"L'automne en pente raide", l'édito d'Alexandre Pasteur

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Auteur·e : Alexandre Pasteur
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Le calendrier cycliste se dessine progressivement, avec un automne particulièrement chargé entre les grands Tours et les classiques. Alexandre Pasteur est déjà impatient pour cet enchaînement inédit dans l'histoire.

Ainsi, l'UCI a décidé de sauver l'essentiel d'une saison rabotée de ses deux tiers, et de concentrer les temps forts de son calendrier en neuf semaines. Deux mois en apnée pour les organisateurs, les coureurs et les suiveurs. Et un immense bonheur pour les téléspectateurs. On l'ignore souvent mais le cyclisme vit un âge d'or. A l'heure où tous les sports majeurs exposent leurs produits de luxe sur des chaînes payantes, le cyclisme a réussi l'invraisemblable exploit d'envahir les écrans gratuits. Et ce qui attend les amoureux du cyclisme cet automne a de quoi donner le vertige, ou des frissons. Oui, nous allons aimer à la folie cette répétition unique d'événements majeurs dans une période très courte, et sans verser un centime. Ou presque.

Au crépuscule de l'été nous entamerons donc ce sprint royal (ou ce contre-la-montre) par le Tour de France. "Le Tour de France parfait n'existe pas. C'est pour ça qu'on en fait un tous les ans", s'amuse souvent Christian Prudhomme. Ce Tour sera forcement imparfait, car farci d'interrogations : le décalage calendaire, le climat, le niveau de forme des uns et des autres, le degré d'adhésion populaire... Mais la promesse d'un parcours aussi atypique qu'épuisant et la qualité annoncée du plateau devraient nous conduire vers des sommets d'émotion. Sept jours après l'arrivée sur les Champs Elysées, nous prendrons la direction du Valais en Suisse pour des championnats du monde de rêve à 4 500 mètres de dénivelé hors taxes. Avec un souhait : voir le patron du Tour se couvrir d'arc en ciel, une première depuis Greg Lemond en 1989.

Un automne entre grands Tours et classiques 

Place une semaine plus tard au Giro, qui nous emmenèra très haut sur les flans de l'Etna, du Stelvio, de l'Agnel ou de l'Izoard. Des cols de légende sublimés par les couleurs de l'automne ou repeints en blanc par les premières chutes de neige. Au choix. Si l'été indien se traîne en une langueur monotone sur les routes italiennes, il sera possible de zapper sur le Vieux Quaremont ou le Carrefour de l'Arbre : le Tour des Flandres et Paris-Roubaix devraient s'enchaîner au cours d'un mois d'octobre de feu. Les feuilles mortes se ramasseront à la pelle sur les pavés du Nord et déjà une question nous hante : pleuvra-t-il sur l'Enfer du Nord pour la première fois depuis 2002 ?

Il sera temps alors de se projeter sur la Vuelta, dernier des trois grands Tours, et parent pauvre annoncé de ce calendrier tourmenté. Mais passer l'Aubisque, le Tourmalet et l'Angliru aux confins de l'automne, avouez que ça a aussi de la gueule non? J'allais oublier, dans ce calendrier où les courses rentrent au chausse-pied : les classiques ardennaises. Novembre sera déjà bien entamé et nous convoquerons peut-être le souvenir de Bernard Hinault, vainqueur sous la neige il y a quarante ans d'un Liège-Bastogne-Liège de légende.

Et promis ce ne seront pas des courses virtuelles, très en vogue en cette période de disette, où des pros pédalent sur des rouleaux pour faire avancer leur avatar dans un jeu vidéo. Non, l'automne sera brutal. Et authentique.

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