François Pervis
A Cali, en février, François Pervis avait régné sur le sprint mondial en décrochant 3 titres | LUIS ROBAYO / AFP

François Pervis "rincé" avant les Championnats de France

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L'homme fort du sprint mondial, François Pervis , n'attend rien des Championnats de France qui se disputent de jeudi à dimanche au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines.

- Qu'avez-vous fait depuis les Championnats du monde de Cali ?
"La tournée (de keirin) au Japon s'est très bien passée de mi-avril à fin juillet même si, dans la tête, c'était plus dur. J'ai laissé ma femme toute seule à la maison alors qu'elle était enceinte. J'ai quasiment gagné tous mes sprints, 80 % de victoires, c'est ma meilleure année. Je suis rentré usé et j'ai pris trois semaines de vacances. C'était la première fois que je prenais autant de vacances depuis 2008, quand je m'étais cassé la clavicule avant les JO."
   
- La reprise a-t-elle été dure ?
"Très dure. J'ai fait une première sortie de 43 kilomètres en vallée de Chevreuse, j'ai mis 2 heures... Un truc de malade ! J'ai fait quinze jours de  route avant de toucher à une barre de musculation, je savais qu'il fallait en passer par là, par l'endurance de base."

- Où en êtes-vous pour les Championnats de France ?
"Désolé, si je n'avais pas eu le maillot de champion du monde, j'aurais déclaré forfait. J'ai repris l'entraînement piste et la musculation le 1er septembre. Là, je suis rincé par rapport aux autres qui ont fait du spécifique. Je suis resté sur l'entraînement de base, la quantité... Et, en plus, j'ai une bronchite ! Je ne me vois gagner aucune épreuve. Peut-être le keirin, si je cours très bien. En vitesse, je n'ai pas du tout les watts et pour le kilomètre, je n'ai pas l'entraînement spécifique."
   
- Que prévoyez-vous de faire avant les Championnats du monde en février ?
"A mon programme, j'ai les deuxième et troisième manches de Coupe du monde. Aux Championnats du monde, j'aimerais faire les quatre épreuves (du sprint) si je marche. Actuellement, j'en suis très loin mais je ne m'en fais pas du tout. J'ai entièrement confiance en ce que je fais, en mon entraîneur Franck Durivaux. Si je me sens capable de le faire, je tenterai le coup."
   
- Votre différend avec Grégroy Baugé est-il clos ?
"C'est du passé. Ce que j'ai dit a porté à confusion mais je n'ai pas manqué de respect. J'ai dit qu'on n'avait pas l'équipe pour gagner, je n'ai pas dit qu'il ne marchait pas. Je veux intégrer la vitesse par équipes, quel que soit le poste. Je me sens capable de faire les trois postes. La vitesse par équipes, c'est mon seul objectif des (manches de) Coupe du monde. J'en ferai sûrement une en démarreur, pour voir. Le poste qui me plairait le plus, c'est le deuxième, je démarre assez bien pour suivre Greg."
   
- Que pensez-vous du départ de Justin Grace, le "coach" néo-zélandais de l'équipe de France parti entraîner en Grande-Bretagne ?
"Beaucoup de coureurs sont contents, ils ont tout fait pour. Je le regrette, il avait encore des choses à nous apporter. Il était beaucoup plus calé que nous sur l'aérodynamique, il nous a appris des choses concrètes sur la position, les tissus, les guidons... D'un autre côté, c'était du grand n'importe quoi à certains moments, dans l'organisation surtout. Il s'y est très mal pris, il a fait des grosses erreurs de management."
   
 - Et votre nouvel entraîneur, Franck Durivaux ?
 "Sa difficulté sera de gérer les états d'âme et les souhaits des coureurs. Pour certains, un champion ne se fabrique que par un champion, il faut que l'entraîneur soit un champion. Moi, ce que j'attends de lui, je l'ai déjà plus ou moins. Qu'il me fasse confiance, il sait que je ne suis pas un tire-au-flanc."

AFP