Romain Bardet (à dr.) sera un des favoris de ce Critérium du Dauphiné.
Romain Bardet (à dr.) sera un des favoris de ce Critérium du Dauphiné. | Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Critérium du Dauphiné : Un parcours équilibré, un plateau étoffé

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C'est la répétition générale avant la grande messe de juillet. Le Critérium du Dauphiné, qui s'élance dimanche d'Aurillac (13h35 sur France 3) pour rallier Champéry (Suisse) une semaine plus tard, est la dernière occasion pour les favoris du 106e Tour de France de se jauger sur leur état de forme, mais aussi face à leurs futurs concurrents. 

Le parcours : le calme avant la tempête

Pas de montagne avant le week-end : c'est l'enseignement principal du parcours de cette édition 2019. Les coureurs graviront dès la première journée un col de 1ère catégorie (Le Puy Mary, 10,6 km à 6,1 %), puis plus aucun équivalent ou supérieur avant la 7e étape, samedi. 

Entre temps, deux occasions devraient être confisquées par les sprinteurs : la troisième mardi entre Le Puy-en-Velay et Riom (177 km), et la cinquième jeudi, entre Boën-sur-Lignon et Voiron (201 km). Le contre-la-montre de 26,1 km à Roanne mercredi (4e étape) devrait donner la première bataille pour le classement général, d'autant qu'une bosse est placée au milieu du parcours.

Enfin, les deux dernières étapes seront à coup sûr l'explication attendue entre les prochains favoris de la Grande Boucle. La septième étape samedi (133 km) sera l'étape-reine, avec ses trois cols de 1ère catégorie avant l'énorme montée finale vers Pipay (19 km à 6,9 %), régulière mais très longue.

Dimanche, la dernière et très courte étape (113,5 km) ne laissera pas de répit aux coureurs avec aucun passage en plaine. Mais elle ne proposera que deux cols de première catégorie le Col du Corbier (7,6 km à 7,5 %) et la Côte des Rives (8,5 km à 6,2 %) avant l'arrivée en côte à Champéry.

Le plateau : Les favoris sont (presque) tous là, pas les sprinteurs

Geraint Thomas (Ineos), vainqueur en 2018, ne conservera pas son titre. Le Gallois a choisi le Tour de Suisse pour parfaire sa condition avant le Tour, et c'est donc Chris Froome, triple vainqueur de l'épreuve en 2013, 2015 et 2016, qui aura le champ libre chez Ineos  pour se montrer. 

Face à lui, ceux qui devraient être ses adversaires en juillet. Jakob Fuglsang (Astana) réalise sa meilleure saison en carrière : il a fini dans le Top 6 de toutes les courses qu'il a disputées. Deuxième des Strade Bianche derrière Julian Alaphilippe, le Danois a remporté fin avril la plus belle victoire de sa carrière sur Liège-Bastogne-Liège. 

Vainqueur du Dauphiné en 2017, il revient sur une course qu'il affectionne, après lui avoir fait faux-bond en 2018 pour son concurrent helvète. Nairo Quintana (Movistar), dont l'équipe vient de sortir victorieuse du Giro avec Richard Carapaz, pourra lui se jauger avant peut-être son dernier Tour de France avec la formation d'Eusebio Unzué. 

Il faudra aussi compter sur les Français Thibaut Pinot (Groupama-FDJ), récent vainqueur du Tour de l'Ain, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), qui devrait chasser les étapes accidentées, ou Romain Bardet (AG2R La Mondiale), qui monte en puissance. Parmi les outsiders, on citera Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma), 5e du dernier Tour de France, Richie Porte (Trek-Segafredo), Tom Dumoulin (Sunweb), qui sera sur le Tour après sa chute prématurée sur le Giro, Emanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe) ou Adam Yates (Mitchelton-Scott). 

On notera le faible plateau de sprinteurs, avec seulement Sonny Colbrelli (Bahrain-Merida), Sam Bennett (Bora-Hansgrohe), André Greipel (Arkéa-Samsic) ou Nacer Bouhanni (Cofidis).

La décla': "J’aimerais être là dans la lutte pour la victoire finale" - Chris Froome. 

Chris Froome lors du Tour du Yorkshire.
Chris Froome lors du Tour du Yorkshire. © Oli SCARFF / AFP

La question : Quel Chris Froome verra-t-on ?

Sans le vainqueur sortant, la chasse à sa succession est ouverte sur cette 71e édition. Le processus est connu : celui qui gagne le Dauphiné est souvent très proche de la victoire en juillet. Surtout quand c'est un coureur du Team Ineos (ex-Sky) : depuis 2012, les trois coureurs de la formation britannique ayant remporté le Dauphiné ont remporté la Grande Boucle à la suite : Wiggins en 2012, Froome en 2013, 2015 et 2016, et Thomas en 2018.

Le Kenyan Blanc, qui avait chuté lors du Tour de Catalogne (94e), a effectué deux courses de rentrée depuis : 11e au Tour des Alpes à la planche pour Sivakov et Geoghegan Hart, puis 13e sur le Yorkshire. Pas spécialement rassurant, mais il nous a habitué à ne pas trop en dévoiler, avant justement de frapper fort sur le Dauphiné. Pourra-t-il le rééditer une quatrième fois, à désormais 34 ans ?

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