Sergio Hennao
Sergio Henao | Maxppp - Sébastien Nogier

Henao remporte Paris-Nice, pour 2 secondes devant Contador

Publié le , modifié le

Le Colombien Sergio Henao (Sky) a remporté Paris-Nice, dimanche, au terme d'une dernière étape disputée sur 115,5 km sur une boucle autour de Nice, avec le col d'Eze au programme, étape remportée par l'Espagnol Davide de la Cruz (Quick Step), devant Alberto Contador à qui il a manqué deux secondes au total pour remporter l'épreuve. Au classement final, l'Irlandais Dan Martin a pris la troisième place, à 30 secondes du Colombien, devant l'Espagnol Gorka Izagirre (4e) et le Français Julian Alaphilippe (5e).

Cette dernière étape a tenu toutes ses promesses. Henao a signé la cinquième victoire en six éditions pour l'équipe britannique Sky mais il a été mis en danger jusqu'au bout par Contador, flamboyant dans la dernière étape en attaquant à 50 kilomètres de l'arrivée. Contador a été devancé pour le succès dans la 8e et dernière étape par son compatriote David de la Cruz (Quick Step), qui l'a privé de la bonification nécessaire pour enlever le classement final. 

Henao, longtemps dépossédé virtuellement du maillot jaune, a préservé in extremis son bien conquis la veille au col de la Couillole. En tout cas, on ne pourra pas reprocher à Alberto Contador de ne pas s'être battu jusqu'au bout. Décidément, cette course semble échapper à l'Espagnol l'année dernière il avait déjà échoué pour 4 secondes face au Gallois Geraint Thomas.

Vidéo: l'attaque de Contador

Mais l'Espagnol a coincé dans le final, alors qu'il avait tous les atouts en mains pour enlever l'étape, et du même coup, remporter ce Paris-Nice à la faveur des bonifications.  

Henao tient enfin son succès

Depuis 2012, la formation britannique Sky a propulsé quatre coureurs différents (Wiggins, Porte par deux fois, Thomas, Henao) sur la plus haute marche du podium de Paris-Nice. Ce succès éclaircit un début de saison agité en raison des enquêtes en cours en Grande-Bretagne sur son fonctionnement, surtout médical. Henao, qui avait annoncé par avance dédier son succès au manager Dave Brailsford, inquiété par les enquêtes, a rappelé avoir traversé lui aussi des moments très difficiles dans sa carrière. En juin 2014, il est heurté par un véhicule lors du Tour de Suisse. Le genou fracassé, il subit une intervention chirurgicale de près de neuf heures et passe huit mois sans courir.

L'été dernier, il figure en tête de la course olympique aux JO de Rio quand il est entraîné dans sa chute par l'Italien Vincenzo Nibali et doit abandonner (fracture de la crête iliaque) à 11 kilomètres de l'arrivée. Entre ces deux coups d'arrêt, Henao a aussi dû s'expliquer sur son dossier médical, auprès de son équipe et de l'Union cycliste internationale (UCI). A deux reprises, aux printemps 2014 et 2016, il a été mis sur la touche pendant plusieurs semaines, le temps de justifier des paramètres sanguins expliqués par l'entraînement en altitude. En mai dernier, l'UCI a estimé qu'"il n'y avait pas de base" pour aller plus avant dans le dossier et lui interdire de courir.

Depuis plusieurs années, le Colombien attendait d'obtenir la victoire qui devait lui permettre de franchir un palier. Ce fut très difficile pour lui de dompter Contador, mais le fait d'y être parvenu peut lui donner des espoirs pour l'avenir. 

Vidéo: l'arrivée de l'étape  

 Le classement général final

1. Sergio Henao (COL/SKY) 29 h 50:29.
2. Alberto Contador (ESP/TRE) à 2.
3. Dan Martin (IRL/QST) 30.
4. Gorka Izagirre (ESP/MOV) 1:00.
5. Julian Alaphilippe (FRA/QST) 1:22.
6. Ilnur Zakarin (RUS/KAT) 1:34.
7. Ion Izagirre (ESP/BAH) 1:41.
8. Warren Barguil (FRA/SUN) 4:07.
9. Simon Yates (GBR/ORI) 4:39.
10. Richie Porte (AUS/BMC) 14:26. 

Déclarations

Sergio Henao (COL/Sky), vainqueur final: "La journée a été complètement folle ! C'est la plus grande victoire de ma carrière, j'espère qu'elle en annonce d'autres. Je suis passé par des moments durs dans ma carrière. Aujourd'hui, le soleil est sorti pour moi. Je savais qu'Alberto (Contador) allait attaquer et qu'il était très fort. Mais je devais attendre. Je me rappelais de l'année dernière, quand ça s'était joué dans la descente. Mais je dois reconnaître que j'ai commencé à paniquer quand j'ai vu l'écart atteindre la minute. On ne sait jamais ce qui va se passer. Je n'avais aucune aide des coureurs qui étaient avec moi. Je me suis dit que je devais faire un chrono jusqu'à l'arrivée. Je devais finir le travail après tout ce que l'équipe a fait pour moi durant la semaine. Cette victoire, je la dédie d'abord à l'équipe, à toutes les personnes qui sont ici et m'ont aidé. Et aussi à Dave (Brailsford, manager de Sky). Je suis très fier de faire partie de cette équipe."

Alberto Contador (ESP/Trek), 2e du classement final: "Il m'a manqué très peu, c'est dommage. La course a été belle, j'ai eu de bonnes sensations. Je suis très fier de ce que j'ai fait et je suis satisfait malgré cette deuxième place. Il fallait essayer en attaquant de loin, il fallait tenter quelque chose. Bien sûr, ce serait plus facile de rester dans les roues et de récupérer en attendant la prochaine course. Je préfère prendre des risques même si ce n'est pas facile. Je suis heureux."

Julian Alaphilippe (FRA/Quick Step), 5e du général: "Je suis très content de ce Paris-Nice. J'ai vécu une belle semaine. J'étais beaucoup mieux qu'hier, les ascensions me convenaient davantage. On savait que Contador n'allait pas lâcher l'affaire comme ça, il était impressionnant quand il a attaqué. Je suis content d'avoir pu sauver les meubles."

Christian Grégoire