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François Pervis teste la piste du Vélodrome national | DR

François Pervis:"C'est une super piste"

Publié le , modifié le

Une semaine après avoir pulvérisé le record du kilomètre au Mexique, François Pervis a testé la piste du tout nouveau Vélodrome national, et a livré à Francetvsport.fr ses premières impressions. A voir son visage radieux après quelques tours, inutile de dire qu'il est comblé.

Quelle est votre toute première impression après avoir testé cette piste ?
François Pervis: "C'est une super piste ! Je suis très très agréablement surpris. Me dire que je vais m'entraîner là au quotidien, c'est génial. Je ne suis pas bouche bée, mais presque. Je m'attendais à une très belle piste, tout le monde l'avait annoncé, mais là… C'est la première fois que je monte dessus, et pouvoir me dire que cela va être mon lieu d'entraînement au quotidien, ça fait vraiment du bien."

Vous sentez vraiment une différence par rapport à d'autres pistes ?
FP: "
Oui, c'est flagrant. La piste est très large, le bois est très dur, très sec, cela peut aller très vite. Bénéficier d'un mètre en plus sur la largeur va nous permettre en outre de prendre plus de vitesse, à vue de nez de un à deux kilomètres par heure, ce qui est énorme sur un sprint. Cela fait 12 ans que je parcours les pistes du monde entier, et je me suis tout de suite rendu compte que le dessin est atypique par rapport à d'autres pistes. J'aime vraiment ce dessin. C'est important pour avoir de l'engouement à l'entraînement, et le jour où il y aura des compétitions, prendre du plaisir, c'est une grosse part de réussite dans la performance."

On vous sent comme un enfant au pied d'un sapin…
FP:
 "Oui, on est à une semaine de Noël… Cela faisait tellement longtemps que l'on attendait ça, que c'est vraiment bien. A l'Insep, la piste était bien pour progresser, mais on se sentait vraiment bridé par rapport à l'évolution de notre sport, des braquets. Quand on faisait des sprints, le matériel cassait car les virages étaient trop petits, et ici on va faire tout ça en sécurité. On va pouvoir dominer nos braquets à l'entraînement, et cela nous fera forcément progresser. C'est que du bonus pour le futur."

C'est une piste à record ?
FP:
 "Certainement une piste à record, mais de là à battre celui du kilomètre, on n'est pas en altitude ! Je ne descendrai peut-être pas sous la minute. Ça dépend de beaucoup de circonstances. Je viens de battre un record, et je ne pense pas le rebattre. Pour l'instant j'essaie de rester les pieds sur terre et de penser aux championnats du monde qui vont arriver dans deux mois. Les records, je m'en occuperai que lorsqu'ils seront battus, et j'espère que je serai à la retraite d'ici là !"

Vous vous imaginez remporter un titre devant votre public ici-même ?
FP:
 "Oui, j'imagine très bien. D'être champion du monde devant son public, ce serait vraiment bien. J'en frissonne déjà. Surtout que c'est proche de la Mayenne (sa région, ndlr), donc je pourrai enfin montrer à ma famille, mes amis, mes fans, ce que je fais au quotidien. Ça va être une ambiance de folie."

Est-ce que cette piste peut permettre aux Français de repasser devant les Britanniques ?
FP:
 "Forcément, elle va y contribuer. Après, on a encore beaucoup de choses à améliorer. Mais c'est déjà une belle avancée pour d'abord rattraper le retard et les dépasser. Ce n'est pas le tout de les rattraper, on ne veut pas les rattraper, on veut vraiment les dépasser. Et on est là pour ça !"

Cela ne va pas être dur de tourner la page de l'Insep après 12 ans passés là-bas ?
FP:
 "C'est un gros pincement au cœur. C'est ce qui a fait qu'aujourd'hui, je suis champion du monde. Cela m'a formé, que ce soit au niveau scolaire ou sportif. C'est ce qui a fait que je suis l'homme que je suis aujourd'hui. J'ai passé plus de temps à l'Insep que chez mes parents. Pour moi, l'Insep c'est une grande famille. Tous les services qui sont présents là-bas m'ont permis de progresser. Je vais effectuer mon dernier entraînement lundi ou mardi de la semaine prochaine, et oui, c'est difficile. Car je suis attaché à cette piste-là, à l'environnement, parce que l'on côtoie aussi d'autres sports. J'ai eu des professeurs formidables là-bas, et j'ai senti que j'étais privilégié. Mais c'est quitter un outil de travail qui était bien, pour un meilleur, et cela me permet de ne pas trop verser ma petite larme."

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Romain Bonte