Sylvain Chavanel (Quick Step)
Sylvain Chavanel (Quick Step) | AFP - Denis Charlet

Chavanel première !

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Sylvain Chavanel a enfin obtenu la consécration hexagonale qu'il attendait depuis toujours en devenant champion de France sur route, dimanche, sur un circuit très sélectif à Boulogne/Mer. Chavanel, l'un des tout meilleurs Français depuis plusieurs années, a dû attendre sa douzième saison chez les professionnels pour décrocher le titre qu'il est allé chercher à l'énergie dans un raid solitaire lancé à 25 km de l'arrivée.

Le classement
1. Sylvain Chavanel (Quick Step) les 234,5 kilomètres en 6 h 00:25. (moyenne: 39,038 km/h)
2. Anthony Roux (FDJ) à 38.
3. Thomas Voeckler (Europcar) 42.
4. Julien Bérars (AG2R) 02:15.
5. Maxime Bouet (AG2R) 02:17.
6. Tristan Valentin (Cofidis) 02:21.
7. Paul Poux (Saur-Sojasun) 02:23.
8. Cyril Lemoine (Saur-Sojasun) 02:44.
9. Tony Gallopin (Cofidis) 04:15.
10. Pierre Rolland (Europcar) 04:19.
...

Sorti seul en contre-attaque derrière une échappée partie de loin, il a gommé en une dizaine de kilomètres un écart d'une minute et demie. Toujours très présent et très en jambes dans le groupe de tête à 36 kilomètres de l'arrivée, le rouleur de la formation Quick Step a ensuite lancé son offensive, et distancé ses compagnon. Seul en tête, Chavanel a donc mené, avec beaucoup de maîtrise, sa course, et en tirant un braquet énorme, un contre-la-montre solitaire de 25 kilomètres. En résistant, excusez- du peu, à deux hommes partis en contres, Anthony Roux (FDJ) et le tenant du titre Thomas Voeckler, bien décidé à se battre jusqu'au bout pour conserver son maillot tricolore. Les deux hommes sont parvenus à faire un rapproché à 35 secondes, et bien qu'unissant leurs efforts, ils n'ont pas pu mettre la pression sur Chavanel, qui maintenait le rythme dans sa chevauchée vers la ligne. A 10 km de l'arrivée, les deux hommes perdaient de nouveau du terrain et devaient se résigner à voir le Poitevin aller enfin lever les bras après un très gros effort.

Chavanel a su prendre les décisions adéquates aux moments importants de la course. Et à chaque fois, ses coups d'accélération ont su secouer le peloton. Son exploit n'est pas mince, étant le quatrième coureur en vingt ans capable de gagner le championnat de France sans bénéficier de l'aide d'une équipe, après Armand De Las Cuevas en 1991, Laurent Jalabert en 1998 et Florent Brard en 2006.

Sylvain Chavanel a devancé d'une quarantaine de secondes Anthony Roux et Thomas Voeckler. Julien Bérard (AG2R La Mondiale) a pris la quatrième place, à plus de deux minutes, devant son coéquipier Maxime Bouet, au terme des 234,5 kilomètres de la course (15 tours) disputée sous un chaud soleil estival.

Objectif atteint

"Je n'en peux plus, j'ai vraiment puisé dans mes réserves, c'était un gros objectif", a déclaré Chavanel, à bout de forces. Lui qui avait déjà été sacré champion de France du contre-la-montre à trois reprise (2005, 2006, 2008) espérait enfin une consécration dans la course en ligne. Elle arrive après un très bon début de saison, où il a pris la deuxième place du Tour des Flandres, l'un des monuments de l'année cycliste, avant d'observer une période de repos à la fin des classiques et de sacrifier à une préparation en altitude dans les Pyrénées en vue du Tour de France. Le nouveau champion de France, qui fêtera jeudi prochain son 32e anniversaire, a gagné trois étapes du Tour, une en 2008 et deux en 2010. Il a porté aussi le maillot jaune pendant deux journées l'année passée.

Chavanel: "il me fallait ce maillot à tout prix"

Que représente ce maillot pour vous ?
"Ca représente beaucoup. C'est quelque chose qu'il me fallait à tout prix. Ce n'est pas ma dernière année de professionnel, mais je suis plus sur la fin qu'au début. C'était l'année ou jamais. C'était un beau circuit qui me convenait. J'ai bien préparé ça comme il faut avec des grands stages d'entraînement. C'est une grande fierté. J'avais tout avec moi. Je n'étais pas moi le plus marqué, c'était Thomas Voeckler. Ca m'a souri, c'est le plus important."       Vous avez beaucoup attaqué..."Je commençais à trouver le temps long à six tours de l'arrivée quand j'attaque la première fois fois. Tout le monde s'endormait et moi, j'ai du mal à rester dans un peloton. J'ai pris l'initiative d'attaquer, ça n'a pas très bien marché. Je me suis remis derrière et j'ai laissé faire les équipes qui avaient plus de coureurs, j'ai vu que ça faisait beaucoup de mal à tout le monde. Et j'ai relancé à trois tours de l'arrivée. C'était très difficile. Le dernier tour, j'ai puisé dans mes réserves." x beaux coureurs sur le podium.

Votre échappée solitaire ne vous a-t-elle pas semblé longue ?
"Ca a été très long. Mais les victoires que je construis, c'est souvent seul. Je pense que j'ai fait un numéro aujourd'hui encore. J'étais dans un très bon jour aujourd'hui (dimanche). Le circuit s'y prêtait, c'était pratiquement4.500 mètres de dénivelé (total), mais pas de forts pourcentage. C'était un tracé que j'appréciais: technique, avec un grande descente rapide avant l'arrivée. Et il y a deux beaux coureurs sur le podium. "     
     

Est-ce une émotion plus forte que de porter le maillot jaune ?      
"C'est complètement différent. Je réalise que je vais pouvoir le porter toute l'année. Je vais me faire faire un beau cuissard et un beau vélo !"             


 Ce titre change-t-il vos ambitions sur le prochain Tour de France ?     
"Ca ne va rien changer. Je vais me concentrer sur ce que j'ai à faire. Je veux m'amuser sur le Tour. Je m'éclate tous les ans alors pourquoi pas lever les bras avec ce maillot bleu-blanc-rouge ?"      

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