Lance Armstrong
L'Américain Lance Armstrong | AFP - TIMOTHY A. CLARY

Dopage: Armstrong tourne le dos à l'USADA

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Dans un communiqué de son avocat, Lance Armstrong a indiqué qu'il ne collaborerait pas avec l'Agence américaine antidopage (USADA), qui l'a fait tomber pour dopage, malgré la possibilité de voir sa suspension à vie être réduite. L'ancien cycliste américain avait jusqu'à mercredi, date limite fixée unilatéralement par l'Usada, pour accepter de fournir sous serment à l'Agence américaine les détails de ses activités, ce qu'il s'était gardé de faire lors de ses aveux de dopage télévisés devant l'animatrice Oprah Winfrey, mi-janvier. Il ne l'a pas fait, et son avocat, Tim Herman, a indiqué qu'il ne collaborerait pas avec l'Agence.

Il ne l'a pas fait, et son avocat, Tim Herman, a déclaré qu'il ne collaborerait pas avec l'agence. C'est un énième revirement de Lance Armstrong. Mais ce n'est pas non plus une surprise. Même si l'on pensait que le Texan pourrait saisir la chance qui aurait pu lui être éventuellement possible de réduire sa suspension qui lui aurait peut-être permis dans quelques années de pouvoir participer à des triathlons ou des marathons. C'était après tout ce que réclamait Armstrong. Mais décidément il en voulait beaucoup trop à l'Usada pour faire amende honorable. I
Il est vrai que c'est à cause d'elle qu'il a dû avouer son dopage. C'est à cause d'elle qu'il a été suspendu à vie de toute compétition sportive. C'est à cause d'elle qu'il s'est fait retirer ses victoires, notamment les 7 du Tour de France et sa médaille olympique. Et s'il a clamé depuis plusieurs semaines qu'il pourrait participer à une commission de rédemption de l'UCI, il n'a jamais donné de preuves de sa volonté d'expliquer en détails comment il s'est dopé pendant toutes ces années. Et c'est ce que l'Agence américaine lui demandait, en échange d'une possible réduction de sa peine. En tournant le dos à cette porte ouverte, l'Américain décide de garder ses secrets et de ne pas aider ceux qui ont participé à sa chute.

Armstrong ne veut pas coopérer avec l'USADA, selon son avocat, parce que les orientations de l'agence sont trop sélectives et tendent à démoraliser les coureurs américains dans un sport qui reste, à ses yeux largement européen. "Lance est prêt à coopérer pleinement et a été très clair: il sera le premier à se présenter devant une cour compétente, et à répondre devant elle à toutes les questions, s'il s'agit d'un tribunal abordant globalement les questions du cyclisme professionnel, un sport presque exclusivement européen," a précisé Herman.. "Nous gardons l'espoir qu'un effort international sera  fait pour cela et nous apporterons tout nos effots pour faciliter le résultat.  En attendant, pour plusieurs raisons, Lance ne répondra pas aux convocations de l'USADA qui ne reste que sur la question américaine en donnant certains coureusrs en pature, sans mettre en évidence les 95% des autres coureurs qui pourraient être incriminés dans ce sport sur lequel l USADA n'a pas compétence. "

De son côté, l'Usada s'est voulue très clair également. "Nous avons fourni à M. Armstrong plusieurs occasions de nous aider dans nos efforts continus visant à assainir le sport cycliste. Après son interview télévisée récente, nous avons de nouveau invité à venir nous fournir des informations honnêtes, et il a été informé par écrit par le World Anti-Doping Agency (AMA) que c'était le moyen approprié pour lui s'il voulait faire que nous trouvions une solution, a déclaré Travis Tygart, le président de l'Usada.  "Au cours des dernières semaines, il nous a amené à croire qu'il voulait venir et aider l'Usada, mais il s'inquiète en fait de la responsabilité pénale et civile que cela peut entraîné pour lui.. Aujourd'hui, nous avons appris M. Armstrong a fait le choix de ne pas venir et dire la vérité, renonçant donc à la possibilité de redorer un peu son image et de redresser les torts qui sont les siens.  Nous continuons à aller de l'avant avec notre enquête sans lui et nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec l'AMA et aux autres instances internationales et responsable pour tenir notre rôle pour protéger les athlètes et leur droit de concourir dans un sport sans dopage". 

Christian Grégoire