Cyclisme - Vincent Lavenu (AG2R) face à la difficile équation du nouveau calendrier : "Trouver le bon équilibre entre trop et pas assez courir"

Publié le

Auteur·e : Alexandre Pasteur
Vincent Lavenu

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Peu après que l'Union cycliste internationale (UCI) a dévoilé le nouveau calendrier des épreuves sur route de l'année 2020, Vincent Lavenu, le manageur de l'équipe AG2R - La Mondiale s'est confié à Alexandre Pasteur. Une saison en trois mois va poser des problèmes : "Il faudra trouver des aménagements pour chacun puisse courir assez mais pas trop."

Vous avez pris connaissance du nouveau calendrier. Y a-t-il des choses qui vous étonnent ?
Vincent Lavenu :
"On avait des bribes d'informations, et on pensait que le calendrier ressemblerait à ça. Aujourd'hui, on peut voir l'équilibre de ce qui a a été préparé et de se projeter dans les mois futurs en sachant que ce calendrier est bien étoffé."

Le Dauphiné est raccourci. Est-il dénaturé ?
VL :
"Non, l'essentiel est sauvé : le Critérium peut avoir lieu. Evidemment, chaque organisateur a dû trouver sa place et rogner quelques jours. Ce qui était important c'est que chaque grande épreuve du calendrier international puisse trouver sa place. Il faudra certainement rajouter des épreuves françaises ou belges, au niveau Europe Tour. D'autres épreuves vont venir étoffer ce calendrier et on sera mis à l'épreuve pour participer à tout ça."

"Trouver le bon équilibre entre trop et pas assez courir"

Est-ce que ce calendrier est tenable, en condensant toutes ces courses en trois mois ?
VL :
"Oui je crois. Il y aura certainement quelques endroits où cela va coincer un peu. Je pense notamment au mois d'octobre où à certains moments on sera sur quatre fronts, ce qui me semble compliqué. Il y aura certainement des aménagements de l'UCI pour avoir un peu d'indulgence. D'un autre côté, les coureurs sont bien reposés depuis 2-3 mois, et ils auront à cœur de repartir avec un dossard. Ils seront très motivés. Il faudra trouver des aménagements pour chacun puisse courir assez mais pas trop. Ce sera le savoir-faire des équipes, des manageurs pour trouver le bon équilibre entre trop et pas assez courir."

Deux courses par étapes de cinq jours (Dauphiné et Tour de Pologne), n'est-ce pas un peu juste pour préparer le Tour de France ?
VL :
"Je ne crois pas. Il y a du temps pour arriver jusqu'au Tour de France. les coureurs vont retrouver la route à partir du 11 mai. Ils ne sont pas restés sans rien faire. Ils ont souvent bien travaillé, de manière spécifique sur des périodes assez courtes mais intenses. Maintenant, ils vont repartir sur un travail foncier, accumuler des kilomètres ce qui devrait leur donner un seuil assez important pour aborder les compétitions du mois d'août. Deux grandes courses avec du travail foncier auparavant, c'est jouable."

Votre formation AG2R - La Mondiale sera présente sur tous les fronts. La plupart des classiques ont lieu après le Tour de France. Votre leader sur les classiques du Nord, Oliver Naessens, sera-t-il forcément sur le Tour de France pour les préparer ?
VL :
"On n'en a pas encore vraiment parlé. Si je dois donner un pourcentage, je pense qu'il y a 75-80% de chances qu'Oliver soit au départ du Tour car c'est un bon fonds de jambes pour préparer toutes ces classiques. Le fait de participer aux classiques en octobre peut tout à fait se cadrer avec une participation au Tour de France."

Le Tour, un passage obligé pour briller au championnat du monde

Est-ce que ce nouveau calendrier remet en cause l'envie de Romain Bardet de privilégier le Tour de France plutôt que le Giro ?
VL :
"Non. En début d'année, il était prévu que Romain participe au Giro. Puis, avec tous ces événements, on a basculé sur le Tour. Maintenant, on va rester sur le Tour. En plus, on sait que derrière, il y a le championnat du monde le week-end suivant. Un coureur qui envisage de briller au championnat du monde aura pour obligation de passer par le Tour de France."

Est-ce que ce sera encore possible de mobiliser des coureurs pour la Vuelta, dernier grand Tour fin octobre ?
VL :
"Certainement. les coureurs ont passé des mois à attendre les compétitions. Il y aura forcément des coureurs qui n'auront pas fait le Tour, d'autres qui auront été déçus de leur Tour, d'autres qui auront des objectifs plus lointains. Je pense que la Vuelta pourra bénéficier d'un beau plateau. Chaque équipe arrivera avec des effectifs frais, qui auront envie de courir."

Alexandre Pasteur apasteur