Vincenzo Nibali
Vincenzo Nibali | LUK BEINES / AFP

Nibali, l’homme à battre du Giro

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Chef de file d’Astana pour le Tour d’Italie qui démarre ce samedi, Vincenzo Nibali s’est fixé l’objectif de porter le maillot rose de leader lors de l’arrivée à Brescia le 26 mai prochain. Une ambition à sa portée, car le coureur italien aborde ce Giro dans une forme étincelante et pourra compter sur un entourage solide, dévoué à la victoire de son leader.

Vainqueur pour la deuxième fois de sa carrière du Tour du Trentin, dans les montagnes du nord de l’Italie, il y a dix jours, Vincenzo Nibali n’a pas beaucoup célébré son succès. Quelques instants après avoir levé les bras à l’issue de la dernière étape, le Sicilien se tournait en effet déjà vers l’avenir, et sa grande priorité de l’année : le Giro. Sur le podium de l’épreuve en 2011 (reclassé 2e après la destitution du titre d’Alberto Contador), troisième en 2010, Nibali ne vise désormais plus que la victoire finale. « Cette année, la principale différence [avec les précédentes éditions] est que mon équipe sera à 100% derrière moi », expliquait-il avant de courir Liège-Bastogne-Liège (23e), son ultime préparation avant le Tour d’Italie. « J’ai remporté Tirreno-Adriatico et le Tour du Trentin le dernier jour de course. Cela prouve que je n’ai pas commis beaucoup d’erreurs ». Et qu’il est en pleine confiance.

Vinokourov y croit

Manager de la formation kazakhe, Alexandre Vinokourov ne cache pas ses ambitions : « Il a déjà gagné la Vuelta [en 2010] et a pris la troisième place du Tour de France [en 2012]. Il est prêt à combattre pour le maillot rose ». Et aura un entourage entièrement rallié à sa cause : Paolo Tiralongo, Fredrik Kessiakoff et le jeune Fabio Aru notamment.

« On ne peut pas ignorer Bradley Wiggins, Michele Scarponi, Ryder Hesjedal et Robert Gesink, notamment », prévient toutefois Vinokourov. « Ces quatre coureurs seront nos grands adversaires », mais « toute l'équipe roulera pour Vincenzo, tout le monde sera à son service de Naples à Brescia. Après si l'équipe va bien, et si nous pouvons entrer dans une échappée ou pousser Fabio Aru à décrocher le maillot de meilleur jeune, nous le ferons, mais ces objectifs sont secondaires par rapport au maillot rose »

Wiggins n’a « pas peur de lui »

Il y a moins de deux semaines, sur le Tour du Trentin, Nibali avait devancé Bradley Wiggins (5e), son plus sérieux concurrent sur le Giro. Le Britannique de l’équipe Sky, qui vise ouvertement le doublé Tour d’Italie - Tour de France, a présenté son rival italien comme « le grand favori ». « Le tracé lui est plus favorable », estime-t-il. « Il s’est entraîné dur et ne participera pas au Tour de France. Il mise donc tout sur le Giro ».

« Je pense qu’il n’a jamais été aussi en forme et qu’il est bon partout », a poursuivi le vainqueur de la dernière Grande Boucle. « Je n’ai pas peur de lui, je le respecte. Je connais ses forces et ses faiblesses. Je sais ce que j’ai à faire. Selon moi, il est l’homme à battre ».

Côté Astana, on se méfie tout particulièrement de Wiggins. « Nous ne savons pas encore vraiment s’il a pour objectif de gagner le Giro ou s'il veut l'utiliser comme préparation pour le Tour », explique Vinokourov, « mais il  a gagné le Tour et le contre-la-montre olympique. On ne peut pas l'ignorer ». Le duel entre les deux hommes, sur le tracé dantesque du prochain Giro, s’annonce remarquable.