Philippe Gilbert
Philippe Gilbert | BENOIT DOPPAGNE / BELGA MAG / BELGA/AFP

Le sévère coup d'arrêt du cyclisme belge

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Habituellement dominateurs sur ces courses de prestige à l'image de ces deux dernières années, les coureurs belges n'ont pas remporté la moindre victoire sur les classiques de printemps, une première depuis 1918. Cette campagne 2013 bien terne, clôturée hier par Liège-Bastogne-Liège, restera marquée par les blessures de Tom Boonen et les prestations décevantes de Philippe Gilbert.

Il reste 5,5 kilomètres avant l'arrivée à Ans, quand Philippe Gilbert prend enfin ses responsabilités. L'édition 2013 de Liège-Bastogne-Liège, la Doyenne des classiques, représente sa dernière chance, l'ultime espoir de toute la Belgique. Mais le champion du monde se fait surprendre en contre, par un boulet de canon nommé Valverde. Un groupe de tête de six hommes est formé. Gilbert, qui ne s'y trouve pas, échouera à la septième place. En levant les bras sur la ligne, l'Irlandais Dan Martin signe un succès historique : la Belgique termine les sept grandes classiques cyclistes du début d'année bredouille, sans un seul succès. Ce n'était plus arrivé depuis 95 ans.

Le pays sortait de deux campagnes fastes

L'an passé, le pays célébrait, triomphant, son héros Tom Boonen auteur d'un triplé sur le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et Gand-Wevelgem. Il y a deux ans, la Belgique faisait encore mieux en raflant six des sept prestigieuses courses. Philippe Gilbert planait sur les Ardennaises (victoires sur la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et l'Amstel Gold Race), Johan Vansummeren s'offrait Paris-Roubaix et Nick Nuyens le Tour des Flandres, Tom Boonen se contentant de Gand-Wevelgem. Seul Milan-San Remo leur avait alors échappé. Cette année, le constat n'est plus tout à fait le même, la renommée du cyclisme belge prenant un sévère coup sur le casque.

Il y a eu quelques podiums, avec la troisième place de Greg Van Avermaet, incapable de suivre l'intenable Peter Sagan, sur Gand-Wevelgem, celle aussi de Jürgen Roelandts au Tour des Flandres, écrasé par Fabian Cancellara, et surtout, la deuxième place de Sep Vanmarke sur le vélodrome de Roubaix, dépassé par "Spartacus" à vingt mètres de la ligne. Mais jamais, ces dernières semaines, la Belgique n'a pu célébrer la victoire de l'un des siens à domicile.

Tom Boonen en plein cauchemar

Dès Milan-San Remo, qui ouvrait la saison des grandes classiques, les noir, jaune et rouge montraient leur impuissance en n'intégrant aucun de ses champions dans le top 10 de la course. Mais c'est sur le Tour des Flandres, le 31 mars dernier, que le pays a perdu son plus sérieux représentant en la personne de Tom Boonen. Dans une forme incertaine, le tenant du titre chutait dès le 19e kilomètre. Touché au genou, il abandonne : les radios excluent une fracture mais le Belge poursuit son début de saison désastreux. Hospitalisé en décembre (bactérie intestinale) et en janvier (infection d'une blessure au coude), en méforme sur le GP E3, à terre dans Gand-Wevelgem, il ne devrait plus faire son retour avant le mois de juin.

Attendu comme le Fabian Cancellara des Ardennaises (le Suisse s'est baladé dans les Flandres, auteur du doublé Tour des Flandres – Paris-Roubaix), le champion du monde Philippe Gilbert a quant à lui échoué à trois reprises. S'il admet avoir vécu "dix jours fantastiques sur le plan humain", il n'a accroché "que" la cinquième place, deux fois, tombant même au quinzième rang sur la Flèche Wallonne. Des places d'honneur. "J'ai fait avec ce que j'avais. A ce niveau, quand il manque un petit quelque chose, ça fait toute la différence", a-t-il admis, concédant que se "produire avec le maillot de champion du monde devant mes supporters, c'était énorme, magique!" Pas sûr que le public local en pense autant.