Cyclisme péninsule arabique
De longues lignes droites au milieu du désert, un paysage typique traversé par les coureurs dans la péninsule arabique. | Tim De Waele / TDWSport DPPI

Courses instables, spectateurs absents, création d'équipes : le cyclisme du Golfe pose question

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La 3e édition du Tour d'Abou Dhabi s'élance aujourd'hui pour quatre jours de course. Une épreuve initialement disputée en octobre sous une chaleur étouffante mais décalée pour la première fois cette saison. Après la disparition du Tour du Qatar, épreuve phare du calendrier mondial, le paysage cycliste subit un incessant chambardement dans les pays du Golfe. Les meilleurs coureurs du monde répondent pourtant bien présents malgré l'absence de spectateurs sur le bord des routes. Décryptage d'un phénomène intrigant.

Tour de Dubaï, Tour d'Oman, Tour d'Abou Dhabi... Trois épreuves disputées en moins d'un mois dans la péninsule arabique. Et encore, le Tour du Qatar vient de disparaître après 15 ans d'existence. Tout le mois de février, le gratin du cyclisme mondial se retrouve au Moyen-Orient. Quintana, Nibali, Bardet, Boonen, Cavendish, Kittel​ : autant de stars qui préparent leurs grands objectifs de la saison par le biais de courses qui n'attirent personne ou presque. Le tout dans des conditions climatiques loin d'être idéales entre canicule et tempêtes de sable qui poussent parfois à l'annulation de certaines étapes.

Rui Costa, Fabio Aru, Vincenzo Nibali, Alberto Contador, Nairo Quintana et Romain Bardet : autant de stars présentes dans la péninsule arabique en ce mois de février.
Rui Costa, Fabio Aru, Vincenzo Nibali, Alberto Contador, Nairo Quintana et Romain Bardet : autant de stars présentes dans la péninsule arabique en ce mois de février.

Du très beau monde sur la route, personne sur le bord 

C'est tout le paradoxe du cyclisme au Moyen-Orient. Malgré un plateau de rêve sur chacune des épreuves, le peloton traverse des paysages désertiques et quand il arrive en ville, la foule est à peine plus fournie. Pourtant, Doha avait mis les petits plats dans les grands en octobre dernier. La capitale du Qatar a accueilli les championnats du monde où le Slovaque Peter Sagan avait conservé sa tunique arc-en-ciel. Une performance qui a éclipsé l'absence totale de spectateurs sur le bord de la route tout au long du parcours. Le comité d'organisation avait estimé l'affluence entre 4 000 et 10 000 personnes. On en était bien loin...

Le Mondial au Qatar en trompe-l'oeil ?

Dans la foulée de ce Mondial chaotique en terme d'engouement, les organisateurs du Tour du Qatar ont annoncé la disparition de l'épreuve. Une course qui était pourtant la seule à s'être fait une réelle place dans l'inconscient collectif, marquée notamment par les quatre victoires de Tom Boonen. Un Mondial en guise d'apothéose et rideau ? Curieuse stratégie...

Pourtant, deux équipes en World Tour

D'autant que d'autres pays du Golfe semblent être sur une dynamique totalement inverse. Le Royaume de BahreÏn et les Emirats arabes unis viennent tout juste de créer leurs propres équipes au niveau World Tour. En rachetant la légendaire structure italienne LampreBahrain-Merida s'est offert les services de l'Italien Vincenzo Nibali, vainqueur du Tour de France 2014. Pas mal non plus pour UAE Abu Dhabi avec le champion du monde 2013 Rui Costa en tête d'affiche. Alors quel avenir pour le cyclisme au Moyen-Orient ? Difficile d'y répondre mais une chose est sûre : la mondialisation du cyclisme n'a jamais été aussi déroutante...

Vincenzo Nibali est la figure de proue de l'ambitieuse équipe Bahrain-Merida pour sa première saison en World Tour.
Vincenzo Nibali est la figure de proue de l'ambitieuse équipe Bahrain-Merida pour sa première saison en World Tour.

Fabien Mariaux