le voilà prêt à accrocher de nouveau un dossard sur son maillot.

Au service course, uniformes militaires et coupes cyclistes sont mêlés.
Au service course, uniformes militaires et coupes cyclistes sont mêlés.

Au service course, les mécanos préparent les derniers vélos, quand l’adjudant David Lima Da Costa accroche ses médailles à son uniforme. Après une pause photo devant le château de Versailles, la joyeuse troupe se dirige vers l’école militaire, en plein cœur de Paris. Un cadre plutôt prestigieux, pour une cérémonie où le ministre actuel de la Défense Jean-Yves Le Drian est attendu. Vêtus de leurs nouveaux maillots, les 18 coureurs de l’Armée de Terre repèrent les lieux. Certains répètent le salut qu’ils devront effectuer devant le ministre et le Général De Villiers, Chef d'Etat Major des Armées. Avant d’être des sportifs, tous sont désormais des soldats. 

Après les classes, les courses

Il est 18h, et l’amphithéâtre Foch fait salle comble. Tour à tour, les coureurs montent sur leur estrade, et sont présentés face au ministre, qui avouera dans la soirée que cette formation est son "équipe de cœur, avec Fortuneo-Vital Concept".  Les champions du monde sur piste Kévin Sireau, Michaël d'Almeida et François Pervis sont également présents, faisant eux-aussi partie de l’Armée de Terre. Pour eux, la saison n’a pas d’autre objectif que Rio. Du côté de l’équipe sur route, le but est bien entendu de continuer sur la lancée de l’année passée. C’est ce que confirme David Lima Da Costa : "L’équipe est plus forte sur le papier. On va essayer de gagner plus de courses". Pour cela, ils seront à nouveau épaulés par Jimmy Casper, ancien sprinteur, vainqueur d'une étape du Tour de France.

Après un hiver studieux passé à la caserne à faire leurs classes, les coureurs de l’Armée de Terre sont prêts pour reprendre le chemin des courses. Direction le Sud et la caserne militaire de Brignoles. Dimanche, c’est le Grand Prix La Marseillaise. La première course professionnelle du calendrier français. Le début officiel d’une saison où les soldats de l’Armée devraient être moins discrets que leurs tenues de camouflage.