Florian Rousseau quitte son poste d'entraîneur du sprint

Florian Rousseau quitte son poste d'entraîneur du sprint

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Florian Rousseau a décidé de quitter son poste d'entraîneur du sprint, le fleuron du cyclisme français dont il estime l'avenir sportif menacé.

"A Minsk, c'étaient mes derniers Mondiaux en tant qu'entraîneur de l'équipe  de France", a révélé l'Orléanais, légende du sprint, triple champion olympique  (1996 et 2000) avant de devenir le responsable du pôle de l'Insep. "J'ai l'impression d'avoir atteint ma limite par rapport à notre  organisation, au fonctionnement que propose la Fédération française de cyclisme  (FFC)", a résumé Rousseau. Dans ces premiers Mondiaux post-olympiques, l'entraîneur de Grégory Baugé  (triple champion du monde de vitesse mais battu en finale des JO) a tiré la  sonnette d'alarme publiquement pour dénoncer l'inertie depuis les JO de Londres. "Dans les missions de la fédération, il y aussi le haut niveau. Ce sont les  équipes de France !", s'est exclamé Rousseau, irréprochable durant toute sa  carrière vis-à-vis des couleurs nationales. Calmement, il a expliqué sa décision de passer la main après sept ans  passés à la tête de l'élite. Il a évoqué "le temps de latence en matière d'organisation" de la part de la FFC. Il a souligné aussi "la fracture" entre  les dirigeants de la FFC présidée par David Lappartient (réélu avec 86 % de  voix samedi) et le côté sportif.
   
"On n'est pas consulté"

"On n'est pas consulté, on ne demande pas notre avis, on ne sent pas la  volonté d'impliquer les techniciens", a insisté Florian Rousseau, qui symbolise  l'éclatante réussite du sprint français durant les deux dernières décennies (9  titres en vitesse individuelle et 10 titres en vitesse par équipes depuis 1995). S'il ne ferme pas la porte ("c'est envisageable mais pas à n'importe  quelles conditions") à un futur poste au sein de la Fédération, laquelle  cherche le financement pour monter une équipe multidisciplinaire de très haut  niveau (à 20 millions d'euros) afin de devenir la première nation mondiale, il  dit être, à l'âge de 39 ans, sur le marché des entraîneurs.

La FFC doit maintenant lui trouver un successeur, sachant que l'autre  entraîneur français du sprint ces dernières années, Benoît Vêtu, est parti à la  fin de la saison dernière en Russie. Avec, pour résultat immédiat, la médaille  d'argent conquise par l'un de ses élèves (Denis Dmitriev) dans l'épreuve-reine  de la vitesse aux Mondiaux de Minsk. Alors que l'olympiade est entamée, l'avenir sportif de Grégory Baugé, de  François Pervis (champion du monde du kilomètre à Minsk) et de la vitesse par  équipes, symbole de la puissance française du sprint, est déjà en question. "Pour qu'ils soient champions olympiques à Rio, on ne peut pas attendre", a  rappelé Florian Rousseau qui a reconnu pudiquement, à propos de la fin du  binôme qu'il formait avec "Greg" Baugé: "C'est difficile..."

AFP