Le président de l'UCI demande à Sky de suspendre Chris Froome

Le président de l'UCI demande à Sky de suspendre Chris Froome

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Le président de l'Union cycliste internationale (UCI), David Lappartient, souhaite, dans un entretien jeudi au quotidien "Le Télégramme" que l'équipe britannique décide elle-même de ne pas faire courir Chris Froome dans l'attente de la décision concernant son contrôle antidopage anormal de la dernière Vuelta, affirmant redouter que l'affaire traîne en longueur.

"Sky devrait suspendre Froome. Maintenant, ce n'est pas à moi d'interférer. Sans présager de la culpabilité du coureur, ce serait plus simple pour tout le monde. A Brailsford (son manager) de prendre ses responsabilités. Je crois d'ailleurs que c'est ce que souhaitent les autres coureurs. Ils en ont marre de l'image générale véhiculée", a estimé David Lappartient en rappelant que le champion du monde du contre-la-montre, le Néerlandais Tom Dumoulin, avait dit que, "si cela lui était arrivé, sa formation l'aurait suspendu à titre conservatoire". 

A Froome de se justifier 

"Je ne suis pas contre" les AUT (autorisations à usage thérapeutique), a ajouté David Lappartient. Mais il a rappelé, pour la critiquer, la position de l'ancien entraîneur de Sky, Shane Sutton, qui a justifié d'aller chercher un gain supplémentaire de performance par le biais des AUT: "C'est la raison pour laquelle je souhaite mettre en place une surveillance médicale indépendante au niveau de l'UCI avec un no start (une interdiction de départ au cas où...). Cela permettra notamment de régler le problème des corticoïdes." 

David Lappartient a précisé avoir appris le résultat du contrôle de Froome "une heure après" son élection à la tête de l'UCI, le 21 septembre: "Que le résultat soit anormal ou pas, de manière naturelle ou frauduleuse, c'est terrible. Aux yeux du grand public, il est déjà coupable. 

"Nous sommes dans le processus des experts, a expliqué le président de la fédération internationale. C'est en tout cas à Froome de démontrer les raisons qui ont pu conduire à une telle concentration de salbutamol, la charge de la preuve lui incombe. A lui de constituer son dossier.  

Une affaire qui peut durer

A partir de là, le Legal Anti-Doping Services (LADS) de l'UCI verra si ses arguments sont recevables. Si ce n'est pas le cas, une sanction qui peut être de deux ans lui sera proposée. S'il ne l'accepte pas, on ira au tribunal antidopage de l'UCI avec possibilité d'appel, d'un côté comme de l'autre devant le TAS (Tribunal arbitral du sport). On est parti pour une bagarre juridique qui va durer longtemps. Cette affaire ne va pas se régler en deux minutes. Elle peut au moins durer un an. On va traîner cela comme un boulet", a regretté David Lappartient. 

Evidemment, durant tout ce temps, et dans l'attente d'une éventuelle sanction, le quadruple vainqueur du Tour de France pourrait s'aligner au départ de toutes les épreuves, si Sky en décide ainsi. Ce que regrette l'UCI estimant donc  que la formation britannique devrait  faire preuve de sportivité en n'inscrivant plus son chef de file sur les courses, jusqu'à la décision finale de la procédure.

Christian Grégoire