Contador Alberto remonte le col TDF
Alberto Contador | AFP - Joël Saget

Les liaisons dangereuses de Contador

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Alberto Contador, suspendu à titre provisoire par l'UCI qui soupçonne le Madrilène d'avoir eu recours à un produit interdit (le clenbutérol) lors du dernier Tour de France, est désormais en pleine tourmente. S'il a toujours suscité quelques doutes, notamment en raison de ses accointances suspectes avec des noms douteux du cyclisme, l'Espagnol était jusque-là passé au travers des mailles des contrôles anti-dopage. Ce n'est plus le cas.

En 2006, Contador est menacé d'être emporté par la tourmente de l'affaire  Puerto, qui balaye Manolo Saiz. Dans un premier temps, son nom est cité, ce qui  contribue à interdire à l'équipe Astana première mouture de participer du Tour  2006 (faute d'un nombre suffisant de coureurs). Puis son nom est retiré du  dossier. Brièvement auditionné par le juge Serrano en charge de l'enquête, il est  finalement disculpé. Au point que, recruté par l'équipe Discovery Channel  (l'ancienne formation de Lance Armstrong), il peut s'aligner l'année suivante  dans le Tour de France dont le responsable de l'époque, Patrice Clerc, a décidé  d'interdire l'accès à tous les "puertistes". Contador, le seul à approcher en montagne les performances du grimpeur  danois Michael Rasmussen, bénéficie pour finir de l'éviction de son rival,  suspecté d'avoir menti sur sa localisation pour échapper à des contrôles. Il  gagne son premier Tour à l'âge de 24 ans.

 L'année suivante, son équipe Astana étant privée de Grande Boucle, il se  console avec le Giro et la Vuelta, les deux autres grands tours nationaux. Le  grimpeur le plus impressionnant du peloton, doté d'un démarrage fulgurant, est  devenu l'incontestable numéro un des courses par étapes. En 2009, Contador doit cohabiter avec Lance Armstrong, de retour dans le  peloton. Mais, sans jamais montrer de faiblesse mentale ni physique, il sort  vainqueur du duel. Hormis ses performances du Tour 2009, à Verbier (Suisse) où il avait  provoqué des interrogations notamment de la part de l'ancien champion Greg  LeMond, puis dans le contre-la-montre d'Annecy, Contador ne suscitait plus guère  de polémique enflammée. Sa régularité au plus haut niveau au long de la saison, la progression  cohérente de son parcours en 2010 et surtout sa gestion de la course, toute de  prudence, avaient fini par rassurer sur ce plan. D'autant que sa difficulté à  devancer son rival, le Luxembourgeois Andy Schleck, avait redonné au Tour 2010  un visage humain.

Des noms sulfureux...

Sauf que... le clair-obscur a continué à accompagner Contador, lequel  accorde sa confiance à un cercle très restreint. Son entraîneur, Pepe Marti,  avec lequel il travaillerait depuis 2007, a été accusé dernièrement par Floyd  Landis, le premier vainqueur du Tour à perdre sa victoire pour dopage (2006).  L'Américain aurait déclaré aux enquêteurs américains avoir acheté de l'hormone  de croissance auprès de Marti, à l'époque entraîneur de l'équipe US Postal. Durant sa carrière, Contador a cotoyé des responsables d'équipes plus ou  moins controversés à travers leurs coureurs vedettes. Ses directeurs sportifs ?  Manolo Saiz (jusqu'en 2006), Johann Bruyneel (2007 à 2009) si proche de Lance  Armstrong, Giuseppe Martinelli (2010) qui fut le mentor de Marco Pantani. Pour la suite, le Madrilène a décidé de rejoindre l'équipe de Bjarne Riis,  le Danois vainqueur du Tour 1996 dont les aveux de dopage ont été couverts par  la prescription.

Julien Lamotte