Jeunes et brillants, les dix coureurs de 23 ans et moins qui éclaboussent le peloton

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Bjorg Lambrecht (Lotto-Soudal)
Bjorg Lambrecht (Lotto-Soudal) | DIRK WAEM / BELGA MAG / BELGA

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Inconnus ou presque du grand public il y a encore quelques mois, de nombreux jeunes phénomènes ont fait leur place dans le peloton en vitesse grand V cette saison. De quoi laisser entrevoir dès cette semaine sur Liège-Bastogne-Liège et le Tour des Alpes un avenir radieux au cyclisme mondial. Trombinoscope (non exhaustif) des pépites du peloton.

Rarement un début d’exercice avait vu autant de promesses se transformer en vraies forces en présence. Alors que la saison des classiques se rapproche de son terme, le peloton voit souffler un vrai vent d’air frais par l’arrivée parmi les pros de nombreux jeunes coureurs de talent. Si les Froome, Sagan, Roglic ou Dumoulin ont encore de beaux jours devant eux, et que les Alaphilippe ou Yates (« seulement » 26 ans) comptent parmi le gratin, la jeune garde de 23 ans et moins pousse déjà fort derrière, pour les courses d’un jour comme les grands Tours.

Ils explosent

Bjorg Lambrecht (22 ans, Lotto-Soudal)

Dans l’ombre de Mathieu van der Poel, il est la révélation de ces Classiques 2019. Le Belge confirme ses belles prédispositions déjà largement remarquées chez les jeunes (2e des Mondiaux espoirs l’an passé). Le cycliste de Gand fait déjà partie des sérieux outsiders pour Liège-Bastogne-Liège dimanche après avoir signé trois Tops 10 en une semaine sur la Flèche Brabançonne (5e), l’Amstel Gold Race (6e), et la Flèche Wallonne (4e). Impressionnant mercredi sur la route vers Huy, il a tout pour être l’un des futurs grands puncheurs. Accélération, résistance, audace, il ne lui manque plus qu’un premier podium, voire mieux. Et dire qu’il ne devait être qu’un équipier de Tiesj Benoot et Tim Wellens…

Pavel Sivakov (21 ans, Team Sky)

Quand Froomey n’est pas là, le Russe danse. Pendant que son leader vient dans les Alpes italiennes pour parfaire sa condition, Sivakov a les coudées franches pour jouer le classement général. Et si la Sky compte autant sur celui qui possède la nationalité française, c’est pour de bonnes raisons. Auteur d’une saison 2017 époustouflante dans les catégories de jeunes, Sivakov a le profil idéal pour chasser les grands Tours dans un avenir proche. Bon grimpeur, solide rouleur, sa victoire sur la deuxième étape du Tour des Alpes ne devrait pas être la dernière. Du haut de son mètre 88, il a en tout cas déjà prouvé qu’il n’avait pas peur des responsabilités.

James Knox (23 ans, Deceuninck – Quick Step)

Alaphilippe, Gilbert, Jungels, Viviani, Lampaert, Mas… La Deceunick – Quick-Step ne manque pas de talent. Mais la formation belge ne néglige pas son avenir et possède en James Knox le digne successeur des Britanniques Bradley Wiggins ou Chris Froome. Grimpeur au format de poche (1,73m, 58 kilos), l’ancien de la formation Continental du premier nommé dépasse les attentes pour sa deuxième année chez les pros. Knox a surtout crevé l’écran au Tour des Emirats Arabes Unis dont il a pris la 8e place finale. Un résultat plus qu’honorable alors que l’équipe était construite pour Elia Viviani et les arrivées massives. L’Anglais a épaté tout le monde, ses directeurs sportifs notamment, pour sa capacité à faire les efforts en tête du peloton. Cet axe de développement nouveau fait saliver, alors qu’il espère être retenu pour le prochain Tour d’Italie.

Tadej Pogacar (20 ans, UAE – Team Emirates)

De la patience ? Quelle patience ? Le Slovène a une faim de loup et n’a eu aucun mal à faire la transition entre les jeunes et les pros. Le dernier vainqueur du Tour de l’Avenir a beau être un des benjamins du peloton, ses prestations sur les courses d’une semaine ne laissent en rien transparaître de son inexpérience. Vainqueur du Tour de l’Algarve fin février, il a parfaitement enchaîné face à une adversité bien plus relevée en terminant sixième et meilleur jeune du Tour du Pays Basque. Le tout devant des pointures comme Mikel Landa ou Enric Mas s’il vous plaît. La prochaine étape de cette irrésistible ascension ? Passer un cap sur les courses de trois semaines où ses qualités de grimpeur devraient faire des merveilles.

