Giro : Débuts idéaux pour Kelderman et Almeida, Kruijswijk en retrait... Le baromètre de la première semaine

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Kelderman Fuglsang Kruijswijk
Kelderman et Fuglsang se sont montré à l'aise en montagne, à l'inverse de Kruijswijk. | AFP

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Au terme d'une première semaine mouvementée, bouleversée par les abandons de Simon Yates et de Geraint Thomas, illuminée par les trois victoires d'Arnaud Démare, le classement général du Giro 2020 s'est déjà bien décanté. Leader surprenant depuis la 3e étape, Joao Almeida a créé la sensation. En montagne, c'est Wilco Kelderman qui s'est montré le plus consistant. A l'inverse, Steven Kruijswijk a passé une sale semaine.

♦ Ils n'avaient sans doute pas rêvé mieux :

La Deceuninck-Quick Step devait lancer le prodige Remco Evenepoel en Italie cette année, mais sa terrible chute lors de Milan-San Remo l'en a écarté. C'est finalement celui qui a navigué dans son ombre sur le Tour d'Algarve et celui de Burgos, Joao Almeida, qui a endossé la responsabilité de mener le "Wolfpack". Son chrono monstrueux lors de la première étape sicilienne a d'abord marqué les esprits puisqu'il a été le plus proche du supersonique Filippo Ganna (Ineos Grenadiers).

Le jeune portugais a joui d'une belle avance sur tous les favoris au classement général. Une avance qui a diminué mais jamais complètement fondu lors des deux étapes de montagne sur l'Etna et à Roccaraso, ce qui lui permet de conserver son maillot rose de leader au bout de la première semaine. Au total, il aura perdu 42 secondes en montagne par rapport à Wilco Kelderman (Sunweb), son dauphin et surtout le meilleur lors des deux étapes clés. Le Néerlandais, décevant depuis sa 4e place sur la Vuelta 2017, n'a pour l'instant été devancé par aucun adversaire au général en montagne.

Ce dimanche, il bénéficiait du soutien de six de ses coéquipiers à 10 km de l'arrivée au sommet quand le peloton avait déjà subi une première sélection. Déjà bien équipé avec Sam Oomen en lieutenant désigné, il est aussi accompagné du très prometteur Jai Hindley. Ce dernier est arrivé avec son leader à Roccaraso et pointe encore à une très belle 9e place au général. Tous les voyants sont au vert pour Kelderman, qui contrairement à beaucoup de ses adversaires, ne craint pas les deux chronos au programme.

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♦ Ils sont en embuscade :

Rien n'est encore joué. Personne n'est encore vraiment vaincu. Le gros du menu montagneux est attendu en troisième semaine, ce qui peut expliquer la prudence de certains. Au soir de la première semaine, cinq coureurs ont en tout cas l'étoffe pour contester l'hégémonie de Joao Almeida et pour jouer une belle place dans le Top 5 du classement général. Derrière Wilco Kelderman, c'est Jakob Fuglsang (Astana) qui s'est montré le moins emprunté.

Le Danois, unique leader d'une équipe décimée, est arrivé dans le même temps que le Néerlandais dimanche à Roccaraso. Il était arrivé second des favoris dans l'Etna également, à 12 secondes du coureur de la Sunweb. Seulement 6e à 1'01 du leader, Fuglsang paie son très mauvais chrono à Palerme, mais les jambes semblent prêtes. Même constat pour Rafal Majka (Bora-Hansgrohe) qui n'a perdu que trois secondes de plus que le Danois sur Kelderman en montagne (10e à 1'17). 

Domenico Pozzovivo (NTT) a lui aussi fait une bonne impression cette semaine. L'Italien de 37 ans, qu'on disait maudit voire fini après avoir enchaîné les lourdes chutes, n'a perdu que 18 secondes en montagne sur Kelderman. Comme Majka, son profil de grimpeur lui permettra sans doute de mieux digérer que certains le bloc montagneux de la troisième semaine, mais les deux contre-la-montre risquent de leur faire perdre beaucoup de temps. Pour Pello Bilbao (Bahrain-McLaren), actuel 3e à 39 secondes, le problème ne sera pas tant les chronos mais plutôt l'enchaînement avec le Tour de France qu'il a bouclé il y a 3 semaines et qui risque de peser dans les jambes.

Le bilan est légèrement moins satisfaisant pour Vincenzo Nibali (Trek Segafredo), surtout après la 9e étape, au terme de laquelle il a lâché 14 secondes à Kelderman. Surtout, il avait fait rouler son équipe dans l'avant-dernière ascension avant de leur demander d'arrêter. Inquiet de sa forme deux semaines avant le Tour d'Italie, le requin de Messine espère être sur la pente ascendante. Il ne déçoit jamais sur le Giro, qu'il a systématiquement terminé sur le podium lors de ses 6 dernières participations.

♦ Ils ont passé une sale semaine :

Relégué à déjà 1'24 du maillot rose, Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma) aurait sans doute espéré mieux qu'une 11e place à la fin de la première semaine. Loin d'être hors course, le Néerlandais ne semble en tout cas pas être revenu à son meilleur niveau après sa lourde chute dans le Critérium du Dauphiné. Le plus inquiétant est le fait qu'il a perdu plus de temps à Roccaraso (21'' sur Kelderman et 17e du groupe des leaders) que dans l'Etna (17'' sur Kelderman), alors qu'on aurait pu se dire qu'il serait sur la pente ascendante.

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Il s'estimera sans doute heureux d'être toujours en course, contrairement à Geraint Thomas (Ineos Grenadiers). Le grand favori britannique a abandonné au départ de la 4e étape après avoir subi l'ascension de l'Etna, meurtri par une chute dans le départ fictif. Lui aussi en peine dans les pentes du volcan sicilien, l'autre Britannique Simon Yates (Mitchelton-Scott) est aussi passé à la trappe, positif au Covid-19. Abandon également pour les deux coureurs d'Astana Miguel Angel Lopez, qui a été évacué en ambulance lors de la première étape, et Aleksandr Vlasov, malade le deuxième jour.