Julian Alaphilippe : "Heureux de remettre un dossard et de prendre le départ d'une course que j'ai appréciée l'année dernière"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Apolline Merle
Julian Alaphilippe
Julian Alaphilippe, le jeudi 25 juillet 2019, sur le Tour de France. | jeep.vidon/SIPA

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Samedi, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick-Step) prendra le départ des Strade Bianche. Vainqueur de la dernière édition, il défendra son titre à Sienne lors de la reprise de la saison. A la veille du départ, le Français revient sur son état de forme et ses objectifs pour la saison.

Les Strade Bianche font partie des premières courses de la reprise et la première pour vous Julian après des mois d’arrêt. Une reprise qui se déroulera dans des conditions particulières cette année. Comment voyez-vous la course ? 

Julian Alaphilippe : "Ça va être complètement différent de l’année dernière. Déjà, on annonce des températures aux alentours de 40 degrés demain (Ndlr : samedi). Ça va forcément jouer sur la course. On l’a senti lors des derniers entraînements et les reconnaissances, ce ne sont pas les mêmes sensations. C'est pour tout le monde la même chose, je pense que ça va jouer sur la course. Au niveau de ma condition, je suis plutôt bien, même si ce n'est pas encore exceptionnel. J'ai bien travaillé lors du stage avec mon équipe à San Pellegrino. Je sens que ça va de mieux en mieux."

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette première course ? Est-ce qu'il y a de l'impatience après tous ces mois sans compétition ? 

J. A. : "Oui, forcément il y a de l'impatience. Il y aussi de l'adrénaline qui commence à monter parce que c'est une course vraiment spéciale. Elle est difficile et elle le sera encore plus avec la chaleur. Je pense qu'il y a beaucoup de coureurs qui ne savent pas trop où se situer dans leurs conditions après tous ces mois sans courir. Certains vont se sentir mieux que d’autres. Mais c'est surtout de l'impatience et je suis heureux de remettre un dossard et de prendre le départ d'une course que j'ai appréciée l'année dernière."

A quel type de course vous attendez-vous ? On a l'impression que les courses sont très rapides depuis la reprise, on le voit à Burgos. Pensez-vous que ça sera très intense demain dès le départ ?  

J. A. : "Oui c'est sûr, je m'attends à ce que ce soit une course très difficile, très rapide. Il y a aura beaucoup de coureurs qui voudront en découdre dès le départ. Il faut s'attendre à tous les scénarios. Je pense qu'on est prêts pour ça. On a une équipe très forte au départ demain donc ça sera à nous de faire le maximum."

La situation sanitaire reste très incertaine, personne ne sait si le calendrier ira à son terme. Pourtant, vous avez misé davantage sur des courses qui auront lieu un peu plus tard dans le calendrier... Est-ce un risque selon vous ?

J. A. : "Oui c'est sûr, je ne vais pas le cacher. Après, tout est incertain. Il faut espérer que la situation s’améliore et qu'on puisse aller au bout du calendrier annoncé, et que la situation sanitaire s'améliore, c'est le plus important. Il faut savoir s'adapter. Je pense qu'on peut déjà être content de prendre le départ demain des Strade. J’ai pris ce risque parce qu'il y a beaucoup de courses qui me tiennent à coeur où j'ai envie d'être bien. 

Quand je dis que ma condition n'est pas exceptionnelle, elle est quand même bien, je suis très motivé et très content d'être au départ demain. Simplement, je n'ai pas forcément les mêmes sensations que l'année dernière où je suis arrivé sur les Strade Bianche au top de ma condition. Cette année, l'approche est différente avec plusieurs mois sans courir, et j'ai envie de monter crescendo. Pour l'instant, je me sens bien et demain ça sera vraiment une journée difficile mais elle me permettra de voir où j’en suis dans ma préparation et dans ce qui reste à faire." 

Comment avez-vous vécu les quatre mois sans compétition ?

J. A. : "Forcément la course me manquait. Ce qu'on a vécu a changé nos habitudes à tous, il faut s’adapter dans ces moments-là. C'était une période très difficile pour le monde entier. J'ai continué de travailler dur même si je restais à la maison. Maintenant, on espère que la situation continue de s’améliorer et qu’on se rapproche d’un retour à la normale."

Qu'avez-vous pensé de la victoire de Remco Evenepoel (Deceuninck-Quick-Step), jeudi lors de la troisième étape du Tour de Burgos, en Espagne. Est-ce qu'il vous a encore encore impressionné ?

J. A. : "Il a démontré tout simplement qu'il était le plus fort. Il répond avec les pédales, donc on ne peut qu'être très content." 

Cette année, le Tour de France est programmé avant la campagne des Classiques du Nord. Les préparations de ces deux échéances sont très différentes. Comment avez-vous imaginé votre préparation pour les prochains mois ?

J. A. : "Je pense qu'il y a des coureurs qui vont tout miser sur les Classiques, et en prenant peut-être moins à coeur le Tour cette année, mais c'est encore très loin, il faut prendre un peu les choses comme elles viennent. Pour le moment, je suis en Italie, c'est les Strande Bianche demain, suivi de Milan-San Remo ensuite. Après je vais penser au Dauphiné qui me servira de tremplin pour le Tour. Ce sont des courses différentes et enchaîner le Tour puis les Classiques sera particulier mais il faut s'adapter et il n'y a pas d'autres solutions."

Propos recueillis lors d'une conférence groupée.