L'Armée de Terre : l'équipe où les cyclistes sont avant tout des soldats

L'Armée de Terre : l'équipe où les cyclistes sont avant tout des soldats

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L’équipe cycliste de l’Armée de Terre est la principale attraction de ce début de saison français. Pour la première fois de son histoire, des militaires vont donc courir dans les rangs professionnels. Une double casquette qui fait la force de l’équipe.

Après plusieurs mois de discussions et négociations, David Lima Da Costa, manager de l’équipe a enfin réussi son challenge : faire passer son équipe, plus de 60 victoires chez les amateurs la saison dernière, au niveau supérieur. Sa formation sera donc continentale mais non-professionnelle, puisque ce n’est pas elle qui paiera son effectif, mais bien l’Armée.

Des militaires avant d'être des coureurs

Car les coureurs sont avant tout des soldats qui ont pour seule arme leurs vélos. Tous vivent à la caserne de Saint-Germain-en-Laye, à deux par chambre. A la fin de la saison, quand d’ordinaire les coursiers ont deux mois de vacances bien méritées avant le début d’une nouvelle année, les hommes de l’Armée de Terre partent eux en formation. Ils se construisent ainsi un avenir, une future reconversion. Dans l’équipe, certains, comme Yann Guyot ou encore Benoît Sinner, sont déjà gradés (brigadier et caporal). D’autres, comme Benjamin Thomas ou encore Etienne Tortelier, viennent de faire leurs premières classes. 

A la présentation, ça parle déjà de FGI (Formation Générale Initiale), de CTE (Certificat Technique Elémentaire), des enseignements reçus cet hiver... On apprend au jeune Bryan Alaphilippe, 19 ans, et qui doit passer le premier sur l'estrade devant de nombreux militaires, à faire le salut qui convient à l'évènement. Ce dernier suit ainsi les traces de son frère Julian, qui a passé deux saisons dans l'équipes, avant de s'envoler vers Etixx-Quick Step, l'une des meilleures équipes du monde : "C'est sûr que j'aimerais suivre ses traces, mais je suis encore jeune, il ne faut pas que je grille les étapes".

 Quentin Pacher a du raser sa belle barbe rousse qui était dans les rangs amateurs sa marque de fabrique, pour rentrer dans les rangs de l'Armée : "Je ne connaissais pas trop les règles à suivre et les coutumes, j'ai découvert un autre monde. On vit beaucoup ensemble, et je prends cette intégration dans l'Armée comme un voyage, comme quand on veut découvrir un nouveau pays. C'est intéressant".

Une vie dans les casernes de France

Ainsi, même sur les courses professionnelles, quand l’organisation de l’épreuve n’aura pas prévu de logements pour les équipes, celle de l’Armée ira dans la caserne la plus proche. Ce sera le cas ce week-end, pour la première course de la saison : le GP de la Marseillaise. Les soldats-coureurs logeront à la caserne militaire de Brignoles. Parfois moins luxueuses que des hôtels, ce moyen d’habitation temporaire fait partie des forces de l’équipe de David Lima Da Costa et Jimmy Casper (62 victoires professionnelles dont une étape du Tour en 2006), car une caserne, n’importe où en France, fonctionne de la même manière. Repas à 18h30 le soir, à plusieurs par chambre, pas de télévision… Les coureurs amènent leurs propres couettes, ce qui fait qu’ils ne sont pas du tout dépaysés, que ce soit en Alsace ou en Champagne-Ardenne.

L'équipe de l'Armée de Terre dans le musée de l'Armée, aux Invalides.

Ainsi, les coureurs de l’équipe cycliste de l’Armée de Terre sont cyclistes neuf mois sur douze. Et ont déjà un plan de reconversion, entre moniteur de sport pour l’un, parachutiste pour l’autre… Ce qui leur permet d’avoir du temps pour s’entraîner, réussir leur carrière sportive, avant d’avoir un avenir en dehors du vélo. Dans l’équipe, ils ne recrutent pas des cyclistes, mais bien des soldats. Qui ont pour principal devoir de lever les bras cette saison.

Mathilde L'Azou @MathildeLAzou