Pauline Ferrand-Prevot
Pauline Ferrand-Prevot savoure son titre de championne du monde | DE WAELE TIM / TDWSPORT SARL / DPPI MEDIA

Ferrand-Prevot en veut à Longo

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Sacrée championne du monde sur route, Pauline Ferrand-Prevot (22 ans) s’est confiée mardi à l’Equipe sur sa course impeccable, sur l’image du cyclisme féminin… et sur Jeannie Longo, à qui elle reproche de n’avoir "rien apporté à nous, les jeunes".

Si elle a déjà cumulé tous les titres nationaux -et internationaux en junior- sur route, en VTT et en cyclo-cross, le sacre de Pauline Ferrand-Prevot, samedi à Ponferrada, constitue sans aucun doute l’apogée de sa jeune carrière. Et si elle annonce volontiers qu’elle n’aura "jamais le même palmarès" que Jeannie Longo, dernière Française à avoir porté le maillot arc-en-ciel, la nouvelle championne du monde n’est pas tendre avec sa glorieuse aînée. 

"En 2012 (au Championnat de France), quand je l’avais battue sur le chrono, j’avais dit : ‘Voilà, Longo, c’est fini’. Et je m’étais fait mal voir, rappelle-t-elle dans les colonnes de l’Équipe. On m’avait dit : ‘Mais tu te prends pour qui ? Tu n’auras jamais son palmarès’. Du coup, je n’aime pas trop parler d’elle et je ne sais pas comment en parler. Je la respecte pour son palmarès mais je me dis aussi qu’elle ne nous a rien apporté, à nous, les jeunes. Elle s’est accaparée les médias mais ne nous a jamais transmis son savoir, n’a jamais fait un pas vers nous. Un SMS, ça ne coute rien… c’est sa gueule d’abord et les autres passent après. La seule fois qu’elle m’a félicitée, c’était devant une caméra".

"En gros, elle veut juste nous ridiculiser"

La jeune cycliste, qui évolue chez Rabobank-Liv aux côtés de la numéro 1 mondiale, Marianne Vos, regrette que Longo "ne (veuille) pas tourner la page" et lui reproche de n’avoir continué à faire les Championnats de France "juste pour pouvoir dire : ‘regardez, les jeunes n’ont pas le niveau’. En gros, elle veut nous ridiculiser". A 55 ans, celle qui a gagné 13 titres de championne du monde n’a jamais répondu aux appels du pied de la Fédération qui souhaitait en faire son entraîneur national, ce qui traduit plus généralement, selon Ferrand-Prevot, un individualisme forcené dans le cyclisme féminin que représente aussi Edwige Pitel (47 ans) : "Elle est un peu comme Longo. Elle fait sa course à elle, pas en équipe".

La Rémoise, qui se tourne déjà vers les prochains Jeux Olympiques à Rio, espère participer à l'élaboration d’une nouvelle image de sa discipline, "plus jeune, plus féminine". Elle appelle à un changement des mentalités et souhaiterait que les courses dames soient organisées le même jour que les hommes, "pour profiter de l’impact, comme sur les classiques belges. Il faudrait que des sponsors y croient mais cela ne coûterait presque rien. Avant, c’était les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Pas le même monde. Cette année, aux Mondiaux, avec la nouvelle génération, les Bardet, Bouhanni, c’est plus sain".

Vidéo : Ferrand-Prevot invitée de Tout le Sport

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer