Thibaut Pinot a remporté le Tour de l'Ain pour sa course de rentrée.
Thibaut Pinot a remporté le Tour de l'Ain pour sa course de rentrée. | Josep LAGO / AFP

Critérium du Dauphiné : Pinot, la stratégie de la fraîcheur

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Avec un programme de course allégé pour arriver avec plus de fraîcheur sur le prochain Tour de France, Thibaut Pinot a changé ses habitudes en 2019. Récent vainqueur du Tour de l'Ain après une pause de deux mois, le grimpeur de la Groupama-FDJ a réussi son test de rentrée. Avant de se jauger dès dimanche sur le Critérium du Dauphiné (13h35 sur France 3) face au futur plateau de la Grande Boucle.

C'était un choix annoncé de sa part : moins courir, mieux cibler ses courses, et surtout, planifier des périodes de repos et d'entraînement conséquentes pour arriver frais sur son objectif principal de l'année : le Tour de France. 

Avec cinq courses par étapes (Vainqueur du Tour du Haut-Var et du Tour de l'Ain, 4e du Tour La Provence, 5e de Tirreno-Adriatico, 11e du Tour de Catalogne) et deux classiques disputées (12e de la Classic de l'Ardèche et 31e du GP Industria & Artigianato) depuis le début de la saison, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) compte 4046 km et 26 petits jours de course.

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Au bon souvenir de 2014

A la même période en 2017, date de son dernier Tour de France, il comptait 45 jours et avait disputé le Giro. Il en comptait 33 en 2016, et 36 en 2015. La saison la plus proche des standards remonte à 2014, où il cumulait 30 jours de course. Si la différence comptable n’apparaît pas flagrante, c'est cette année-là que Pinot avait obtenu seul trophée sur la Grande Boucle (3e derrière Nibali et Péraud).

Surtout, c'est la première fois dans sa carrière que le grimpeur coupe aussi longtemps avant le Tour de France : deux mois complets entre la fin du Tour de Catalogne (le 31 mars) et sa reprise au Tour de l'Ain (24 mai). Vainqueur en solitaire en haut du Grand Colombier lors de la dernière étape, Pinot a fait coupe double avec la victoire finale. Rassurant pour une course de retour, même si l'adversité était relative.

"Je ne suis pas encore au top et heureusement parce que le Tour de France est encore loin. Mais je suis dans les temps de passage, c'est ça c'est qui est important.", s'enthousiasmait-il après sa victoire. "Quand on s’entraîne bien, il n'y a pas de raison que ça ne marche pas en course.  J'étais assez serein sur ma préparation. Je me suis bien entraîné, je sors d'un stage. C'est important de gagner même s'il y a un peu de fatigue."

Signe d'un changement radical dans sa montée en puissance : le choix de courir le Dauphiné plutôt que le Tour de Suisse. Il n'y avait participé qu'une seule fois depuis 2011. C'était en 2016, où il avait remporté une étape à Méribel, finissant 16e au classement général avant d'abandonner, malade, au soir de la 12e étape du Tour de France. 

Un parcours qui lui convient

Pour la répétition générale avant le Tour, Pinot, entouré notamment de David Gaudu, Sébastien Reichenbach et Rudy Molard, devrait être parmi les favoris à la victoire finale, malgré la présence d'un chrono de 26,1 km, exercice où il n'a pas rayonné cette année (15e lors du chrono du Tour de la Provence, 21e sur celui de Tirreno-Adriatico). 

D'autant que la Montée de Pipay (19 km à 6,9 %), le seul col hors-catégorie de cette 71e édition, est une montée longue mais roulante, comme les aime Pinot. Les premiers en haut devraient être en haut du classement général lors de l'ultime étape à Champéry, dimanche 16 juin. Avant de se projeter enfin sur le Tour de France. Avec une telle fraîcheur et une forme croissante, les espoirs de faire aussi bien qu'en 2014 sont réels. En attendant peut-être mieux ?

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