La joie du Slovène Tadej Pogacar (UAE)
La joie du Slovène Tadej Pogacar (UAE) © MAXPPP - LUIS FORRA

Brandon McNulty (21 ans, Rally UHC Team)

Tous les fans de cyclisme américain espèrent avoir en McNulty le futur grand à pouvoir offrir un Grand Tour à la bannière étoilée. Le natif de Phoenix a encore du chemin devant lui pour y parvenir mais ses débuts chez les « grands » laissent présager d’un sérieux prétendant pour les années futures. Déjà intéressant sur le contre-la-montre, McNulty continue de progresser en montagne en témoigne son très beau Tour de Sicile et sa victoire au classement général. Sur le Tour d’Oman en février, le jeune Etats-Unien avait déjà terminé dans le Top 10 de l’épreuve. Son abandon sur la Flèche Wallonne l’a empêché de crever l’écran sur une courser World Tour. Mais de nombreuses grosses équipes sont déjà sur les rangs pour l’accueillir.

Lucas Hamilton (23 ans, Mitchelton-Scott)

Il n’est peut-être pas le plus exposé des jeunes talents que le vélo mondial à offrir. Mais ce produit 100% aussie semble avoir pris une nouvelle dimension ces dernières semaines. Hamilton a signé ses premières performances de choix en dehors de son Australie natale en remportant la semaine internationale Coppi et Bartali puis en se hissant à la 15e place du général sur le Tour du Pays basque (World Tour). Cette saison, le vainqueur du Tour d’Alsace 2017 n’est jamais sorti du Top 20 dans les compétitions auxquelles il a pris part. Complet, il pourrait déjà être un soutien précieux aux frères Yates dans leur quête d’un Grand Tour cette année.

Remco Evenepoel (19 ans, Deceuninck – Quick Step)

Si son compère James Knox représente l’avenir proche de la formation de Patrick Lefévère, Evenepoel est amené à être le futur grand des 15 prochaines années. Largement au-dessus du lot en juniors, ses débuts en professionnel étaient scrutés comme rarement ceux d’un débutant ne l’ont été ces dernières saisons. Le natif de l’an 2000 n’a pas déçu, même si une chute sur le Tour des Emirats Arabes Unis a perturbé son programme. Elle lui a surtout permis de sortir quelque temps de la lumière, pour son plus grand bonheur. Une quatrième place au classement général du Tour de Turquie la semaine dernière a donné quelques garanties sur son état de forme. Le Tour de Romandie à partir de mardi prochain devrait être le premier grand test pour Evenepoel.

Ils confirment

Egan Bernal (22 ans, Team Sky)

Avec Bernal, la Sky peut voir venir. Le Colombien est déjà assuré d’être le leader des siens sur le prochain Giro, à seulement 22 ans. Son premier Tour de France (15e) laisse penser qu’une épreuve de trois semaines semble déjà dans ses cordes. Son début de saison canon avec le général de Paris-Nice et la troisième place du Tour de Catalogne n’a fait que confirmer qu’il était déjà de la caste des très grands. Si Julian Alaphilippe a époustouflé ce printemps, l’homme du début de saison, c’était bien Egan Bernal. Excellent quand la route s’élève et déjà très sérieux rouleur, difficile de savoir où se situe la limite pour le Colombien. Très haute n’est qu’un minimum.

Fabio Jakobsen (22 ans, Deceuninck–Quick Step)

Dans la famille des finisseurs, je demande le petit dernier. Le Néerlandais suit les traces de Dylan Groenewegen, de trois ans son aîné, et n’a pas tardé à pointer le bout de sa cuisse sur les arrivées massives. Jakobsen possède un joli bagage de puissance et de placement pour son âge. Son profil impressionne d‘autant plus qu’il a encore plusieurs années devant lui avant d’atteindre sa pleine maturité physique. Présent dans les sprints sur Paris-Nice ou le Tour de Turquie, Jakobsen devrait découvrir cette saison les grands Tours en menant le train de la Deuceninck – Quick-Step sur la Vuelta. Et on serait tout sauf surpris de le voir lever les bras à une ou plusieurs reprises.

Daniel Martinez (23 ans, EF Education First)

Autre membre de la filière colombienne, Martinez a claqué sa première grande victoire en remportant l’étape phare de Paris-Nice au sommet du Col de Turini. La première de ce qui pourrait être une longue série. Le natif de Bogota est l’archétype du grimpeur colombien : élancé, vif, et peut déjà se mêler à la lutte parmi les cadors du peloton en montagne. Sa défaillance dans la dernière étape du Tour du Pays basque (de 8e à 20e au général) trahit les progrès qu’il lui reste à faire dans la régularité. Tout ce qui faisait de lui le troisième larron derrière ses compatriotes Bernal et Lopez ces dernières saisons. Martinez a les qualités pour renverser la tendance. On devrait le revoir sur le Tour de France cet été dans un rôle de soutien à Rigoberto Uran.