La mue d'AG2R-Citroën, le retour au bercail de Cavendish, les emplettes d'Ineos... ce qu'il faut retenir du mercato 2021

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Greg van Avermaet AG2R
Avec Greg van Avermaet, AG2R s'est dégoté un nouveau leader et de nouvelles ambitions. | AFP

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Après une saison à rallonge, terminée en novembre, l'hibernation n'aura pas duré longtemps. L'Europe a déjà rouvert ses portes aux courses cyclistes avec la tenue du Grand Prix de Valence dimanche dernier, remporté par le Français Lorrenzo Manzin (Total Direct Energie). Le 31 janvier, c'est au tour de la France de le faire à l'occasion du GP La Marseillaise. Si les conditions de reprise sont totalement inédites, le monde du vélo a vécu ses traditionnels chamboulements de l'intersaison avec plusieurs transferts notables.

• AG2R tourne la page Bardet

Au moment de dévoiler sa nouvelle tunique, sur laquelle le rouge a remplacé le bleu, Vincent Lavenu évoquait "un nouveau chapitre" de l'histoire d'AG2R La Mondiale. Rebaptisée AG2R-Citroën à partir de cette année, la formation World Tour française a très tôt dévoilé de nouvelles ambitions grâce à une proactivité étonnante sur le marché des transferts. Pas moins de 9 recrues ont été attirées pendant l'intersaison et pas n'importe lesquelles. Parmi elles, le champion olympique et classicman chevronné Greg van Avermaet. A 35 ans, le vainqueur de Paris-Roubaix en 2017 arrive avec une grande expérience aussi grande que son palmarès. Il est attendu comme le guide de son équipe sur les classiques flandriennes, lui qui espère encore pouvoir gagner son premier Tour des Flandres.

Le Belge sera entouré par ses deux coéquipiers de la CCC Gijs Van Hoecke et le rouleur infatigable Michael Schär. Déjà porté par Oliver Naesen et Benoît Cosnefroy sur les courses d'un jour, AG2R pourra désormais aussi compter sur le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 2018 Bob Jungels, arrivé de la Deceuninck-Quick Step. Le recrutement a aussi pioché dans le vivier national. Les sprinteurs Marc Sarreau (Groupama-FDJ) et Damien Touzé (Cofidis) viseront des victoires lors des courses à étapes, au même titre que le baroudeur Lilian Calmejane (Total Direct Energie) qui tablera plutôt sur des échappées pour briller.

Autant de mouvements dans le sens des arrivées induisent nécessairement de nombreux départs. Après avoir surtout misé sur les chances de victoire sur le Tour de France de Romain Bardet, AG2R a bouclé la fin d'un cycle. Le grimpeur tricolore est parti tenter sa chance du côté de la DSM (ex-Sunweb) pendant que ses lieutenants Alexis Vuillermoz et Pierre Latour ont posé leur valise chez Total Direct Energie. Les chances de l'équipe en montagne reposeront désormais sur la recrue Ben O'Connor (NTT), double vainqueur d'étapes sur le Giro en 2020, et sur un espoir comme Clément Champoussin, qui vient de découvrir la Vuelta. Ceux-là pourront bénéficier de l'expérience de Tony Gallopin, Mikaël Chérel et Mathias Frank pour progresser sur les pentes ascendantes.

• Ineos veut retrouver son trône

Il semblerait que le fait d'avoir été détrôné sur le Tour de France n'a pas été du goût de l'équipe britannique. De la même façon qu'AG2R a tourné la page Bardet, Ineos a fait ses adieux à Chris Froome, parti chez Israël Start-up Nation après être monté sur la plus haute marche de la Grande Boucle à quatre reprises. Pour contrecarrer la nouvelle puissance de feu la Jumbo-Visma et l'explosion de Tadej Pogacar, l'ex-Sky a grossi son effectif déjà pléthorique en montagne. L'ex-4e du Tour de France, Adam Yates (Michelton-Scott), le 3e de la dernière édition Richie Porte (Trek-Segafredo), le vainqueur du dernier Critérium du Dauphiné Daniel Martinez (EF) et l'espoir Thomas Pidcock accompagneront les vainqueurs de grand tour Egan Bernal, Richard Carapaz, Geraint Thomas et Tao Geoghegan Hart sur les terrains escarpés.

Face à l'armada britannique, les autres formations ambitieuses sur les grands tours se sont contentées de légers ajustements. Globalement, ce sont les lieutenants qui ont transité entre les différentes formations. Sam Oomen (Sunweb) a rejoint le team Jumbo-Visma, qui fera sans Tom Dumoulin, qui a décidé de mettre sa carrière entre parenthèses. Jack Haig (Mitchelton-Scott) a signé avec la Bahrain-Merida. Wilco Kelderman (Sunweb) s'est engagé avec Bora-Hansgrohe, Rafal Majka (Bora-Hansgrohe) avec UAE Emirates. Les seuls autres leaders à avoir bougé sont Romain Bardet, Michael Matthews de retour chez Mitchelton-Scott et surtout Miguel Angel Lopez, parti d'Astana pour rejoindre le team Movistar. Enfin, le joli coup est à mettre à l'actif d'UAE qui a attiré l'étoile montante Marc Hirschi dans ses rangs, le jeune suisse qui a illuminé la fin de saison dernière.

• La belle histoire pour Mark Cavendish

"C'était peut-être mon dernier combat aujourd'hui". Les larmes de Mark Cavendish après son échappée sur Gand-Wevelgem en octobre dernier avaient suscité l'émotion. L'homme aux 30 victoires d'étapes sur le Tour de France a finalement encore quelques pages à écrire dans sa carrière de cycliste professionnel. A 35 ans, il va reprendre du service malgré la fin de son contrat avec le team Bahrain-Merida, avec un retour surprenant chez la très performante Deceunink-Quick Step où s'éclate le champion du monde français Julian Alaphilippe. Le Britannique, en perte de vitesse depuis la saison 2017, touché par le virus d'Epstein-Barr puis par une dépression, retrouve la formation avec laquelle il avait brillé entre 2013 et 2015.

"C'est incroyable d'être de retour dans le Wolfpack, ça m'a manqué. J'ai toujours été un peu jaloux de voir les autres coureurs s'éclater ici. Je me souvenais des bons moments. Il n'y a plus que 5 coureurs qui sont encore là depuis mon départ, mais la staff n'a pas changé. J'étais un peu nerveux au moment de faire mon retour, un peu comme un premier jour d'école. Mais ça n'a pas été le cas, j'ai eu l'impression de faire déjà partie de l'équipe et ça a été un soulagement. On n'a pas encore commencé à courir que je suis déjà très heureux", a confié l'intéressé dans une vidéo publiée par son équipe en janvier. Il refuse pour l'instant de se fixer des objectifs individuels, souhaitant avant tout "profiter de la dernière partie de sa carrière" tout en "faisant partie d'une équipe qui gagne".