Lance Armstrong révèle avoir commencé à se doper "probablement à 21 ans" et n'exclut pas un lien entre le dopage et son cancer des testicules

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Auteur·e : Jules Boscherini
Lance Armstrong
Lance Armstrong, avec le maillot jaune lors de la 21e étape du Tour de France 2005. | JAVIER SORIANO / AFP

Alors qu'ESPN s'apprête à diffuser un documentaire sur l'ancien cycliste américain, Lance Armstrong en a profité pour se confier sur ses débuts en professionnel. Il avoue notamment avoir commencé à se doper "probablement à 21 ans" et avoir collaboré avec le docteur Michel Ferrari dès 1995. Des dires qui viennent compléter ses aveux de 2013. Et il n'exclut pas que ces produits dopants aient pu favoriser son cancer des testicules en 1996.

Quatre heures et deux volets. Voilà le programme de "Lance", le prochain documentaire ESPN dédié à Lance Armstrong et qui sera diffusé les 25 mai et 1er juin prochains. Déchus de ses 7 titres sur la Grande Boucle après avoir révélé en 2013, lors d'un entretien exclusif avec Oprah Winfrey, s'être dopé à l'EPO, il avait décidé de se lâcher et promis de dire "sa vérité". Armstrong révèle également, dans un extrait du documentaire publié par ESPN qu'il aurait commencé à se doper "probablement à 21 ans" soit dès sa première saison chez les pros et donc une année avant son titre mondial.

Le journal Marca indique que l'Américain n'exclut pas que ce recours précoce au dopage aurait pu avoir une influence sur l'apparition de son cancer des testicules, détecté et soigné en 1996. "Est-ce que je suis tombé malade à cause de l'utilisation de substances dopantes? Je ne peux pas vous assurer que ce n'est pas le cas", glisse-t-il. "Les hormones de croissance ont un effet favorisant la croissance sur certains types de cellules et sont utilisées pour promouvoir de bonnes choses, mais ne serait-il pas logique que si ces cellules avaient quelque chose de mauvais, elles seraient également développées ?"

L'EPO, un carburant de fusée

Dans des propos publié dans L'Équipe, Armstrong est revenu sur sa relation avec le fameux médecin italien, le docteur Michele Ferrari, exclu à vie de toute collaboration avec des athlètes. Si l'Américain affirme avoir travaillé avec lui dès 1995, il en profite pour comparer l'EPO à un carburant surpuissant : "Nous avions déjà essayé la cortisone, un carburant peu puissant, mais l'EPO était d'un tout autre niveau. Les avantages en termes de performances étaient si importants que le sport est passé d'un dopage assez léger, qui a toujours existé, à ce carburant de fusée. C'était la décision que nous devions prendre".

"Un film sur la cruauté et les secrets"

Dans un article, le site d'information Cyclingnews, qui a pu visionner le documentaire, juge que Lance Armstrong ne sort pas grandi du visionnage. "C'est un film sur la cruauté et les secrets, avec une rage froide tout le long, animé par des scènes d'un Armstrong râleur, qui donne même la chair de poule à ceux qui l'ont connu durant sa vie d'adulte. Selon plusieurs sources, Armstrong n'était pas heureux de la façon dont il était décrit dans le film. Plus l'histoire avance, et plus c'est facile de comprendre pourquoi ", explique le site spécialisé. Armstrong semble alors se dessiner comme un personnage rancunier et dénué de toute empathie.

Jules Boscherini @julesboscherini