Cyclisme : Le Belge Victor Campenaerts bat le record de l'heure établi par Wiggins

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
Campenaerts bat le record de l'heure

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Le Belge Victor Campenaerts a porté le record de l'heure au-delà des 55 kilomètres ce jeudi. Etabli au Mexique, Campenaerts a pu bénéficier de l'avantage de l'altitude pour battre le chrono de Bradley Wiggins.

Son record tenait bon depuis 2015. Le Britannique Bradley Wiggins ne détient plus, depuis ce jeudi, le record de l'heure. La faute au Belge Victor Campenaerts, qui a porté le record de l'heure au-delà des 55 kilomètres sur la piste du vélodrome mexicain d'Aguascalentes, avec 55,089 kilomètres. L'altitude aidant, puisque le Bicentenario d'Aguascalientes est situé à plus de 1.800 mètres, Campenaerts a amélioré de 563 mètres la performance de Wiggins, réalisée au niveau de la mer en 2015. 

L'Anversois, qui avait soigneusement planifié la tentative, a roulé dans le silence. A l'opposé de l'ambiance survoltée du vélodrome olympique de Londres où Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012 et quintuple champion olympique, avait réalisé sa performance. Le responsable sportif de l'opération, Kevin De Weert, chargé de renseigner Campenaerts sur sa progression, a utilisé sur le bord de la piste une tablette suivant un code de couleur, dans la mesure où les oreillettes et le compteur de données sont interdits pour le coureur. Le jaune voulait dire que le Belge était en avance, le blanc signifiait le respect du tableau de marche, le rouge marquait un retard.

 


 

Chaleur et silence

Pour réussir son record sur l'anneau de bois clair (pin de Finlande), Campenaerts a employé un braquet plus important que celui de Wiggins (58x14). Faute de pouvoir tourner les jambes aussi vite que le pistard britannique (105 tours/minute), il a joué sur une progression plus importante à chaque tour de pédale. Arrivé au Bicentenario quelque deux heures avant le début de sa tentative, il a suivi ensuite un protocole précis d'échauffement. Avec un gilet de refroidissement pour combattre les effets de la chaleur (29 degrés pendant la tentative). Sur son vélo pesé à 7,6 kilos (le poids minimal réglementaire est de 6,8 kg), Campenaerts s'est élancé dans le silence à peine troublé par le décompte du départ. Seuls une quarantaine de privilégiés étaient admis dans le vélodrome pouvant contenir 2.000 spectateurs. 

Pointé sensiblement dans le rythme de Wiggins sur les tout premiers kilomètres, il a pris ensuite le dessus pour se situer en avance au 10e kilomètre (10 min 57 sec 438). D'une régularité confondante, il a tourné au même rythme, soit 16 sec 2 / 16 sec 3 par tour de piste de 250 mètres. Ce n'est que vers le 35e kilomètre que De Weert a donné des signes de fébrilité. Son coureur, légèrement moins régulier, a toutefois continué à une allure supérieure à 55 km/h. L'écart par rapport à Wiggins (24 secondes au 40e kilomètre) a été stabilisé avant le dernier quart d'heure, synonyme de grande souffrance pour la quasi-totalité des candidats au record.

Un grand soin aux détails

Mais Campenaerts a tenu bon. Dans les trois dernières minutes, il est même parvenu à accélérer pour se projeter, dans un effort total, jusqu'à 55,089 kilomètres. Les chiffres affichés sur la tablette tendue par un officiel au pied du podium, après l'hymne national joué pour l'occasion. Double champion d'Europe du contre-la-montre, l'Anversois est l'un des meilleurs spécialistes actuels de la discipline. Médaillé de bronze aux derniers Mondiaux, il a gagné en mars le "chrono" de Tirreno-Adriatico.

C'est l'an dernier que l'idée de s'attaquer au record a germé, a-t-il expliqué. Avec le soutien de son équipe Lotto, il a pu préparer son projet de façon optimale (stage de deux mois en altitude, en Namibie, début 2019). Les détails ont été peaufinés, du vélo prototype fabriqué par Ridley pour un prix estimé de 100.000 euros aux lunettes équipés d'un filtre bleu pour faciliter l'adaptation au décalage horaire (7 heures par rapport à la Belgique). 

A l'arrivée, Campenaerts est le quatrième Belge de l'histoire à détenir le record du monde de l'heure. Quarante-sept ans après la légende Eddy Merckx, qui avait choisi en 1972 la piste en plein air de Mexico, au bout d'une saison ultra-pleine. En près d'un demi-siècle, le record a été amélioré de plus de 5,6 kilomètres. Mais, entre-temps, l'Union cycliste internationale (UCI) a autorisé, après plusieurs changements de réglementation, des éléments technologiques décisifs (roues pleines, prolongateur de guidon).
 

AFP