Chris Froome (Tour de France 2015)
L'attaque de Chris Froome a laissé Nairo Quintana sur place | JEFF PACHOUD / AFP

Critiqué sur le Tour de France, Chris Froome révèle ses chiffres pour prouver qu'il n'est pas dopé

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Sur le dernier Tour de France, les performances de Christopher Froome, vainqueur final, ont été largement remises en cause. Le Britannique s’est soumis à un test physique dans un laboratoire à Londres pour faire taire ses détracteurs.

"Comme promis, les résultats d’un test physiologique indépendant que j’ai fait cet été, sont publiés aujourd’hui". Voici les mots de Christopher Froome sur son site internet. Comme il l’avait déjà fait pendant le Tour de France, bien aidé par le manager du Team Sky, Dave Brailsford, le double vainqueur du Tour de France prône la transparence. Dans l’article de Richard Moore sur le site britannique, Esquire, on apprend que c'est Michelle Cound, la femme mais aussi la manager du champion britannique, qui a contacté le GlaxoSmithKline Human Performance Lab de Londres pour faire passer des tests à son coureur.

Le test de VO2 max, un effort horrible

Selon, Chris Froome, le test, réalisé au mois d’août a été supervisé par le Dr Joroen Swart, expert en physiologie du sport. Selon le rapport, le poids de Christopher Froome est de 69,9 kilos mais le chiffre le plus intéressant est celui de sa masse graisseuse qui atteint quasiment 10% quand elle se situe d’habitude autour des 5% pour un sportif. Sur le dernier Tour de France, le poids du coureur de la Sky était de 67 kilos. Pendant cette journée, Froome s’est soumis à trois efforts, deux efforts à un niveau élevé et un test de VO2 max. Selon cette étude, la VO2 max de Froome atteint 84,6, ce qui rapporté à son poids du Tour de France équivaut à 88,2. Selon le Docteur Swart, le test de VO2 max est extrêmement difficile puisqu’il s’agit de pédaler tant que vous pouvez tout en sachant que la résistance augmente toutes les 30 secondes, ce qui revient à "rouler sur une rampe qui devient de plus en plus raide", explique-t-il.

Vayer n'y croit pas

Que signifient ces résultats ? Phillip Bell, scientifique au GlaxoSmithKline Human Performance Laboratoire estime, pour Esquire, que les "données de Froome sont proches de ce que nous croyons être les limites de VO2 pour un humain". Si Bell et Swart estiment que ces chiffres prouvent que Froome n’est pas dopé, il n’en va pas de même pour tous les experts. Antoine Vayer, l’ancien entraîneur de Festina qui s’est mué en chantre de l’antidopage, ne croit pas en ces résultats et aurait préféré que le dernier vainqueur du Tour effectue ces tests dans son laboratoire.

Pendant le test, Froome est monté à 525 watts et à 419 sur une période de 20 à 40 minutes. Ceci donne 5,98 watts par kilogrammes (6,25 si on rapporte à son poids de Tour de France). Selon les catégories établies par Vayer, il serait donc "suspicieux" (et non "miraculeux" ou "mutant"). Pour Jeroen Swart, 5,8 w/kgs n’est pas la limite humaine. "Froome peut tenir 6,2 w/ks pendant 20 minutes, pas plus" selon lui. Comme il est de coutume avec ces chiffres, c'est parole contre parole. “Je sais ce que j’ai fait pour en arriver là. Je suis le seul qui peut dire à 100% que je suis propre et que je n’ai pas triché." Là-dessus, Chris Froome met tout le monde d’accord.