Le vélo à assistance électrique, la petite reine du 11 mai ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Xavier Richard
Le vélo à assistance électrique
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Il n’a pas attendu le Covid-19 pour s’implanter sur le bitume hexagonal. Avec 388 000 unités vendues en 2019, le VAE, vélo à assistance électrique, occupait déjà 45,2% du marché en valeur. Mais à l’approche du 11 mai, date annoncée par le gouvernement pour le déconfinement des Français, il pourrait devenir l’un des moyens de transport les plus prisés pour se rendre à son travail. Il faut dire que les arguments en faveur du VAE ne manquent pas.

• Eviter les transports en commun

"À partir du moment où nous ne serons plus en situation de confinement, le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale prendront encore plus de sens". Les propos d’Édouard Philippe à la tribune de l'Assemblée nationale n’ont pas réussi à apaiser les usagers des transports en commun. Le retour au travail en présentiel suscite l’angoisse tant il apparaît que les recommandations sanitaires seront difficiles à appliquer dans les trains, bus et métros.

Seul sur son vélo, le risque est moindre. "Pour faire respecter les recommandations, il faudrait diminuer la fréquentation de 85 %. A la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB) on considère que le vélo en général et le VAE en particulier fait partie des gestes barrières", explique son président Olivier Schneider. "A vélo je ne risque pas de contamination par gouttelettes ou par le contact des surfaces. C’est surtout le contact des surfaces qui posent problème dans les transports en commun. On ne va pas désinfecter derrière chaque voyageur." Sur deux roues, la distanciation recommandée est de 10 mètres. On oublie donc l’aspiration dans les roues au moins pour quelques mois…

• Pédaler jusqu’à son travail sans effort

Ah la peur des gouttelettes ! Il y a celles qui transportent le coronavirus que votre masque doit repousser et celles qui vont faire tâche sur votre chemise ou votre tailleur à votre arrivée dans l’open space. "Le VAE est vraiment le véhicule parfait pour le déconfinement. Il vous permet de faire du vélo de manière très facile sans être un grand sportif", assure le président de la FUB. Pas de transpiration excessive, pas de souffle coupé, le vélo électrique est un compagnon peu exigeant si on l’entretient. Un peu comme vous après deux mois de confinement sans sport...

"L’avantage du VAE est que vous aurez une reprise d’activité sportive modérée qui équivaut plus ou moins à de la marche rapide sauf que vous n’arriverez pas en sueur au travail", précise Olivier Schneider. Avec le vélo électrique, vous avez la pédale douce jusqu’à 25 km/h, même dans les côtes. Au-delà de cette vitesse, le système est bridé, ce sont vos jambes qui feront tout le travail. En cas de longue distance, si vous partez suffisamment tôt, l’exercice physique sera donc presque sans effort et la transpiration minimale. Bien entendu, le choix du matériau influe sur le poids de l’engin. Tout dépend du rythme de pédalage et de l’utilisation que vous voulez en faire.

Les cyclistes à l'assaut de Paris
Les cyclistes à l'assaut de Paris © AFP/JOEL SAGET

• Evacuer le stress et les risques de mortalité précoce

Avec assistance électrique ou sans, le vélo est bon pur la santé. Pour vous en convaincre, voici un bon "compte" d’Andersen, Lars Bo de son prénom. Ce chercheur danois a mené en 2000 une étude sur 30 000 hommes et femmes âgés de 20 à 93 ans. Il en est ressorti que l’usage du vélo pour aller au travail réduisait de 28 % les risques de mortalité précoce. Outre les bienfaits du vélo contre le stress ou le surpoids, un rapport français du ministère de l’écologie et du développement durable de 2013 a mis en évidence la réduction d’un grand nombre de pathologie grâce à la bicyclette. -30% pour les maladies coronariennes, -24% pour les maladies vasculaires cérébrales, - 20% pour le diabète de type 2, -15% pour le cancer du sein, - 40% pour le cancer du côlon.

Choisir le vélo aux dépens de la voiture, c’est également faire le choix d’un meilleur air pour tous. "La voiture, par les échappements et l’abrasion des pneus et des freins, dégrade l’air", explique Olivier Schneider. Ce qui est sûr, c’est que la pollution aggrave l’état de ceux qui ont le covid." De plus, si tout le monde prend sa voiture, il y aura un problème de congestion sur les routes alors que sur la même largeur de chaussée, on peut faire passer six fois plus de cyclistes.

• Votre portefeuille aussi va l’aimer

"Il y a une crise sous-jacente à celle du Covid-19, c’est la crise économique." Selon Olivier Schneider, se déplacer à vélo, ça coûte moins cher. Des économies pour la collectivité si vous restez en bonne santé et pour vous après quelques mois. En 2018, le budget moyen des Français consacré aux transports était de 141 euros par mois.

Bien entendu, on ne va pas partir en vacances à vélo mais ce poste de dépense est important. Une fois le prix d’achat du VAE rentabilisé (prix moyen de 1749 euros), notamment grâce aux aides proposées par certaines collectivités (la région île-de-France offre une aide d’un montant de 500 euros pour tout achat de VAE neuf), vous serez l’unique carburant pour aller à votre travail ou acheter le pain. Sachant que 60% des trajets au quotidien font moins de 5 km, autant utiliser un VAE. Mais celui-ci peut aussi s'attaquer à de plus longues distances. En effet, l''autonomie d'une batterie peut aller de 40 à plus de 100 kilomètres.

Enfin, ne pas oublier l’aspect stationnement. C’est une demande majeure des utilisateurs et une question à se poser pour les futurs acquéreurs. Le coût des VAE engendrent de nombreux vols. "Les gens qui habitent en zone dense n’ont bien souvent pas de vélo car ils ne peuvent pas le stationner", confirme Olivier Schneider. Si un frein existe à la démocratisation du VAE en ville, c’est celui-là. Car depuis quelques semaines, la volonté de développer des pistes cyclables semble bel et bien s'accélérer. "Si ça suit, on va gagner d’un coup dix ans de politique cyclable", assure-t-on à la FUB.