Robert Gesink (Blanco)
Robert Gesink (Blanco) | NICOLAS GOTZ - WORLDPICTURES - MAX

A la chasse à Wiggins et Nibali

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Cinq. Ils sont cinq à pouvoir espérer contrecarrer les plans de Bradley Wiggins et de Vincenzo Nibali sur le premier Grand Tour de la saison. Robert Gesink, Michele Scarponi, Cadel Evans, Samuel Sanchez et Ryder Hesjedal se présentent en outsiders au départ du Giro, dimanche à Naples.

Nibali-Wiggins, le « Requin de Messine » contre « Wiggo », le 96e Giro semble, pour le moment, se résumer en un duel entre ces deux poids lourds du peloton. Et pour cause, le premier rêve d’accrocher enfin son tour national après deux podiums (3e en 2010, 2e en 2011) et le second s’attaque à un nouveau défi après sa démonstration sur la Grande Boucle l’an passé. Pourtant, derrière ces deux hommes, un quintette de coureur confirmé lorgne une quelconque méforme d’un des favoris désigné. Tour d’horizon des forces en présence.

Robert Gesink (26 ans, Blanco)

Peut-être, l’homme le plus dangereux pour Nibali et Wiggins. Grand espoir du cyclisme néerlandais, Robert Gesink tarde à confirmer son immense talent. D’abord passé par la Vuelta (7e en 2008, 6e en 2009), le géant hollandais a impressionné sur la Grande Boucle 2010 en prenant la cinquième place. Annoncé depuis comme le grand coureur de courses de trois semaines de demain, le grimpeur de la Blanco (ex-Rabobank) doit prouver qu’il peut être celui-ci sous peine de voir ses dirigeants perdre patience. Sixième en Catalogne cette saison et quatrième à Murcie, Gesink participe au Giro pour la première fois. Son manque d’expérience sur les routes italiennes pourrait lui porte préjudice.

Michele Scarponi (33 ans, Lampre-Merida)

L’un des nombreux vétérans du cyclisme italien a pris une nouvelle dimension depuis trois ans. Auparavant un peu juste sur les courses de trois semaines, le coureur de la province d’Ancône s’est mué en leader solide sur son Giro. Quatrième en 2010 puis vainqueur en 2011 et de nouveau au pied du podium l’an dernier, le grimpeur de 33 ans se présente en bonne forme au départ de Naples après une préparation bien maîtrisée, pour preuve son podium (3e) au Tour de Catalogne et sa cinquième place sur le récent Liège-Bastogne-Liège. Sur un Giro très montagneux, Scarponi pourrait tirer son épingle du jeu. Gare toutefois, au contre-la-montre de 55 kilomètres entre Gabicce Mare et Saltara, le plus long sur le Giro depuis 2009.

Cadel Evans (36 ans, BMC Racing)

Le coureur australien a connu l’apothéose de sa carrière sur le Tour 2011 et sa victoire finale. Depuis, il peine à retrouver le niveau qui a fait de lui l’un des meilleurs coureurs de la planète. Cette saison, l’Australien souffre puisqu’il n’a pris que la 22e place de Tirreno-Adriatico et la 8e du Tour du Trentin. Sur la course qui l’avait révélé aux yeux du monde (14e en 2002 après avoir porté le maillot rose) à l’époque sous les couleurs de la Mapei, le Champion du monde 2009 espère bien s’offrir un dernier baroude d’honneur. Néanmoins, son style correspond peu aux monts italiens et leurs pourcentages effrayants. Evans devraient compter sur son expérience pour faire pencher la balance en sa faveur et récolter un nouveau podium sur un Grand Tour, le cinquième de sa carrière.

Samuel Sanchez (35 ans, Euskatel-Euskadi)

En voilà un à qui les pourcentages abrupts ne font pas peur. Puncheur de talent, Samuel Sanchez s’est mué en grimpeur hors pair depuis quelques années. Absent du Giro depuis 2005 (17e), le Basque pourrait être un des dynamiteurs de la course. Il perdra du temps sur le contre-la-montre de 55km et devra obligatoirement allumer des mèches dans la montagne pour espérer un beau final à Brescia dans trois semaines. Sa saison 2013 ne parle pas pour lui (18e sur Tirreno et 5e chez lui au Pays Basque) mais si le Champion olympique 2008 vient en Italie, ce n’est sûrement pas pour faire du tourisme.

Ryder Hesjedal (32 ans, Garmin-Sharp)

Vainqueur à la surprise générale en 2012, le Canadien doit prouver qu’il a le talent pour briller sur un Grand Tour autrement que par des circonstances favorables. Excellent rouleur, grimpeur besogneux, le coureur de la Garmin sortait un peu de nulle part l’an dernier puisque jusqu’ici, son meilleur résultat sur une course de trois semaines était sa 17e place sur le Tour 2011. Coureur de classique, Hesjedal a raté sa campagne 2013 (8 à Liège, 19e sur la Flèche). Sera-t-il capable de rééditer sa performance de l’an dernier ? Rien n’est moins sûr mais le Canadien est un coureur à surveiller.