Rodriguez conserve son maillot rouge
Joaquin Rodriguez conserve son maillot rouge de leader | JAIME REINA - AFP

Kessiakkoff remporte l'étape, Rodriguez reste leader

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Au mépris des pronostics, Joaquin Rodriguez a conservé son maillot de leader de la Vuelta après le contre-la-montre disputé entre Cambados et Pontevedra. "Purito" a fait mieux que limiter la casse puisqu'il ne concède qu'une minute à Contador et reste leader pour une petite seconde. Chris Froome est le perdant du jour puisqu'il perd 22 secondes sur le "Pistolero". Valverde s'en sort bien, Fredrik Kessiakoff remporte l'étape.

Jour après jour, la Vuelta continue d'enthousiasmer les suiveurs. Après une première semaine complètement folle où Joaquin Rodriguez, Alberto Contador, Chris Froome et Alejandro Valverde s'étaient rendu coup pour coup, on imaginait que le contre-la-montre disputé sur 39,4 kilomètres entre Cambados et Pontevedra allait permettre d'y voir plus clair au classement général. Erreur. Après cette 11e étape, les "quatre fantastiques" se tiennent en moins d'une minute. Dans cette orgie de spectacle, on oublierait presque que le vainqueur du jour ne fait pas parti du club des quatre. Fredrik Kessiakkof, le Suédois de l'équipe Astana a remporté au nez et à la barbe des favoris, la plus belle victoire de sa carrière. Lauréat du contre-la-montre du Tour de Suisse en juin dernier devant Fabian Cancellara, Kessiakkof termine cette étape avec 18 secondes d'avance sur Alberto Contador. Mais le "Pistolero" n'en est pas moins le grand vainqueur du jour.

Contador remet les pendules à l'heure

Sur un exercice que l'on pensait à l'avantage de Christopher Froome, Alberto Contador a repris l'avantage sur son rival britannique. Parti comme une bombe, l'Espagnol a rapidement mis la pression sur le coureur de la Sky mais c'est dans l'Alto Monte Crastove, la seule difficulté du jour, que le coureur de Saxo-Bank a définitivement mis Froome dans les cordes. Déchaîné dans son style caractéristique, toujours en danseuse, le coureur de Pinto a remis les chose à leur place. Sur la ligne, il devance finalement le "Kényan blanc" de 22 secondes. Contador repasse ainsi devant son adversaire au général, avec 15 secondes d'avance. Froome va devoir se découvrir et attaquer s'il veut aller chercher le premier Grand Tour de sa carrière. Le 2e du Tour de France 2012 est apparu emprunté dans ce contre-la-montre, notamment dans la descente de l'Alto Monte Castrove. Les huit reconnaissances du parcours par Contador semblent avoir porté leurs fruits. Habituellement très attachée au souci du détail, la Sky a peut être pêchée par excès de confiance sur son épreuve favorite.

La surprise Rodriguez

L'autre enseignement du jour, c'est que Joaquin Rodriguez est plus que jamais dans la course à la victoire finale. "Purito" a réussi le contre-la-montre de sa carrière pour ne concéder que 59 secondes à Alberto Contador. Suffisant pour conserver sa tunique rouge de leader pour...une seconde ! Parti prudemment, il avait déjà perdu 39 secondes après 13 kilomètres, le 2e du Giro 2012 a profité de l'ascension du jour et surtout de sa descente pour limiter la casse sur les spécialistes de l'épreuve chronométrée. Le leader de la Katusha s'est battu pour conserver ses chances dans cette Vuelta. Il a réussi son coup. Le contre-la-montre derrière lui, il va retrouver des terrains plus favorables à ses formidables qualités de puncheur. Et ce dès ce weekend avec le triptyque monstrueux dans les Asturies.

Le dernier larron de ce club des quatre a lui aussi réussi son étape. Alejandro Valverde, dans un exercice où il est souvent bon, a une nouvelle fois montré ses qualités en terminant ce contre-la-montre à la 4e place finale, à 1'08" de Kessiakoff et 51 secondes de Contador. Il se rapproche de la première place du général puisqu'il ne compte plus que 59 secondes de retard sur Rodriguez. Il peut maudire sa chute sur les routes de Valdezcaray et le coup de Trafalgar des Sky, qui lui avaient fait perdre 55 secondes. Sans cela, les quatre favoris ne seraient séparer que de...16 minuscules secondes au classement général ! Néanmoins, le suspens est au rendez-vous sur ce Tour d'Espagne. Quatre coureurs de quatre équipes différentes, décidés à ne rien lâcher jusqu'au bout et qui n'hésitent jamais à prendre des risques, c'est à la fois rafraichissant et terriblement passionnant !

L'étape de demain entre Vilagarcia de Arousa et Dumbria (190,5 km) avec un final jugé après un "mur" de deux kilomètres à 13% de moyenne, avec des passages à 20%, pourrait être le théâtre d'une nouvelle explication entre les quatre premiers au général. Gare aux secondes échappées pour les favoris. Cette Vuelta 2012 pourrait bien être la plus serrée de l'histoire.