Coronavirus - Marc Madiot (Groupama - FDJ) : "Chaque jour, on jette nos plans à la poubelle"

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Auteur·e : France tv sport
Marc Madiot

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Marc Madiot, le célèbre manager général de la formation française Groupama - FDJ, n'est pas du genre à mâcher ses mots. Alors que la France est en plein confinement pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19, le père spirituel de Thibaut Pinot s'est livré en exclusivité pour France tv sport. Dans la situation actuelle, "on peut tenir quinze jours, pas plus et ce n’est pas comme ça qu’on prépare le Tour de France" a-t-il alerté.

Marc, quel est le programme de vos coureurs pendant cette période de confinement ?
Marc Madiot : "C’est simple, il n’y a plus de programme. Mes coureurs ne peuvent plus s’entraîner sur la route. Ce n’est pas moi qui l’interdit, ce sont les pouvoirs publics. Donc on n’y va pas. Point barre. On essaie de compenser par du home trainer, de l’entretien physique. Mais ce n’est que du court terme. On peut tenir quinze jours, pas plus. Ce n’est pas comme ça qu’on prépare le Tour de France même si la situation sanitaire de notre pays et la santé de toutes et tous, restent plus importants."

Est-ce que vous arrivez quand même à vous projeter sur la suite du calendrier ?
M.M : "C’est impossible aujourd’hui. Ces trois dernières semaines, on a essayé de bâtir un plan cohérent en anticipant une reprise des compétitions mais chaque jour nous jetons nos plans à la poubelle. Nous n’avons plus aucune visibilité sur le calendrier et nous n’aurons rien avant la fin du mois de mai". 

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"Si le Tour a bien lieu, ça va être très compliqué au niveau sportif"

Comment préparer le Tour de France dans ces conditions ?
M.M : "Attendons déjà d’être au mois de juin avant de parler du Tour. Mais si le Tour a bien lieu, ça va être très compliqué au niveau sportif. L’épidémie ne se développe pas au même rythme selon les continents. Aujourd’hui, en Europe les latins sont à l’arrêt alors qu’au nord il n’y a pas de restrictions. Par exemple, mon coureur suédois Tobias Ludvingsson peut s’entraîner sans problème. Idem pour les coureurs Colombiens qui sont rentrés chez eux et qui peuvent aligner les kilomètres en altitude. Ils ont un avantage énorme sur nous. Il faut que le ministère trouve très vite une solution pour permettre à nos athlètes de s’entraîner sinon on ne sera pas au niveau. J’ai entendu aujourd’hui des paroles rassurantes de Claude Onesta à ce sujet. J’espère que cela va se concrétiser".

Vous l’amoureux de Paris-Roubaix comment réagissez vous à l'annulation de la Reine des Classiques ?
"Je ne suis pas trop inquiet pour les Monuments. On pourra les caser dans le calendrier à l’automne. Pour les Grands Tours ça me semble impossible".

Propos recueillis par Alexandre Pasteur

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